La productivité d’une main d’œuvre dépend de la valeur qu’une société accorde au travail productif et du niveau d’éducation et de formation de sa population. La productivité est donc à la fois le résultat de dispositions individuelles et de comportement collectif.
L’économie de marché entraîne une approche radicalement différente du comportement face au travail productif et donne des opportunités à mettre en valeur les habiletés et les qualifications.
Par ses exigences de rentabilité et de productivité, l’économie de marché et la compétitivité vont de plus en plus interpeller les individus, la société et l’Etat. Les individus qui sont confrontés au chômage et qui devront s’adapter aux opportunités de travail offertes dans un cadre concurrentiel, la société qui doit revaloriser le travail productif, l’Etat qui doit recentrer son système de formation vers la qualité et la polyvalence.
Les exigences de rentabilité et de productivité dans un environnement d’ouverture des échanges pose le problème des salaires de façon globale et plus précisément celui des rentes de situation. Un effort sans précédent a été engagé pour maîtriser la masse salariale. Mais, cet effort, qui porte essentiellement sur la compression des effectifs des entreprises publiques laisse entier le problème de la relation salaire et productivité. Tant que des mécanismes collectifs d’observation de la productivité au niveau tant des entreprises, des branches, et des secteurs, qu’au niveau local régional et national ne seront pas mis en place la sanction du niveau des salaires se fera par l’inflation la réduction de la compétitivité et finalement l’emploi.
Le maintien des grands équilibres macro économiques sans amélioration de la productivité du travail et de celle de l’utilisation de l’ensemble des ressources du pays, se fera, alors, au détriment du pouvoir d’achat des salariés et aggravera la pauvreté de ceux qui n’ont pas d’emplois.
C’est dire l’importance que revêt l’intervention de l’Etat qui doit savoir répartir sous les contraintes d’efficacité économique, d’équilibre budgétaire et d’équité sociale les gains de productivité. En d’autres termes, l’amélioration du niveau des salaires est principalement lié à celle de la productivité du travail. Mais cette discipline ne peut s’appliquer qu’aux seuls salaires du système de production.
Cela implique, aussi, de reconsidérer les rentes de situation de certains secteurs dont les salaires sont déterminés en dehors de toute relation avec leur productivité propre dont l’évaluation est problématique. Ces salaires sont supérieurs à l’éventail des salaires déterminés par la productivité et le marché. Ces rentes sont un facteur de rigidités d’autant qu’elles sont accompagnées, très souvent d’avantages sociaux à vie, et pour certaines transmissibles d’une génération à l’autre.
Quant aux revenus de spéculation, tirés d’activités informelles, ils constituent une incitation négative au travail productif et une cause de faiblesse de la productivité au niveau national. Tant qu’il sera plus « rentable » de tirer profit de l’écoulement de marchandises, de façon informelle, le travail salarié de production se dévalorise, même dans un environnement de croissance.