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Communauté : blogueur africains
Dimanche 11 octobre 2009

Le politique ne peut être revêtu d'une aura magique et il ne doit pas devenir à nouveau le centre où tout ce qui touche la vie quotidienne du citoyen se décide, mais le point final et d'arrivée des problèmes que les initiatives à la base n'ont pas pu résoudre. C’est bien cela que les Constitutions adoptées depuis 1989 ont consacré.

 

Dans une telle perspective les administrations, jusqu'à présent, se sont fait un devoir de s'approprier, dans leur propre intérêt, des moyens qui relèvent des structures non gouvernementales, stérilisant les initiatives.

 

Avant de dénationaliser les entreprises, dans le cadre d'un programme d'ajustement structurel, il eut été plus efficace de débloquer les rouages de décisions confisqués par les administrations et des hommes qui ont fini par croire que ce qu'ils faisaient, plutôt mal, était naturel.

 

Ces actions ont pour but de redonner aux citoyens par les textes et les faits une dimension politique efficace, c'est‑à‑dire des canaux d’expression concret de l'intérêt général et non pas à en être le gestionnaire. Cela signifie que, selon le principe de subsidiarité, tout ce qui ne relève pas de la mission essentielle de faire respecter les différentes lois élaborées par la représentation légale du peuple, n'est pas de la compétence du pouvoir.

 

Le respect de cette règle entraîne, en outre, une concentration moins grande des conflits sur le centre et leur impact plus grand sur les points périphériques, mieux à même de répondre à des revendications catégorielles.

 

Ce qu'il faut protéger, quoiqu'il en coûte, c'est le consensus national sur l’équilibre des pouvoirs par la participation des citoyens à la vie politique aux différents niveaux local, régional et national dans un esprit démocratique réel. Les conflits d’intérêts seront très certainement mieux gérés, car le système d'expression n’est plus, alors, totalement focalisé sur la prise du pouvoir central celui-ci n’étant plus le moyen privilégié de règlement des problèmes.

 

Une telle démarche, est liée au fait que l'administration a eu tendance à s’approprier le droit d'affecter des ressources au profit d’une base électorale conjoncturelle ; Elle explique, en partie, toutes les aventures et surtout les aspirations à satisfaire des besoins catégoriels, qu'ils soient économiques sociaux, culturels ou religieux, par la conquête du pouvoir et son utilisation dans des domaines qui ne sont pas ceux de la nation tout entière.

 

Pour faire respecter l’Etat il faut le désacraliser, et pour cela, l'amener à se dessaisir de tous les attributs que son administration a confisqué, à son insu dans bien des cas, en vue de lui faire croire qu'il est le centre unique de décision. C'était en vérité l'alibi à toutes les aventures. Un tel « dégraissage » permettrait, ainsi, de concentrer beaucoup mieux les énergies sur la sauvegarde des valeurs nationales communes et sur ses fonctions de médiateur entre tous les membres de la nation.

 

Le débat démocratique aux États‑Unis ne porte pas sur ce qui sera fait à travers tel ou tel ministère, puisqu'il n'y a pratiquement pas de ministères, mais sur les actions permettant aux citoyens de mieux exercer leurs libertés.

 

La vie quotidienne du citoyen n'est nullement tributaire de l'accession de telle ou telle personne à la tête d'un ministère. En revanche, il est directement impliqué dans un réseau complexe d'associations, de clubs, et d'activités communautaires, qui font son identité. L'adhésion à un parti politique ne saurait constituer la légitimation de l’action citoyenne.


 

Mais, pour être crédible cette vie associative, plurielle, doit se refuser à engager des actions qui relèvent de préoccupations liées aux échéances électorales. Il faut en finir avec les faux espoirs qu'on tente d'inculquer aux citoyens de règlement de leur problème par la prise du pouvoir. A ce compte ‑ la vie politique devient une insurrection permanente.

 

Ces quelques repères devraient inciter à la réflexion et pousser à sortir des sentiers battus. En redonnant vie aux formes traditionnelles de consensus et de dialogue, qu'une pratique politique s'est ingéniée à détruire, le système sera plus proche des démocraties modernes que certains voudraient lui en faire douter. Tout ce qui a été décrit, ici, existait déjà mais a été plus ou moins laminé par la période coloniale et la pratique d'un pouvoir parasité par la bureaucratie et qui a tourné le dos à ses origines ; n'est‑on pas allé jusqu'à étatiser les clubs sportifs en 1969 ?

 

L'on a occulté le fait que les crises, depuis 1962, sont l'expression de l'accaparement du pouvoir et de la société par une logique bureaucratique, héritage inconscient d'un certain jacobinisme par contagion, au détriment des citoyens qui ont fini par ne plus se reconnaître dans la pratique de l'autorité et du pouvoir par leurs élites.

Ils attendent des nouvelles élites, qu'elles soient seulement un nouveau pouvoir qui reconnaisse leur mode d'expression traditionnel, qui est tout autant, dans la presse et la radio, la télévision ou les partis politiques, que dans les différentes formes de participation à la vie collective que sont les groupements sociaux et la vie associative libre.

 

La modernité n'est pas dans la conformité servile à un modèle, qui encore une fois est pratiquement obsolète dans les pays riches, mais dans l'efficacité des moyens mis en oeuvre pour faire en sorte que les rouages de la société soit impliqués dans la gestion du pouvoir et de l'État.

Par zahir - Publié dans : Algérie - Ecrire un commentaire
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