Suite à une erreur de ma part le texte précédent a été corrigé et remplacé par celui ci
*******
***
j'ai hélas perdu mon texte dans lequel je disais que tout se passe comme si un groupe de "rebelles" avait imposé la «déchirure" avec la France; et que sans ces "illuminés" de rebelles" il n'y aurait que rapports apaisés entre colonisés et colonisateur. Ce raisonnement se retrouve dans les déclarations d'hommes politiques sur les rapports entre les deux pays qui' selon eux seraient "empoisonnés» par la "présence" de la génération qui a lutté pour l'indépendance et qu'avec le temps cette génération disparaitra et que l'on aura des rapports "normalisés"(voir la rocambolesque déclaration de B Kouchener ce monsieur, en 1960, dirigeait l'organe centrale de l'union des étudiants communistes CLARTE . il faudrait aussi rappeler son "militantisme" en faveur de l'indépendance de l'Algérie au sein du comité étudiants anticolonialistes et qui mena les étudiants anticolonialiste à la manifestation organisée à Paris au métro charonne. Sacrée conversion! quel parcours!)
Bref ! je dirais qu'au contraire le peuple algérien vivait une situation coloniale et que lancer un mouvement armée a recueillit l'assentiment de ce même peuple. Dés les premières années le peuple a vécu dans sa chaire la colonisation Non seulement par la guerre d'invasion qu'il a du affronter et à laquelle il paya un lourd tribu en pertes humaines. Il est pour le moins curieux que les pertes humaines n'ont fait l'objet d'aucun rapport officiellement et que les chercheurs ne se soient pas penchés sur les statistiques de l'armée.
Je leur signale deux sources de recensement celui de la sublime porte dont la bureaucratie était légendaire et dont les données étaient déterminantes dans la levée de l'impôt et les estimations françaises que l'on ne peut contester dans la mesure où, depuis 1805, Napoléon préparait l'invasion de ce pays. Un militaire s'intéresse, en priorité, aux capacités de résistance de la nation envahie. Les effectifs de la population algérienne en 1830 tels qu'ils sont donnés par le recensement turc et ceux du premier recensement donnés par les estimations statistiques de la colonisation française accusent un écart négatif de 4 millions, écart qualifié par les historiens (Michel HARBART in "le parjure") de catastrophe démographique.
Aux pertes directes de l'invasion il faut ajouter les effets collatéraux de l'invasion la dépossession des terres les famines liées à la paupérisation ou clochadisation ; résultat de la politique de Bugeaud qui dans un ordre du jour demandait à ses officiers de pourchasser l'arabe pour qu'il oublie sa propriété. Je ne parlerais pas de la somme des rancœurs accumulées pour un homme transformé du jour au lendemain en un travailleur pour un étranger, sur la terre qui lui appartenait.
La terre a fait l'objet de
prés de 30 textes de lois dont le premier a été pris en 1830 avait été préparé avant l'invasion. L'on comprendra que le but de la colonisation était une vaste opération d’expropriation des
terres planifiée de longue date et non une partie « de plaisir » pour réparer l'affront du coup de l'éventail que Lavisse, Mallet et Isaac ont inculqué à des générations de
français
Pourtant il y a les témoignages des militaires français et notamment les rapports de
Tocqueville au sénat ainsi que les écrits de Victor Hugo sur les « excès » des généraux saint Arnaud et Cavaignac; Victor Hugo, qui avait été saisi par Bugeaud d'une demande d'appui
pour une rallonge budgétaire à son budget,(voir le témoignage de la fille d'Hugo, lors de l'entretien) ne pouvait ignorer les massacres et les enfumages de familles entières réfugiées dans une
grotte ; ni l'élimination des enfants et des nourrissons que les militaires, après avoir tués les adultes présents, jetaient par la fenêtre et qu'un officier « accueillait » à
l'extérieur, au "fil de son épée" montrant sa dextérité au jeu du "bilboquet". A ajouter aux horreurs de la colonisation
De 1830 à 1954 l'on recense prés de cinquante insurrections contrairement aux dires de ceux qui ont pour vérité celle d'une occupation pacifique qui se serait exercée sur une terra nulla prête à "collaborer" et que le peuple algérien ne reconnaissait que la force(BUGEAUD). Oui peuple torturé, méprisé, humilié ; Mais peuple libéré par le 1er novembre 1954 qui est le ^point d'aboutissement d'un "chemin qui montait " et point de départ d'une révolution qui s'est donnée comme objectif intangible l'indépendance nationale dans les limites territoriales de 1954;
Alors ! 50 années après, re-sortir les vielles litanies sur la violence aveugle du terrorisme ne pèse pas lourd dans le plateau de la balance face au vrai crime contre l'humanité que fut le colonialisme, stade suprême du capitalisme Système d'exploitation directe des débouchés seule justification de l’envahissement d’un pays. Tout se passe comme si devant le vrai crime, en soi, du colonialisme au lieu de le condamner comme le faisait les étudiants français de l'unef (congrés de Lyon 1960); les hommes politiques s'entêtaient à demander aux pays colonisés et surtout à l'Algérie de reconnaître leurs « fautes », (terrorisme et harkis) en se soulevant. Autrement dit, vous n'avez pas su apprécier ingrats que vous êtes, les bienfaits du colonialisme, dont le « bilan » aurait, selon eux, des aspects positifs. Reconnaissance pour avoir envahi mon pays répond le colonisé non mais et puis quoi encore!
Comble de cynisme on avait érigé l’Algérie en trois département peuplés de deux populations dont l''une se voyait reconnaitre tous les droits de citoyenneté notamment sur le plan économique social et culturel et sur le plan juridique les indigènes auxquels étaient reconnus le seul devoir de servir de chaire à canon et même de venir libérer une partie de la France qui avait opté pour la "collaboration"
C'est en outre par un subterfuge digne d'un manipulateur expérimenté que l'on refuse au colonisé le droit à l'indignation alors que dans son histoire le colonisateur dans ses différentes constitutions (préambule) fait référence au droit des peuples à disposer d'eux-mêmes. C'est contester le droit de l'occupé à s'insurger contre l'occupant, lequel non seulement lui conteste le droit à l'autodétermination, mais encore fait intervenir ses moyens colossaux militaires et civils face à des hommes et des femmes qui n'ont que leurs mains nues pour exprimer leur dégout de la vie coloniale .
une provocation
Et voilà la dernière initiative en date, la vente aux enchères des instruments de « justice » », de torture du bourreau officiel chargé des exécutions(Messonier) et dont la famille conservait par devers elle. L'on remarquera deux choses à ce propos: ce même appareil, la guillotine, a tranché la tête de deux cents militants de la cause nationale. On confirme ainsi que cet horrible instrument a été appliqué sur des soldats de l'ALN, pris les armes à la main et a contrario on leur déniait la reconnaissance de combattant .ils ont eu la tête tranchée comme civils qui auraient commis des actions de droit commun.
Retombée de l'alliance SFIO( g MOLLET) parti communiste(M THOREZ) et l'UDCR de F MITTERAND; au nom de « l'Algérie française ». il y avait dans ces exécutions une double hypocrisie, hypocrisie de classe pour noyer dans le sang toute velléité de solidarité avec les combattants algériens ; par exemple l'exécution de YVETON employé (EGA devenue depuis 1962 sonelgaz) qui avait déposait une bombe qui n'explosa pas à la centrale d'Alger. Il s'avéra, au cours du procès, que même l'explosif ne risquait pas de provoquer des dégâts humains et matériels. La gauche au pouvoir a trouvé en YVETON un innocent idéal pour être sacrifié sur l'autel des pouvoirs spéciaux qui consacreraient les accords avec le parti communiste. Seul un "florentin" pouvait envoyait dans les bras de" la veuve" un innocent. les rôles étaient répartis ; l'armée fut chargée des opérations « de maintien de l'ordre », l'exécution était confiée aux civils
Alors! Parler de réconciliation implique de prendre conscience de « la nuit coloniale » d’un peuple et d’une nation qu’on a, en vain, tenté de dompter. Réconcilier s’est vouloir reprendre la vie « d’avant » et c'est refaire une histoire pour l’une des parties. C'est-à-dire reconnaitre le droit à cette partie d’avoir envahi un pays. Au moment où certains nostalgiques redressent leur tête voila la face cachée de la réconciliation c’est d’effacer la faute originelle pour recommencer. Décidément on en n'a pas fini avec la fameuse kermesse de fausse fraternisation du 13 mai 1958.