L’efficacité et la compétitivité sont des termes synonymes d’économies en développement, ouvertes sur un monde
mais qui se refuse à tout partenariat qui n'est pas qui ne lui permettriat pas de conforter ses principes de suprématie et de domination ; et que l’on cesse de nous dire que la
Chine communiste s’est réveillée grâce à l’ouverture. Les investisseurs capitalistes s’y précipitent car ils n’ont pas d’autres choix que d’y aller, sinon ils perdent un marché solvable face à
leurs concurrents.
A l’heure où le partenariat est de plus en plus synonyme de contrats léonins et d’éradication des infrastructures industrielles des pays en développement au profit d’échanges matières premières
contre produit finis ;(échange auquel la Chine contribue, au grand dam des investisseurs qui voient d’un mauvais œil l’arrivée de ce nouveau géant qui vient leur « tailler des
croupières »)
Il ne reste plus qu’un secteur dans lequel le néolibéralisme pur et dur n’a pas dit son dernier mot. Ce secteur est appelé, avec une condescendance
qui cache un embarras certain, celui du social. Il a toujours été en vérité l’ennemi redouté du capitalisme de sa naissance à nos jours. « Le social » s’est construit et continue de se
construire dans les luttes dont la plus historique en Algérie fut celle de l’indépendance.
Car au fond qu’est ce que le social si ce n’est la prééminence de l’être sur l’avoir. C’est aussi le refus de consacrer l’Argent comme une fin ; c’est une lutte pour qu’il ne soit qu’un
moyen au profit d’un développement humain. C’est transformer « l’idéal » de consommation matérialiste, en consommations collectives
utiles. C’est la lutte contre les inégalités et des règles de droit qui équilibrent les rapports entre travail et capital.
Les «experts » ont beau jeu de dénoncer benoîtement les excès d’intervention de l’Etat dans, et sur, le marché faussant les règles de la concurrence. Moins d’Etat et moins de droits et de
réglementations et l’emploi vous sera offert de surcroît.
L’Etat et le «social »
sont les facteurs déterminant d’un trouble obsessionnel compulsif du néo-libéralisme ! Après, bien entendu, celui de la "rente"
pétrolière.
I Car La mondialisation est d’abord le triomphe d’une politique !
Enferrés dans des problèmes dépassés d’identité, les partis politiques actuels en Algérie ne permettent pas d’engager un débat éclairé et citoyen sur cette question. La recherche d’un consensus
mou semble être leur seule préoccupation. Mais quel intérêt représentent –ils ? Nul ne le sait ou feint d’ignorer! C’est la « fin de l’histoire » : Pas de gauche, ni
de droite et donc de classes sociales ; Tous unis dans un même combat : Celui de l’économie de marché sur laquelle chacun surenchérit.
L’essentiel est dans le marché comme moyen et comme fin.
« La diplomatie des lacs », selon la belle expression de R. Debray, celle du consensus mou envahit le langage de nos partis politiques qui regrettent, paradoxalement, que la croissance soit molle. Quel consensus peut s’établir dans une société, alors que celle ci laisse se développer de telles tensions déjà existantes ou potentielles ?
Il faut à présent regarder la réalité en face. Tant que l’on niera ces clivages d’intérêts de classe, tant que «les partenaires sociaux » se paieront de mots en prenant les images projetées comme la «vérité » révélée d’un vrai capitalisme créateur de richesses il ne saurait y avoir qu’un marché de dupe. Le « cercle de la collusion » est alors instauré pour longtemps et c’est la reproduction d’un système bureaucratique d’accaparement d’une rente pétrolière gaspillée ou dilapidée « démocratiquement ».
L'expérience de l'exercice de la démocratie mérite amplement que tous lui accordent une attention particulière. Sans démocratie le social n'est que corporatisme. Sans démocratie la
croissance ne peut etre socialement harmonieuse t équilibrée.
II- quelle est la réalité sociale actuelle? Il y a bien des classes sociales en Algérie :
1- Ceux qui ne possèdent rien ni terre, ni revenu, ni travail, ni savoir, ni formation, ni expérience professionnelle. Nombreux sont chômeurs depuis plus de vingt ans ; ceux qui de plus en
plus s’apparentent à un lumpen prolétariat et qui n’ont aucun « réseau de relations ou encore de "kteff"». Ceux pour qui l’Etat était jusqu’ici celui des « démunis et des
trois « révolutions » porteuses d’amélioration de leur sort. Elle représente au bas mot 60 à 80% de la population active actuelle soit prés de 2 millions de personnes.
2.-Il convient de tenir compte dans cette population celle des fonctionnaires et agents des entreprises publiques dont l’effectif total est de prés de 1.5 millions de fonctionnaires et plus de 300.000 agents d’entreprises publiques. Cette population a été touchée de plein fouet par le déclassement social.
3.- Il y a une classe en formation composée d’une minorité de « capitalistes patriotes » s’efforçant d’investir et de s’enrichir légalement en enrichissant autour d’eux par un emploi et un revenu décent. Cette classe « potentielle » réclame des encouragements dans un environnement où les lenteurs volontaires ou non d’une administration et d’un système bancaire à la recherche de leurs marques. Ce sont prés de 150.000 PME du secteur formel dont l’effectif est de prés de 10 en moyenne par entreprise pour les plus petites allant jusqu'à plus de mille pour les plus grandes.
4. Il y a une nébuleuse de groupes spéculateurs spécialisés dont l’effectif n’est pas connu s’appuyant sur différents trafics que l’Etat pris, jusqu’ici, dans des opérations vitales commence à peine à cerner.
5. Quant à l’informel – autre mot pudique pour ne pas dire travail hors normes salariales, d’hygiène et de sécurité - il ne peut qu’être la preuve d’un capitalisme pur et dur fondé sur « une armée de réserve » faisant pression sur l’Etat afin d’encourager le dumping social et fiscal et de subvention. Ses effectifs varient de 1 à 1.5 selon les enquêtes. L’importance de ces effectifs est telle que l’on ne peut qu’espérer qu’elle n’est qu’une réponse au manque d’opportunités d’emplois.
6. Il y a enfin l’Investissement Direct Etranger, IDE, qui en toute logique capitaliste se «rue » dans le secteur des hydrocarbures des mines et de l’énergie et bénéficie des facilités spéciales. Quels sont les effectifs de ce secteur et surtout quel est le poids de leur comportement social et « des valeurs d’entreprises » qui y sont diffusées ils restent à connaître.
III- Dans cette phase, où le flou règne entre les différents classes et groupes sociaux, quel rôle pour l’Etat
Les règles portant définition de déclaration de partis politiques méritent d'être mises à jour à la lumière de la pratique ; Que chaque parti soit reconnu sur son adhésion aux valeurs républicaines telles que définies par la constitution ; Que sa base sociale et son implantation territoriale nationale soient sanctionnées en fonction des résultats électoraux. Ce sont là des éléments minimaux et qui peuvent donner lieu à un débat national.
L’Etat doit poursuivre ses missions et améliorer ses structures car il doit répondre aux attentes sociales. Pour ce faire, seul un Etat fort et éclairé est le défenseur des citoyens vulnérables et dont le nombre risque de grandir avec l’ouverture à la compétition et l’adhésion à la zone de libre échange européenne et à l’OMC.
Cette réalité sociale appelle deux axes fondamentaux d’actions politiques.
1- Un vrai dialogue social et politique fondé sur la conscience de classe de chaque partie et que cessent les faux consensus qui ne font qu’enrichir certains et qui aggravent les inégalités.
2 Un Etat fort et intelligent - dans le sens de mieux informé- véritable arbitre de l’intérêt général. Que cesse par ailleurs la confusion et que chacun reste à sa place sociale et l’assume pleinement.
Un Etat, au service de tous, qui garantit les besoins essentiels, une vie décente par un travail décent et digne, les droits à une instruction de qualité et à une formation, à un niveau de santé amélioré et non régressif, un logement décent et un accès à l’eau.
Il faut, pour cela, une politique sociale à même d’assurer la régulation au jour le jour des tensions sociales et de doser les interventions de l’Etat en fonction des nécessités de l’économie. Les outils en sont le vote éclairé par un vrai débat parlementaire d’un budget, des plans de relance de la croissance articulées plus clairement tant avec l’emploi et la lutte contre les inégalités qu’avec des réformes touchant l’amélioration du niveau de vie ; des indicateurs d’impacts et de changements attendus étant là pour éclairer le débat social.
L’art de la politique sociale conjoncturelle consiste dans un savant dosage des satisfactions accordées aux diverses classes et catégories sociales, les échéances électorales ayant un rôle certain quelque soit le pays.
Une opinion mieux informée est le gage de la stabilité, l’existence d’une opposition consciente des intérêts de sa classe et d’un syndicalisme fort qui défende tous ceux qui n’ont que leur force de travail et un emploi pour vivre, par la lutte pour l’Emploi décent, contre la dégradation du niveau de vie, la lutte contre l’appauvrissement et le déclassement social.
Un vrai dialogue social exige une politique sociale, des instruments, des acteurs et des agents et enfin une opinion éclairé et sûre d’être informée correctement. Le pouvoir politique se doit d’avoir un dessein social, mais ce dessein ne peut s’accomplir sans des perspectives à moyen et long terme. Mais peut on planifier le domaine social sans un Plan tout court. Ceci est une autre histoire politique et sociale et le début d’un nouveau trouble obsessionnel compulsif pour le néo libéralisme. L'économie de marché ne fait pas de place aux plus faibles d'une part et d'autre part tend à augmenter leur nombre par un processus de paupérisation continue. pris entre l'exigence d'une démocratie et des aspirations de la classe laborieuse l'Etat se doit non seulement d'être le garant de la démocratie politique(pouvoir du peuple); mais aussi l'arbitre entre les intérêts contradictoires que fera appparaître la démocratie politique. Autrement dit une démocratie sociale. Cette démarche exige une reconversion des esprits et du rôle de l'Etat en vue de la mise en oeuvre d'un contrat social vrai fondé pas seulement sur un dialogue entre les agents économiques mais encore sur les régles de ce dialogue et de son impact réel sur le partage des fruits de la croissance ou de la répartition équitable de l'austérité le cas échèant