Le processus de privatisation du marché de l’électricité engagé par la commission de Bruxelles prend corps en France. Il n’y a rien de nouveau sur le principe et cela est conforme aux objectifs affichés par l’ultra libéralisme en Europe. Un exercice qui s’est déjà déroulé dans les pays pétroliers(lois sur les hydrocarbures et ouverture du marché) ainsi que dans tous les pays en développement dans le cadre des programmes d’ajustement structurel
Par contre ce qui est nouveau ce sont les moyens utilisés pour cette quasi privatisation. La
loi Nome, (Nouvelle Organisation du Marché de l’Electricité,) entre en vigueur le
1/1/11.
Le principe en est simple : constatant que la concurrence ne fonctionne pas puisque - plus de 96 % des Français restent fidèles à l’opérateur
historique (EDF)- la loi décide de la créer… artificiellement.
La loi passée dans une relative indifférence stipule qu’à partir du 1er janvier 2011, EDF aura
obligation de revendre à ses concurrents jusqu’à 25 % de sa production d’électricité.
Un véritable hold-up selon un article des ECHOS qui a consacré un dossier link
Les fournisseurs d‘électricité vont se voir offrir un quart de la production, que les Français ont déjà payé avec leur facture, pour qu’ils puissent réaliser des profits, au seul bénéfice de leurs actionnaires.
C’est une première que d’obliger une entreprise, dans le monde de la "concurrence libre et non faussée", à céder une partie de ses atouts à des concurrents qui produisent peu ou pas du tout
d’électricité.
Logiquement, il résultera qu’une fois livré à la concurrence et surtout au " privé " Ie prix de
l'électricité sera fixé par des groupes privés qui en fait seront des filiales d'un seul et unique groupe !
Aujourd'hui le service public coûte cher, mais moins que les prix payés pour la nouvelle organisation des marchés de l’électricité