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Au moment où la crise atteint les économies développées l'on ne peut que rappeler les affres des programme d'ajustement structurel imposés au pays en développement de maniére indifférencié par les institutions  financières internationales. Le consensus de washington doit_il renaître avec son cortége de remise en cause des acquis sociaux  dans les pays développés ? Il est bon de rappeler ce que ce consensus signifie:

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Les objectifs poursuivis par les programmes dits d’ajustement sont les suivants :

Assurer le paiement régulier de la dette,

Ouvrir tous les domaines d’activité d’un pays aux relations marchandes et aux capitaux étrangers,

Prémunir les transnationales contre toute mesure de nationalisation et contre toute contrainte spécifique imposée par un pays donné.

Mais nulle attention à la satisfaction des besoins élémentaires des citoyens concernés. De plus, les mêmes "recettes" sont appliquées à l’échelle planétaire, sans tenir compte des différences de conjonctures, économique, historique, ou politique des pays concernés.

1. Abandon des subventions aux produits et services de première nécessité

2. Diminution drastique des dépenses publiques afin d’atteindre l’équilibre budgétaire

Un rapport de l’UNESCO montre qu’en Afrique Subsaharienne, le pourcentage d’enfants de 6 à 12 ans scolarisés est tombé de 55% en 79 à 45% en 95. Réduction donc des budgets sociaux, mais pendant ce temps, les Etats continuent à payer la dette, et l’on arrive à des répartitions budgétaires telles que 40% du budget des pays en voie de développement sont consacrés au service de la dette contre 4 à 15% aux services sociaux de base.

Cela compromet aussi le droit à la santé, au logement et à un emploi. De plus, en imposant leurs choix économiques aux pays, les institutions financières internationales privent leur population de leur droit à la souveraineté.

3. Dévaluation de la monnaie

La dévaluation a pour fonction de rendre les produits locaux qui sont exportés moins chers et donc plus compétitifs sur le marché mondial. Cependant, pour récupérer la même quantité de devises, il faut vendre davantage. Dans le même temps, la dévaluation fait que les produits importés deviennent plus chers, les rendant inabordables aux plus démunis. De plus, on a pu voir que ces dévaluations constituent un encouragement à la spéculation contre la monnaie nationale : les riches vendent la monnaie nationale pour acheter des devises ou placent les capitaux à l’étranger avant la dévaluation, pour les rapatrier après, engrangeant les bénéfices.

4. Augmentation des taux d’intérêt pour attirer les capitaux étrangers

Le problème est que, le pays étant en crise, les capitaux étrangers ne viennent pas, ou alors viennent en vue d’une spéculation à court terme,ce qui peut entraîner, en cas de spéculation immobilière, une hausse des prix des logements ou des terrains, limitant encore l’accès au logement. D’autre part, les petits producteurs ou les petites entreprises qui empruntent pour acheter leurs semences, herbicides, machineries,etc... voient leur capacité d’emprunt diminuée, ce qui entraîne une chute de la production, ou se voient étranglés par des prêts impossibles à rembourser, ce qui entraîne des faillites et donc augmente le chômage.

5. Production agricole tournée vers l’exportation au détriment des cultures vivrières

Pour se procurer les devises nécessaires au remboursement de la dette, les pays en voie de développement doivent accroître leurs exportations et sont incités à abandonner les cultures vivrières traditionnelles destinées à l’alimentation des populations. Elles sont remplacées par un ou quelques produits agricoles d’exportation (soja, café, cacao), ou une ou quelques richesses minières ou l’exploitation d’une activité primaire comme la pêche. Dans 20 pays africains, 1 seul produit de base compte pour 60% des exportations. La fragilité de l’économie s’en trouve accrue car dépendante du cours de cette ressource sur le marché mondial. Et localement, l’abandon des cultures vivrières traditionnelles accroît les déséquilibres alimentaires. Il est frappant de noter que selon le dernier rapport de la FAO, les paysans sont les plus touchés par la malnutrition (« 70% de ceux qui ont faim dans le monde vivent en milieu rural » selon la FAO).

D’autre part la recherche d’un accroissement continu de la production (pour faire entrer les devises, pour rembourser la dette) entraîne des dégâts écologiques tels la déforestation, l’érosion des sols et l’atteinte à la biodiversité, ceci constitue une atteinte au droit à un environnement sain.

Les taux moyens de croissance annuelle de la production vivrière par habitant ont été négatifs entre 1979 et 1997. Un exemple l’illustre parfaitement : au Malawi, qui était autrefois un exportateur net de produits alimentaires, la production de maïs a chuté de 40 % en 1992, mais la production de tabac a doublé entre 1986 et 1993.

6. Ouverture totale des marchés par la suppression des barrières douanières

Le but officiel est de favoriser les consommateurs en faisant baisser les prix sur le marché local. Mais en fait cela permet surtout aux multinationales étrangères mieux armées financièrement et technologiquement, souvent subventionnées dans leur pays d’origine, de conquérir des parts de marché et de s’imposer, provoquant la disparition des producteurs locaux. Un exemple : depuis 1999, les importations de poulets congelés en provenance d’Europe augmentent chaque année de près de 20% en Afrique, entraînant la ruine des petits producteurs locaux.

7. Libéralisation de l’économie, suppression du contrôle des mouvements de capitaux et du contrôle des changes

Elle vise à ouvrir totalement les économies des pays en voie de développement aux investissements, aux produits et services des multinationales des pays du Nord, afin de répondre à leurs desiderata de produire ce qu’elles veulent, où elles veulent et de rapatrier leurs bénéfices sans aucun obstacle et sans aucune retenue. Rapatriements vers les banques du Nord des profits par les multinationales implantées dans les pays en voie de développement, mais aussi "délocalisations" des capitaux des riches des pays en voie de développement vers les pays du Nord, au lieu de les investir dans les économies locales, création de "bulles" spéculatives boursières ou immobilières comme en Asie du Sud Est dans les années 90. Dès les premières difficultés économiques, les capitaux repartent, en déstabilisant le pays qu’ils fuient.

Elles favorisent aussi les mouvements de fonds en rapport avec les activités illégales et criminelles (et parmi elles, le trafic des êtres humains dont le chiffre d’affaire annuel est estimé à plus de 12 millions d’euros). Le blanchiment de l’argent sale est facilité par ces réformes. Bel exploit pour des institutions financières internationales qui prônent la lutte contre la corruption !

A titre de comparaison, en 2003, ces rapatriements de profits par les filiales de multinationales installées en Afrique subsaharienne vers leur maison mère se sont élevés à presque autant que l’ensemble des investissements étrangers sur le continent (8,5 milliards de dollars). Elles reprennent d’une main ce qu’elles donnent de l’autre... Ceci revient à l’appropriation des matières premières par les multinationales : pour citer un exemple, la compagnie TOTAL FINA ELF rapporte 12 milliards d’euros à l’Europe, ce qui représente le double des subventions de l’aide au développement.

8. Adoption d’une TVA élevée qui aggrave encore les inégalités

La suppression de barrières douanières diminue les recettes fiscales de l’Etat, qui adopte alors une fiscalité élargie : abandon de la progressivité de l’impôt, TVA généralisée pénalisant une fois encore les plus pauvres et baisse de l’impôt sur les sociétés. Les augmentations de la TVA sont régulièrement à l’origine d’émeutes anti-FMI [1] .

9. Privatisation massive des entreprises publiques et en particulier les secteurs dits rentables

Cette privatisation est toujours liée à la renégociation de la dette. Elle consiste surtout en une vente à prix bradés des entreprises publiques, profitant aux multinationales ou aux proches du pouvoir. L’argent récolté passe directement au remboursement de la dette au lieu d’être mis au service des besoins de la population. Ces ventes au privé s’accompagnent de licenciements massifs et de réduction des services essentiels auxquels les populations avaient accès (chemins de fer, soins de santé, eau potable...). Point crucial, l’État perd le contrôle d’éléments stratégiques pour le développement et pour le bien-être des populations locales.

Source : CADTM

Tag(s) : #un ordre international plus humain

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