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Communauté : Economie
Mercredi 21 octobre 2009
 Par zahir Farès 

 C’est un fait capital que la pauvreté de la majorité des populations du tiers et du quart monde n’a pas diminué Pourtant, la période dans laquelle nous entrons est celle de l’accroissement inouï du commerce et du libre échange. Et ceux qui en parlent avec éloquence, ont les mêmes accents pour nous entretenir de la misère et de la pauvreté. 

Dans  9 cas sur dix la vie humaine n’est qu’une lutte pour l’existence En un mot, ce que tente d’expliquer, le développement humain c’est un fait bien simple. Dans « 9 cas sur dix la vie humaine n’est qu’une lutte pour l’existence ». Et l’on recherche, alors, à donner à cette situation (infra humaine), une coloration objective et scientifique en utilisant des indicateurs de développement humain et de ration minimale calorique.

En d‘autres termes, et comme il était préconisé au 19éme siècle, il s’agit de démontrer comment administrer un minimum de molécules d’azote et  de carbone, sous forme de substances végétales et animales, à un individu  moyen pour l’empêcher de tomber dans l’inanition et/ou d’être malade. La propreté même, qui est représentée par l’indicateur d’accès   à l‘eau potable est considérée par une majorité comme un luxe très chère et difficile à satisfaire.  

Etre propre et se nourrir: pour une majorité, un choix contradictoire


 Etre propre et se nourrir représente, en général, une aggravation des affres de la faim. Et encore n’est envisagée nullement ici la pauvreté individuelle liée à certaines formes de paresse. Dans tous les cas, celle qui est visée ici, est celle de la condition de milliards d’hommes, de femmes et d’enfants, dont la rémunération  ne permet qu‘une maigre pitance et dont la journée de travail commence à l’aube et se termine bien après le coucher du soleil. 

Tel est le sens et la portée  d’un seuil de pauvreté à un dollar par jour et par personne. La compétitivité dans le cadre du libre échange se paye très cher. La santé n’est toujours pas un bien collectif Aussi, la communauté internationale reconnaît-elle l’impact de la santé publique d'un pays sur la compétitivité de sa population. Cependant, il n’est pas acquis que la santé de ses masses n’est concevable que dans le cadre d’un minimum de prospérité jusqu’au plus bas de l’échelle sociale.

En fait, à quoi sert –il de se voiler la face et d’ignorer cette vérité : la prospérité n’est réservée qu’à des clases possédantes dans  les pays et plus largement aux pays développés. Le rapport du pnud sur le développement humain ainsi que ceux de la banque  mondiale de l’OMS etc., comportent  des statistiques et des indicateurs « aseptisés »  et d’où est évacuée toute analyse sociale et politique. Ils évitent de dire, ainsi, ce qu’il y a de souffrances,  ce qu’il y a de santés brisées, « de morale flétrie et de ruine intellectuelle… », dans l’accumulation de  puissance et de richesse restreinte aux classes possédantes dans un pays et aux pays développés dans leur ensemble.

En faisant un constat l’on semble, en outre, occulter que des enfants mal portants seront aussi des parents mal portants Autre revers de la médaille, les revenus des possédants. Ils augmentent dans tous les secteurs et en particulier dans le secteur financier. Dans le même temps le nombre d'heureux élus  diminue par suite de concentration. Le pourcentage de ces personnes dont  la fortune s’accroît atteint des parts du revenu national incroyable dans les pays en développement. Plus encore, ce pourcentage est d’un montant inimaginable si l’on prend comme comparaison l’économie mondiale, confirmant ainsi les inégalités internationales qui, depuis plus d’un siècle, ne cessent de s’aggraver en valeur relative. 

Ces faits sont "étonnants et presque incroyables » et les rapports des institutions internationales font un constat pour l’instant candide, car il n'en recherche nullement les causes socio économiques. Il se cantonne dans la critique des institutions existantes dans chaque pays ainsi que sur le plan international.

Mais cela signifie-t-il que « la bonne gouvernance » est insuffisante dans le traitement de la pauvreté ? La cause profonde, qui nécessite « une critique de la seule critique des institutions » est ainsi évitée « de crainte ( ?)» de froisser les susceptibilités des grands de ce monde, possédants ou pays ?Pourtant les faits sont têtus. En effet, plus l’activité dans les pays développés augmente, plus l’industrie se restructure et prospère ; plus le commerce mondial augmente et plus la production mondiale s’étend,  plus l’augmentation de richesses se concentre exclusivement dans les pays développés et chez ceux ci  aux classes possédantes. Certes, une minorité de travailleurs dans ces pays et dans le monde peuvent ou ont pu bénéficier d’une certaine amélioration de leur salaire réel ou nominal. Mais, dans la majorité des cas, la hausse des salaires en monnaie n’a pas pour conséquence un bien être accru.

En d’autres termes, il serait aberrant de prendre pour vrai le fait que l’augmentation du coût de journée dans un hôpital a pour corrélation une amélioration du service de santé pour un patient. Sur le plan de la mobilité sociale, les pays en développement, la majorité, malgré certaines améliorations nominales, semblent s’enfoncer dans le même rapport que celui qui permet, aux classes sociales supérieures dans ces  pays et dans les pays développés, de s’élever dans l’échelle sociale. 

Mais, les conclusions s’arrêtent en chemin. Aussi, il y a une vérité que « seuls dénient ceux qui ont intérêt à barricader les autres dans le paradis des imbéciles. » Cette vérité est très ancienne. Car le libre échange, le progrès technique dans la production, les nouvelles technologies, l’économie de la connaissance, la conquête de nouveaux marchés, autant de sujets abordés dans les rapports successifs des Institutions internationales ( PNUD,BM etc) ne peuvent ni alléger ni mettre fin à la pauvreté des nations pauvres ni à l’exploitation des classes laborieuse dans celles des pays riches.


Le système actuel, et depuis longtemps, ne le permet pas. Depuis que le capital est le capital la règle qui le met en mouvement est connue : Tout nouveau développement de la production, tel qu’énoncé ci dessus, accentue les clivages et les écarts avec les pays en développement et au sein de chaque pays, par effet de domination.

En un mot, les écarts sociaux et les antagonismes vont s’accentuer. Ils deviendront plus tranchés et plus vifs, si l’on ne prend pas des mesures qui en amortissent quelque peu les effets sur le plan national et international. Et c’était là l’objet principal de la déclaration du millénaire adoptée à la quasi unanimité de la communauté internationale à  la veille du XXIéme siècle En première analyse,  les rêves d’un monde « solidaire et fraternel » ne sont-ils plus à  l’ordre du jour ? C’est, néanmoins, un tel constat de faillite du partenariat, de fièvre de spéculation, de délabrement moral, de politique réactionnaire qui, sur le plan des idées, semble caractériser le monde actuel.

Que reste t il alors aux populations des pays en développement; c’est de travailler plus pour gagner plus et devenir ainsi, un jour peut être, les alliés des bourgeoisies et des possédants du nord.

S’ils sont de bons « sujets » !

Jamais les pays en développement n’ont connu une telle situation de « nullité politique ». C’est alors une solidarité de défaite qui semble être la règle qui unit les pays en développement et les travailleurs des pays riches. A l’aveugle loi de l‘offre et de la demande qui constitue l’économie politique de la classe moyenne dans le monde il est encore temps d’opposer, celle de la production sociale dirigée par la prospective sociale qui est l’économie politique des pays en développement et des clases laborieuses dans le monde. 

Les relations entre les pays pauvres et le pays riches appellent donc, et dans une première phase, un équilibre entre une économie politique du travail et une économie politique du capital lequel, grisé par ses succès relatifs, a tendance à considérer l’avenir dans son seul intérêt et prône, par la voix de ses chantres, la fin de l’histoire quitte à encourager en sous main « le choc des civilisations ». 

L’échec humain d’une expérience socialiste ne signifie nullement une victoire sociale et politique du capital.
- Que les chantres du néo ou archéo libéralisme se rappellent simplement que le capital n’existe que dans la mesure où une classe exploitée, par lui, existe aussi.
- Que les antagonismes actuels appellent autre chose que la loi du profit.
- Que ceux qui règnent sur  le capital utiliseront leurs privilèges politiques pour perpétuer leurs monopoles économiques. 
- Que ces « lords à la langue dorée », économistes plus ou moins subtils, sachent que l’intérêt national ne saurait alors s’identifier uniquement à celui des possédants actuels ou à venir.
- Que leur vision du monde n’est pas celle des peuples et, dans ces peuples, de classes dont le seul capital est leur force de travail. 

L’avenir   de l’humanité dépend, plus que jamais, du rôle et de la place d’une classe sociale laborieuse dans les relations internationales et de la façon dont ses représentants défendent ses intérêts (syndicats, associations et partis politiques). 

Un Pacte  économique, social  et culturel mondial ?

 C’est là l’une des bases essentielles pour la création non seulement d’objectifs, mais encore d’un Pacte  économique, social  et culturel mondial fondé sur un nouveau paradigme de développement et soutenu par un nouveau partenariat mondial. L’Afrique,  avec le NEPAD, en a  proposé un et semble agir et lutter dans ce sens. 

Pour l’instant le développement des pays du sud demeure problématique car fondé sur une liberté totale du capital international et les contraintes les plus grandes au Travail, sans émergence d’une bourgeoisie nationale révolutionnaire dans les modes de production et d’échange. Ni le capital national ni  le travail ne saurait avoir une quelconque place dans ces conditions.

Faut-il laisser le soin à la nature et aux calamités naturelles de donner régulièrement aux hommes le véritable visage d’un tel système d’exploitation ? Le développement humain ne saurait se satisfaire d’actions humanitaires, car il serait alors condamné à n’être qu’un work house cher au libéralisme du 19éme. Jusqu’à quand le développement humain, auquel les nations prétendent toutes, leur servira-t-il d’alibi et de bonne  conscience ?

Voilà pourquoi les rapports des Institutions internationales du pnud est en même temps important mais aussi candide. Car pour paraphraser un économiste allemand, il ne suffit pas d’interpréter le monde mais aussi d’agir pour le transformer. Assez « d’état des lieux » assez de discours et de rapports, agissons pour un développement plus humain que nous savons être loin des préoccupations du néo libéralisme et du libre échange inégal. Tel pourrait être l’enjeu des prochaines rencontres internationales sur ce sujet. 
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