La dette : vérités et contre vérités
Quelle est l'origine de la dette publique?
L'on ressasse, que la dette résultait d’une mauvaise gouvernance des Etats qui vivaient au dessus de leurs moyens. Et de ce syllogisme, l'on déduit qu’il faut "dégraisser le mammouth" avec des nuances selon l'importance de la dette. Pour le secteur privé, les mesures portent sur l'allégement des charges sociales avec un fil conducteur qui est celui du déremboursement de la majorité des produits pharmaceutiques et de la remise en cause du régime de retraites. et tout cela au profit d'un secteur privé d'assurance.
Le secteur public fait l'objet d'une remise en cause totale aussi bien sur celui des effectifs et que la baisse du pouvoir d'achat par le blocage des salaires réels, consacrant le désengagement directe de l'Etat dans tous les domaines de la vie économique. Et ce au nom de la vérité et de la justice sociale !
1. Ce raisonnement ignore que la majorité des concernés par ces mesures sont les salariés et qu'ils contribuent par leurs cotisations sociales à prés de quarante pour cent du budget de la sécurité sociale selon les pays.
2. Ces mesures visent à faire supporter par cette même majorité la responsabilité du chômage pour paraphraser Milton Friedman chantre de l »ultra libéralisme : en tout temps et en tout lieu le chômage est due au refus de travailler pour le salaire offert et par voie de conséquence c’est l'accroissement des budgets d'indemnisation de licenciement et des actions budgétaires de l'état en faveur de l'emploi .
3 la dette publique n'est finalement plus que le prétexte pour la remise en cause des acquis sociaux au profit d'une minorité sociale à travers le monde et je ne veux pour preuve que le relais demandé à la contribution privée donc l'augmentation des cotisations sociales financées par les travailleurs qui pourront le faire. La cagnotte des cotisations aiguise l’appétit des sociétés d’assurance privée
4 jusqu'où l'on poussera la contradiction entre classes sociales et jusqu'où seront ignorés les "gueules cassés" ainsi que les indignés des délocalisations et de la mondialisation capitaliste représentent prés de 10%, au minmum, de la population en âge de travailler?
A l’heure où le partenariat est de plus en plus synonyme de contrats léonins et d’éradication des infrastructures industrielles des pays en développement au profit d’échanges matières premières contre produit finis ;(échange auquel la Chine contribue, au grand dam des investisseurs qui voient d’un mauvais œil l’arrivée de ce nouveau géant qui vient leur « tailler des croupières »ce déséquilibre dans les échanges est la caractéristique actuelle de l’Algérie avec 98% des recettes de la balance commerciale proviennent des hydrocarbures )
Il ne reste plus qu’un secteur dans lequel le néolibéralisme pur et dur n’a pas dit son dernier mot. Ce secteur est appelé, avec une condescendance qui cache un embarras certain, celui du social. Il a toujours été en vérité l’ennemi redouté du capitalisme de sa naissance à nos jours. « Le social » s’est construit et continue de se construire dans les luttes dont la plus historique en Algérie fut celle de l’indépendance.
Car au fond qu’est ce que le social si ce n’est la prééminence de l’être sur l’avoir. C’est aussi le refus de consacrer l’Argent comme une fin ; c’est une lutte pour qu’il ne soit qu’un moyen au profit d’un développement humain. C’est transformer « l’idéal » de consommation matérialiste, en consommations collectives utiles. C’est la lutte contre les inégalités et des règles de droit qui équilibrent les rapports entre travail et capital.
Les «experts » ont beau jeu de dénoncer benoîtement les excès d’intervention de l’Etat dans, et sur, le marché « faussent les règles de la concurrence. » Moins d’Etat et moins de droits et de réglementations et l’emploi vous sera offert de surcroît.
L’Etat et le «social » sont les facteurs déterminant d’un trouble obsessionnel compulsif du néo-libéralisme ! Après, bien entendu, celui de la "rente" pétrolière.