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La question des droits de l’Homme devient le problème central du XXI éme siècle. La pauvreté des pays en développement est un déni des droits humains. Cette question est d’autant plus pressante que depuis deux décennies l’existence d’un grand nombre de nations en développement est menacée tant par des fléaux que de grands déséquilibres.

 

Car, le processus actuel de mondialisation livré aux seules forces du marché a pour conséquence dernière le laminage des nations et leur « classement » dans une sorte de compétition où les règles du marché assureraient l’égalité des chances entre les grands et les petits, entre les forts et les faibles. Un monde où l’enrichissement serait à portée de main, régi par l’économie de marché, la démocratie et le libre échange des produits et des capitaux, mais non des hommes..

C’est bien en ces termes que se pose la question pour ceux qui pensent que la mondialisation dans un cadre d’accumulation capitalistique néo libéral est en même temps l’avenir de l’homme, la fin des particularismes nationaux, la fin des cycles économiques. En un mot, la mondialisation est l’avenir de l’homme réduit à l’individu.

Le développement durable et le partenariat permettent-ils de lutter contre la pauvreté des pays en développement dans l’environnement international  et le paradigme de développement de l’approche néo-libérale actuelle ?

 

Répondre à une telle question suppose admise non pas la mondialisation qui est un fait, mais sa rhétorique qui tend à faire admettre comme un fait inéluctable une vision particulière d’un cadre universel à la fois social, économique, politique et culturel, dans lequel doivent se fondre les nations et qui commanderait la croissance et le développement.

 

Répondre à une telle question implique, préalablement, d'examiner si les conditions d’une compétition égale sont réunies dans le monde actuel et si les ajustements opérés ont permis aux pays du Sud d’être des partenaires dans un commerce mondial équilibré et source de développement et de plein emploi de leurs ressources humaines économiques et culturelles ?

 

Pour l’instant, un nouveau consensus semble s’établir pour reconnaître que la mondialisation a été jusqu’ici pour tous les pays du Sud un facteur de déstabilisation économique et sociale et une source de fractures sociales fondée sur la sélection des gagnants et la soumission des sociétés  à la loi des marchés financiers internationaux. Pour tous les pays l’avenir des hommes ne dépend que de façon marginale de leur labeur mais d’une économie financière mondiale fondée sur la spéculation boursière qui bénéficie d’une liberté de mouvements auquel plus rien ne s’oppose. La mondialisation a des règles de gouvernance qu’elle impose aux pays et qu’elle ne s’impose pas sur le plan international.

 

La pauvreté et la stagnation développement dans une économie de marché de plus en plus mondiale font que les droits de l’homme dans l’acception que leur donne la communauté internationale sont une « utopie » pour des centaines de millions d’être humains.

 

En effet, depuis la fin de la seconde guerre mondiale le champ des droits de l’homme s’est élargi en cercles concentriques.

Le premier cercle celui des droits politiques civils et civiques qui encadrent les rapports Etat/homme.

Le deuxième cercle : droits sociaux, économiques et sociaux et culturels, qui posent les responsabilités de l’Etat en la matière.

Le troisième cercle : celui des droits collectifs ( enfance environnement ville développement)

Le quatrième cercle : celui des droits du citoyens à l’accès et au bon usage des patrimoines publics, de l’environnement, bioéthique).

Face à ces textes qui ont une portée universelle la pauvreté relative et absolue s’est élargie au point de poser le préalable à tous les droits qu’est celui de la couverture des besoins essentiels.

 

Si les droits de l’homme et le développement ne peuvent se concevoir séparément, il en résulte une approche multidimensionnelle à la fois économique, sociale culturelle et politique.

L’on a donc recherché un développement humain et durable qui réponde aux exigences des droits de l’homme.

Durable, par le respect des contraintes écologiques et l’exigence pour ce faire de solutions économiques efficaces ( Conférence de Stockolm)

Humain car la production de richesse doit être subordonnée à l’épanouissement des êtres humains.

 

Mais  l’on admet que[1] «  s’il n’y eut jamais tant de richesses il n’y eut jamais aussi autant de pauvres » et que par conséquent  « la lutte pour le respect des droits de l’homme est indissociable de la lutte pour un nouvel ordre international fondé sur le droit des nations à un juste développement économique et à une répartition moins inégalitaire »( R ; Badinter)

 

Loin de reculer la pauvreté progresse. Elle n’est pas un accident de parcours mais le fruit des contradictions interne du système économique capitaliste mondialisé.

La gouvernance interne ne saurait se suffire à elle même. Le politique est la condition de la bonne gouvernance. Or l’effacement des Etats si ce n’est leur démantèlement ne joue pas en faveur de cette condition et met en cause à la fois une vision intégrée et globale du développement  la cohésion nationale et sociale.

 

« Laissées à leur pesanteurs, l’économie, et la société de marché engendrent la précarité, le chômage, l’exclusion, la misère. » en même temps qu’elles érigent l’argent en fétiche au détriment des valeurs humaines.

 

Faut-il changer de paradigme[2] s’interrogeait le Directeur Général de l’UNESCO. Telle est, semble-il, la question cruciale qui est posée aujourd’hui devant l’échec des concepts qui avait suscité l’espoir de la dernière décennie avec des notions aussi généreuses et conviviales que le développement durable, la réduction de la pauvreté ou encore la protection de l’environnement. Ces concepts se sont épuisés à concilier discours idéologiques, promesses, intérêts gouvernementaux et catégoriels que la progression de la pauvreté et les écarts de développement démentent de façon cinglante.

 

Force est de constater que l’humanité est toujours à la recherche de son point d’équilibre et que les engagements internationaux restent éloignés des véritables questions essentielles qui sont celles du développement « de tout l’Homme et de tous les hommes ».



[1] (rapports PNUD, BM, FMI)

[2] Journée internationale de réflexion sur le thème du développement  UNESCO Paris novembre 1998

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Tag(s) : #un ordre international plus humain
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