Deux principales grilles d’analyses ont fondé les débats de stratégie sociale. Les uns estiment que seul un développement et une croissance équilibrée et harmonisée peut en finir avec la pauvreté et que celle ci n’est pas due exclusivement à des facteurs internes mais aussi à des rapports de domination Nord sud. En d’autres termes l’ordre économique mondial fabrique la pauvreté.
D’un coté « la pauvreté de pénurie » et, dans les pays riches « la pauvreté de l’abondance », toutes deux sources d’une fracture sociale, dans chaque pays, qui tend à s’élargir. Au vrai, ce courant estime qu’il faut repenser les paradigmes du développement car il y va de l’avenir de l’humanité.
La seconde grille voit dans l’ajustement structurel et dans la croissance tirée par l’ouverture commerciale la solution à la réduction de la pauvreté extrême et, ce faisant, reconnaît ainsi la pauvreté que crée une économie de marché c a p i t a l i s t e qu’elle soit de « bazar » ou post industrielle.Plus de quarante années après les indépendances et, malgré les propositions pertinentes des pays du tiers-monde, la pauvreté, quel que soit son nom est là, et s’est élargie. Il demeure qu’il faut bien la connaître pour mieux la combattre et l’éradiquer en s’attaquant aux causes et non seulement à ses effets.
La vraie question est qui est pauvre en Algérie et non qui est pauvre dans l’absolu et selon des critères standards. Les capacités de recherche et d’innovation, la maîtrise des technologies de l’information et des biotechnologies sont à la fois les moteurs de la croissance des économies développées et des instruments de domination sur des pays qui n’y ont pas accès mais dont le développement dépend.
La question de l’ouverture et de la dépendance devient le thème central du débat de société actuel et à venir. Comment, dans le cas de l’Algérie, parvenir à une ouverture dans une interdépendance positive, qui soutienne une croissance durable et préserve et consolide le développement humain; c’est une des questions abordées il y a quelques années et qui, sans prétendre à l’exhaustivité, proposait des pistes de réflexion axées sur l’approfondissement du dialogue social, dans la perspective de l’adoption d’un pacte national de croissance.
Les questions centrales étant notamment les suivantes; Si l’Etat limite progressivement sa présence directe dans la sphère économique(production, distribution, commercialisation) et, donc, dans la distribution primaire des revenus doit-il pour autant s’abstenir d’intervenir pour corriger les inégalités de revenus, et d’accès aux services essentiels au cadre et au mode de vie ?
Dans quelle mesure la redistribution actuelle permet-elle à la fois la croissance du niveau de vie et l’accumulation ? Dans une économie ou plus de la moitié des recettes fiscales proviennent de l’exploitation d’une ressource naturelle non renouvelable, par qui et comment s’effectue le partage de la rente entre accumulation privée, publique et la consommation ? Qu'appelle-t-on besoins fondamentaux. Ils évoluent et sont sans cesse élargis en économie de marché dont le ressort est le profit assuré par la consommation de masse. Les besoins fondamentaux d'une population sont ceux créés par la croissance économique du pays. Ils sont dynamiques et non statiques.
Ainsi, si d’importants efforts d’investissements dans les infrastructures répondant à la couverture des besoins sociaux ont été réalisés, ils ont créé de nouvelles exigences que les écarts de revenus rendent plus criants. Il s’agit de répondre par une véritable orientation de l’économie aux besoins devenus fondamentaux de mieux se nourrir, de mieux s’instruire et se former, de mieux se soigner de mieux se loger, de mieux participer à la vie sociale et économique. C’est cette aspiration qui parcourt l’ensemble de la société qui doit guider le dosage fin de la politique sociale de l’Etat et, par conséquent, ses prélèvements et ses dépenses.