Afrique : Les réformes s’accélèrent
Il y a un an, le vice président du Groupe de la Banque mondiale Michael Klein, dont l’équipe conjointe SFI-Banque mondiale a la responsabilité de produire le rapport Doing Business, notait que l’Afrique subsaharienne avait l’environnement des affaires le plus compliqué et faisait le moins d’effort pour le réformer. Mais cette année, l’Afrique s’est placée en troisième position des régions, et deux tiers des pays africains ont entrepris au moins une réforme en matière de réglementation. Aujourd’hui, le Ghana et la Tanzanie font partie des 10 premiers réformateurs au monde. Tout en se félicitant de ces progrès, M. Klein a expliqué : « Cette avancée de l’Afrique ne pouvait plus attendre et ne pourra que se traduire par de nouvelles entreprises et de nouveaux emplois dans le secteur moderne, grâce à des règlementations des affaires plus favorables aux entreprises. »
Une conjoncture favorable
La Géorgie, première au classement général en matière de réformes cette année, a amélioré son classement dans 6 des 10 domaines étudiés par le rapport. Sa réussite illustre aussi un fait particulièrement intéressant : un nouveau gouvernement est, au début de son mandat, dans la conjoncture la plus favorable pour entreprendre des réformes. Selon le rapport, 85% des réformes réussies en matière de climat des affaires ont eu lieu au cours des 15 premiers mois du mandat d’un gouvernement. Ce constat se vérifie pour l’ensemble des pays, qu’il s’agisse de pays à faible revenu, à revenu intermédiaire, ou de pays riches. Par conséquent, le conseil de Doing Business 2007 aux gouvernements nouvellement élus est sans ambiguïté : Lancez-vous dans la réforme au début de votre mandat.
Quoiqu’ils fassent, les réformateurs doivent se poser la question suivante : qui profitera le plus de ces réformes ? Les efforts de réforme du gouvernement risquent de perdre beaucoup de leur légitimité si la réforme est vue comme n’avantageant que les entreprises étrangères, les gros investisseurs ou encore des bureaucrates qui se sont transformés en investisseurs. « Les réformes doivent avantager toutes les entreprises, qu’elles soient petites ou grandes, nationales ou étrangères, rurales ou urbaines, dans la conduite de leurs affaires. Ceci permettra de mettre fin à toute spéculation sur la source d’un nouveau boum en matière d’emploi. Toutes les entreprises seront sur pied d’égalité quant à leur chance de se développer et de réussir », explique Siméon Djankov, un auteur du rapport.
Note
Un classement élevé sur la facilité de conduire les affaires signifie qu’un gouvernement a su créer un environnement réglementaire favorable à la conduite d’une entreprise. Cependant, ces classements à eux seuls ne permettent pas de comprendre l’ensemble de la situation. Ils ne prennent pas en compte d’autres facteurs, tels que la qualité des services d’infrastructure, la proximité de marchés importants ou l’ordre public.