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Communauté : Economie et développement
Mardi 13 octobre 2009

Avec votre permission, je voudrais faire un commentaire sur le tournant idéologique qui s’est produit il y a prés de deux décenies. L'on raconte que Churchill disait" lorsque je demande un avis à 8 économistes j'obtiens dix avis. Mr Keynes m'en donne toujours deux." Que la réflexion vienne de Churchill, homme d'actions, prouve s'il en était besoin que tout compte fait la politique économique et sociale est le fait de l'action et non de la théorie. Que la théorie n'est que l'habillage de l'action

 

Les lectures que j’ai pu faire m’ont conduit à m’inquiéter sur les conséquences politiques et sociales de ce tournant qui accepte le pluralisme dans le cadre d’une pensée unique au nom de principes dits scientifiques et par conséquent universels. Comme on ne peut pas aller à l’encontre d’une loi scientifique il en découle que les sociétés et les pays n’ont plus d’autre choix que de se fondre dans un même modèle économique et social !

La mondialisation est ainsi la globalisation ou l’uniformisation par la convergence. Ce que la colonisation a rêvé les multinationales et l’économie de marché le font.
 

 La question, de la nouvelle économie du travail me conduit à revendiquer le droit à la spécificité de chaque société dans la recherche de forme de solidarité dans le cadre de l’économie de marché.

 Il est devenu un lieu commun au nom de l’efficacité et de la compétitivité de remettre en cause ce droit. 

Ce que je voudrais dire très brièvement, c’est que les arguments qu’on oppose à ceux qui revendiquent timidement l’exigence de finalité sociale sont fondés sur des lieux communs et non sur une science et que de tous temps le marché a toujours démenti les prévisions des experts.

 Erreur permanente de prévisions sciences fondées sur des lieux communs pour faire accepter un modèle socio-économique unique, sont autant de raison d’encourager les efforts pour sauvegarder le droit de choisir les formes  de la solidarité nationale en économie de marché et plus que jamais les droits de l’homme.

 

I L’économie est l’art de l’erreur permanente de prévisions ou "Irresponsables et non coupables !"

 

Méfions-nous des économistes et de leur prétendue science dés qu’ils se mêlent de trancher entre le souhaitable et le possible. Ils seraient socialement plus utiles qu’ils nous disent comment rendre possible le souhaitable.

Les décisions qu’ils encouragent se fondent sur leur prévision des évolutions futures. En vérité leur seule spécialité est d’annoncer des événements passés. En définitive ils se trompent et avec eux ceux qui les écoutent parce qu’ils ont toujours ignoré ce principe «l’avenir vient de loin ».


Ainsi que le notait un économiste français avec humour la principale difficulté de la prévision c’est l’absence d’information sur le présent. Ainsi la masse monétaire des Etats Unis n’est connue qu’avec une approximation de 20%. Que penser alors des modèles économétriques qui servent à la Banque Mondiale et au
  FMI à calculer le rétablissement des grands équilibres et les taux de croissance dans des pays en développement où la plupart des grandeurs statistiques varient avec un degré d’approximation de 10 à 20 points et parfois plus ! . Et l’on trouve normal que les prévisions de croissance ne se vérifient presque jamais dans un sens ou dans un autre.

 

Exemple la crise asiatique. Trois mois avant  ces institutions donnaient ces pays en modèle de croissance. Quelques mois plus tard et 150 mds de $ de subvention et 2.000 mds de capitaux envolés 30 millions de chômeurs en plus, les gardiens du temple de l’orthodoxie libérale annonçaient qu’ils s’étaient tout simplement trompés.

 

II Des théories fondées sur des lieux communs et non des lois scientifiques.

 

Mais ces experts qui se trompent dans leurs prévisions changent allègrement de théories. La dernière étant toujours la meilleure. Mais leur choix est limité à trois théories vieilles d’un siècle et qu’ils mettent au goût du jour en les faisant précéder du mot néo. Il était politiquement correct d’être pour l’intervention de l’Etat de 1945 à 1973, puis socialiste ou libéral adepte d’une nouvelle société jusqu’en 1983 date à laquelle la reaganomie et le  tatchérisme ont imposé le libéralisme pur et dur à la Friedman le père du néo-monétarisme et des réformes économiques du Chili de Pinochet .

 

La fin de chacune de ces théories est consacrée par une crise qu’elle n’attendait pas et la réapparition de celle qu’elle était censée remplacer  pour cause de désuétude.

 

Le mur de Berlin a fait un sort à une certaine pratique de la pensée économique socialiste qui comme dans la série Mission impossible s’est auto-détruite en s’épuisant à déchiffrer le message laissé par Marx sur la valeur travail

 

Pour la pensée libérale son destin est différent. Elle balance autour d’un axe classique entre Keynes et les néoclassiques. Le best sellers des livres vendus par la Banque mondiale dans les années soixante était un manuel de planification du développement. Les projets auxquelles elle contribuait en Afrique étaient ceux des cellules du plan.

 

Car la crise de 1929 avait sonné la fin de l’école classique libérale remplacée depuis 1940 jusqu’en 1973 par les politiques keynésiennes. Et voilà que renaissent les idées libérales qui ont conduit à la crise de 29. Il faut leur reconnaître une chose c’est que cette fois ci elles provoquent des crises dépassant celles de 29 à un rythme quasi décennal.

 

Ce qui a changé avec ce retour dans le futur c’est que certains économistes se sont reconvertis à l’art d’être politiquement correcte. Et l’on enseigne alors aux peuples et aux gouvernements « la bonne gouvernance »,celle des lois universelles du marché alors que depuis longtemps le marché est l’histoire qu’on raconte aux citoyens naïfs pour ne pas les effrayer avec le loup de l’hypercapitalisme qui a depuis longtemps digéré le marché par fusion et  acquisition pour en faire sa propriété mondiale.

 

 

La liste de ces lieux communs est longue. J’en citerais deux ou trois en commençant par celui qui fonde le marché, la loi des débouchés,  qui assurerait l’équilibre de plein emploi naturel. Le seul problème est que le système réel n’est jamais bouclé et que les revenus sont inégalement distribués. L’économie c’est le fonctionnement cyclique et les crises de production et de surproduction. Personne ne s’offusque de cette erreur.

 

Même rengaine pour la commerce extérieur qui devait aboutir à la production dans chaque pays des produits pour lesquels il est soit le meilleur soit le moins mauvais. En théorie les échanges internationaux devraient être entre pays à structures de production différentes : Le Mali avec ses arachides et la Suède avec ses téléphones portable. Dans la réalité 86% du commerce mondial est le fait de  20% des pays les plus riches.

 

Et c’est au nom de ces principes de libre échange dans l’avantage comparatif que se fonde la croyance dans les bienfaits de l’ouverture par la compétition des échanges pour stimuler la croissance et que furent passés les accords de Marrakech et l’OMC. Comment profiter d’échanges qui se font au sein d’un club restreint ? Comme tous les clubs il faut payer et accepter les règles du club ! Si voulez exporter il faut avoir une infrastructure identique à celle du club. Pour avoir cette infrastructure il faut ouvrir votre économie et exporter. C’est le cercle carré.

 

Que dire des politique économiques fondées sur la demande et surfant entre chômage et inflation jusqu’au jour où fut inventé la stagflation ou comme le dit avec esprit un économiste le moteur qui chauffe à l’arrêt !

 

La réponse est dans le néo libéralisme qui se présente alors sous forme de véritables mots d’ordre : la lutte  contre l’inflation et non contre le chômage. L’inflation est un problème monétaire. Le marché est le garant des équilibres. Tous les facteurs de rigidité doivent être éliminés pour rétablir la flexibilité des prix sur les différents marchés. Les deux principaux facteurs de rigidité étant l’Etat et le travail. La mondialisation sera la chance donnée aux meilleurs.

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