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une analyse de la crise économique mondiale. notes sur le point de vue de john Stigliz Prixd nobel d'économie  " pour ne pas se tromper il faut déterminer avec précision les fautes fondamentales qui ont conduit à la crise actuelle ; il en dénombre cinq.

  • Licenciement, en 1987, de Paul Volker comme président de la Réserve fédérale pour le remplacer par Alan Greenspan qui, sur instruction de Ronald Reagan, a ouvert à fond le robinet monétaire mais n’a pas respecté la seconde mission de la Banque centrale, celle de régulateur. Greanspan a présidé à deux bulles financières : nouvelles technologies (2000-2001) et immobilière. Il avait pourtant les moyens de s’y opposer. JES note que les banques ont non seulement parié gros à travers les prêts qu’elles ont consentis mais aussi à travers les dérivés. Greanspan a laissé faire.
  • Destruction des barrages : le coût de la philosophie de la dérégulation se fera encore sentir dans les années à venir. Il dénonce l’abrogation, en 1999 du "Glass-Steagle-Act", en vigueur depuis 1933 sous Roosevelt. Cette disposition législative imposait une stricte séparation (mur de verre) entre banque d’affaires et banque de dépôts. A cette dérégulation fondamentale sont venus s’ajouter de nombreux verrous que l’on a fait sauter et, tout particulièrement, le ratio d’endettement des banques.
  • La pose des sangsues. L’administration Bush entreprit les fameuses réductions d’impôt des plus riches que l’on sait. Or dans ces circonstances, la Banque centrale ouvrit davantage encore le robinet du crédit qui conduisit l’Amérique à vivre à crédit, précisément
  • La comédie du chiffre. J Stiglitz dénonce les scandales divers (Enron, etc.) qui se sont produits avec la complicité active des organes de contrôle et des agences de notation.
  • La saignée. Et c’est, le 3 octobre 2008, le coup de grâce, donné par l’administration Bush et la Banque centrale, grâce à la garantie d’État donnée aux turpitudes bancaires. J Stiglitz conclue que chacune de ces fautes repose sur un postulat central : les marchés sont auto-régulateurs et l’intervention publique doit être minimale.

Il est très instructif de lire, sous la plume d’un haut représentant de l’établissement économique, pareille condamnation des vingt dernières années. Toutefois on remarquera que la critique de JES, pour vigoureuse qu’elle soit, a pour point nodal la réglementation insuffisante et inadaptée. La critique est incontestable mais quelque peu insuffisante si la conclusion qui s’impose n’est pas tirée.
En effet, pourquoi, au bout du compte ces cinq erreurs commises depuis vingt ans ? Par incompétence ?
On sait bien que non, la raison fondamentale tient bien à la volonté de satisfaire les propriétaires du capital qui se sont attribués, ces 20 dernières années, au sein des 15 pays les plus riches de l’OCDE, plus de 10 points de la valeur ajoutée par le travail. On pourra, outre les divers articles publiés.....  sur le sujet, se reporter au rapport de l’OCDE intitulé "Croissance et inégalités", et notamment au graphique particulièrement instructif à cet égard.

On ne peut que saluer les apports importants de J.S en matière économique et le chemin parcouru par lui. Néanmoins on ne peut totalement s’enlever de l’idée que son absence, aujourd’hui, de critique du système lui-même n’est peut-être pas sans rapport avec toutes les décennies qu’il a passées à ne pas dénoncer ledit système. Après tout, il a quand même été pendant plus de cinq ans, de 1995 à 2000, le chef des économistes du Président Clinton puis de la Banque Mondiale !"

Bonne lecture 

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