une citation d'un blog qui en son temps faisait le bilan de l'ultra libéralisme et de ses conséquences Au vrai la politique économique qu'inspire les idées pseudo scientifiques du libéralisme est le fruit d'un florilège d'idées reçues
Le travail ne peut être assujetti au capital et aux machines et la flexibilité et ne saurait conduire au travailleurs jetable
Bonne lecture
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http://oubouba.over-blog.org
"La stratégie libérale. Elle consiste à supposer que l’essentiel du problème [de l'adaptation d’une économie tient :- à la trop grande intervention des Etats et,- à la flexibilité insuffisante observée sur les marchés :
Pourquoi existe-t-il du chômage ? Le marché du travail n'est pas assez flexible (...).
Pourquoi une économie n'est-elle pas attractive [idée reçue] ?
Car les charges sociales et fiscales qui pèsent sur les entreprises où sur les « talents » que l'on veut attirer sont trop lourdes.
Pourquoi nos entreprises ne sont-elles pas suffisamment efficaces (autre idée reçue).
(...) les créateurs d'entreprises sont victimes de la lourdeur administrative (...). On pourrait multiplier les exemples : à chaque fois, on considère que, au niveau de chacune des institutions nécessaires au bon fonctionnement du capitalisme, on est trop éloigné de l'idéal du modèle libéral, et l'on propose donc logiquement de s'en rapprocher, par la mise en place de nouvelles règles mieux adaptées.Certains économistes redécouvrent béatement les vertus supposés du libéralisme, en oubliant un peu trop rapidement les dégâts économiques et sociaux qu'engendre nécessairement le modèle qu'ils défendent.
Dans le genre, la Banque Mondiale publie rapport intitulé Doing Business (la pratique des affaires). Ce rapport « identifie les pays qui ont le mieux réussi à réformer la réglementation des affaires, et décrit les pratiques les meilleures en matière de lancement et de conduite des réformes. Le rapport propose des indicateurs quantitatifs mesurant les différents aspects de la réglementation des affaires, ce qui permet de comparer les réglementations et leur mise en application dans 175 économies, allant de l'Afghanistan au Zimbabwe, mais aussi dans le temps. »
Alors bien sûr, la Banque Mondiale commence par des exemples imparables :
Par exemple, le Rwanda a tout récemment éliminé une loi qui datait de l'époque coloniale et qui n'autorisait qu'un seul notaire pour l'ensemble du pays. Aujourd'hui, grâce à la réforme, près de 36 notaires ont ouvert leur cabinet dans le pays, avec pour résultat de réduire considérablement le temps nécessaire pour démarrer une entreprise.
Au Yémen, le gouvernement a éliminé un impôt sur la production de 10% que les entreprises devaient payer chaque fois qu'elles vendaient leurs produits à d'autres entreprises. Au niveau du consommateur, le montant total de ces impôts, en fait une imposition sur le chiffre d'affaires déguisée, était de loin plus élevé que la marge bénéficiaire de l?entreprise sur ces produits. En remplaçant l'impôt sur la production par un impôt de 5% sur les ventes aux consommateurs, le Yémen a pu diminuer le taux d'imposition total de 79% à 48%, ce qui a grandement aidé tant le monde des affaires que les consommateurs.
Ok, rien à redire, on comprend bien que travailler à la suppression de ce genre d'abérations et, plus généralement, à la simplification de certaines règles et procédures ne peut que reccueillir
l'aval de tous.
Là où les choses sont moins évidentes, c'est lorsque l'on regarde les indicateurs retenus. Premier exemple, s'agissant de l'embauche des salariés : "Doing
Business measures the regulation of employment, specifically as it affects the hiring and firing of workers and the rigidity of working hours. (...) ". Pour cela, ils construisent notamment un indicateur de rigidité de l'emploi.
Comment? Explications :
The rigidity of employment index is the average of three subindices: a difficulty of hiring index, a rigidity of hours index and a difficulty of firing index. All the subindices have several components. And all take values between 0 and 100, with higher values indicating more rigid regulation.The difficulty of hiring index measures (i) whether term contracts can be used only for temporary tasks; (ii) the maximum cumulative duration of term contracts; and (iii) the ratio of the minimum wage for a trainee or first-time employee to the average value added per worker. A country is assigned a score of 1 if term contracts can be used only for temporary tasks and a score of 0 if they can be used for any task. A score of 1 is assigned if the maximum cumulative duration of term contracts is less than 3 years; 0.5 if it is between 3 and 5 years; and 0 if term contracts can last 5 years or more. Finally, a score of 1 is assigned if the ratio of the minimum wage to the average value added per worker is higher than 0.75; 0.67 for a ratio greater than 0.50 and less than or equal to 0.75; 0.33 for a ratio greater than 0.25 and less than or equal to 0.50; and 0 for a ratio less than or equal to 0.25.
En clair : si les entreprises peuvent embaucher en CDD pour n'importe quelle tâche, c'est bien, sinon, c'est mal. Si les CDD durent plus de 5 ans, c'est bien, sinon c'est mal. Si l'écart entre
salaire minimum et productivité moyenne du travail est grand, c'est bien, sinon c'est mal... Inutile de vous dire qu'à ce petit jeu, on est vite mal classé.
En oubliant que flexiblité des entreprises et flexibilité du travail ne riment pas nécessairement. Dans le cadre du modèle du toyotisme, par exemple, on assure aux salariés un contrat de long
terme, on investit considérablement en formation, ce qui renforce la productivité et la polyvalence des salariés, et ce qui garantit une très bonne flexibilité à l'entreprise (cf. cet autre post pour des
développements). Avec des performances pas vraiment mauvaises paraît-il.
Je ne dis pas, bien sûr, qu'il faut mettre en place pour tous et partout des contrats à vie. Je dis que la flexibilité et la compétitivité des entreprises peut être atteinte par différents moyens, présupposer une one best way est pour le moins contestable lorsque l'on voit la diversité des solutions mises en oeuvre par des pays capitalistes de niveau de développement comparable.
Autre exemple, sur le thème des impôts qui pèsent sur les entreprises :
Doing Business records the tax that a medium-size company must pay or withhold in a given year, as well as measures of the administrative burden in paying taxes. Taxes are measured at all levels of government and include the profit or corporate income tax, social security contributions and labor taxes paid by the employer, property taxes, property transfer taxes, the dividend tax, the capital gains tax, the financial transactions tax, waste collection taxes and vehicle and road taxes.
Et bien sûr, ...., si les impôts sont élevés, c'est mal, s'ils sont faibles, c'est bien. En oubliant que les impôts, il
paraît que ca alimente le budget des gouvernements et qu'ils donnent lieu, ensuite, à des dépenses publiques, dépenses qui, paraît-il (c'est peut-être une rumeur), permettent de renforcer la
compétitivité des entreprises (dépenses d'éducation, de formation, de recherche, d'infrastructure, etc...).
Oui, mais ca, le rapport n'en parle pas. D'ailleurs, ils le reconnaissent :
Un classement élevé sur la facilité de conduire les affaires signifie qu'un gouvernement a su créer un environnement réglementaire favorable à la conduite d'une entreprise. Cependant, ces classements à eux seuls ne permettent pas de comprendre l'ensemble de la situation. Ils ne prennent pas en compte d'autres facteurs, tels que la qualité des services d'infrastructure, la proximité de marchés importants ou l'ordre public.
Là encore, je ne dis pas qu'il faut augmenter les impôts qui pèsent sur les entreprises, mais affirmer a priori qu'un
taux d'impôt élevé est une mauvaise chose est absurde, tout dépend de ce que l'on fait de l'impôt collecté.
Bon, je n'insiste pas plus, tout est dans la même veine...