La mondialisation a un double effet contradictoire : elle bouleverse les équilibres intérieurs et extérieurs accroissant la richesse mondiale d'une classe sociale, accentuant les écarts et les inégalités. La mondialisation et l’économie de marché sont-elles condamnées à s’opposer éternellement à la politique sociale ou sont –elles en voie de trouver une solution au conflit qui a toujours caractérisé l’économique et le social ?
« La politique sociale » qui semble se généraliser est elle aussi, soumise aux critères de rentabilité de compétitivité et de flexibilité. De telles
exigences impliquent l’adoption du critère de sélectivité à savoir : sont éligibles à la politique sociale les personnes qui ne peuvent être réadaptées ou employables.
Le reste de la population doit pouvoir bénéficier d’une protection minimale qui ne remette en cause ni la compétitivité des entreprises, ni la flexibilité du travail et des salaires. Et
c'est au nom de ces deux exigences que cette couverture minimale semble être compromise aux USA dans le débat actuel ouvert par le Président OBAMA (45 millions de citoyens n'ont aucune
couverture
dont un fort pourcentage doit participer à une loterie pour être éligible à une consultation. Ils ont la latitude de tenter leur chance le lendemain ou de vivre avec leur maladie)
Toute amélioration sociale ne peut être que volontaire et individuelle. Les consommations collectives sont soumises aux règles de l’économie marchande. L’intervention sociale de l’Etat doit
veiller à développer des actions en vue principalement de permettre l’employabilité. La mise en œuvre de ce type de politique, résulte soit de la réduction des dépenses sociales, soit de la
privatisation des prestations ou enfin des deux à la fois.
En un mot, la politique sociale, dans ce contexte, doit viser à la solidarité nationale avec les personnes fragilisées par l’économie de marché. La protection sociale des classes moyennes et son amélioration relèvent de financement mixte ou privé. Ce n’est pas « l’individu médian » qui détermine les choix de politique sociale, mais « l’individu le plus pauvre » posant ainsi le problème du seuil au delà duquel la solidarité et la protection sociale serait inefficace et contraire à la rentabilité et à la compétitivité.
L'autre politique serait celle qui, tout en développant des actions permettant la lutte contre la pauvreté, poursuit de façon plus efficace celles d’insertion et de protection universelle imposées par l’exigence de compétitivité et de cohésion sociale. Cette politique est aussi celle qui rend possible la flexibilité en aménageant les conditions sociales nécessaires à son exercice par les individus.
La hantise de la compétitivité fait admettre tout ce qui remet en cause, en définitive, le développement humain. Que l’on recherche plus d’efficacité dans les politiques sociales est indispensable et urgent, mais que les politiques sociales s’alignent sur un modèle dominant implique des conséquences et des conditions dont la moindre n’est pas la croissance.
C’est devenu un lieu commun, au nom de l’efficacité et de la compétitivité, de remettre en cause ce droit. En vérité les arguments qu’on oppose à ceux qui revendiquent timidement les exigences de spécificité et de finalité sociale ne sont fondés que sur des lieux communs.
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