le dilemme qui se pose à toute démocratie est celui de la force de l'Etat ou de sa faiblesse. Ce choix s'impose d'autant plus dans les pays en développement. Les débats ouverts sur le rôle de l'Etat c'est à dire ses missions et ses structures sont biaisés. En effet, avant de traiter de la présence forte ou faible de l'Etat il convient d-ouvrir le débat sur le rôle que l'on veut lui assigner. Il faut effectivement un conensus sur l'activité qu'on désire le voir assurer et de la découlera à la fois les missions et les structures.
Citation : la force de l’Etat, contrairement à ce que croient les gouvernants arabes, ne se nourrit pas de la faiblesse de la société civile mais de sa force ; la faiblesse de la société civile ne se nourrit pas, contrairement à ce que pensent certains de ses avocats, de la force de l’Etat mais bien plutôt de sa faiblesse. Les politologues comparatistes l’ont amplement démontré : il n’y a pas de société civile forte avec un Etat faible ; pas davantage, il n’y a d’Etat fort avec une société civile faible. C’est là du reste une des leçons fortes de la crise algérienne : quand l’Etat est faible (en termes d’institutionnalisation, de contrôle et de régulation et non pas en termes de coercition), la société civile l’est tout autant et se révèle de ce fait bien impuissante face à la montée des groupes incivils. En revanche, lorsque la société civile est forte, comme dans les régimes démocratiques, elle parvient, au nom de la civilité, à marginaliser les groupes incivils et à renforcer la participation politique, ce qui tend, à son tour, à renforcer la légitimité de l’Etat.