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Communauté : blogueur africains
Samedi 25 juillet 2009 6 25 07 2009 12:04

Voici un article de Bouhamidi Mohamed écrit il y a trois ans et qui exprime l'ambiguité des positions d'Albert CAMUS sur la question de la décolonisation et plus précisément les limites de son « engagement ». J'espère qu'un débat pourra s'ouvrir qui permettra de remettre les pendules à l'heure.


Alors ?  Camus engagé pour la Révolution hongroise et contre les tanks soviétiques qui la brisèrent, Camus auteur de « l'homme révolté », admirateur de Dostoïevski et des possédés,  s'abritait-il derrière sa mère pour fuir un engagement sur une guerre coloniale ?  


"Quand un éditeur algérois a publié des articles d'Albert Camus sur la Kabylie et parus dans Alger Républicain beaucoup de personnes ne savaient pas qu'il les avait écrit avant que ce journal ne devienne anticolonialiste le créditant des positions de ce "journal".

 Dans une réunion organisée à Paris, fin octobre 2005, par (une 'Association Culturelle)....... Henri Alleg a rappelé le fait provoquant la déception de participants qui comptait sur son immense crédit pour donner quelque consistance à leur thème «l'Autre Camus » et à l'exposé de leur thèse d'une algérianité  partagée entre l'auteur de La peste et les «arabes » puisqu'il ne nous appelait qu'ainsi ou du moins une algérianité partagée entre lui et les auteurs indigènes d'expression française espérant, par le raccourci,   faire d'un auteur français.... d'expression française un acteur de la littérature algérienne d'expression française.


La déception fut bruyante pour des algériens mobilisés à trouver cet «autre Camus » inconnu jusqu'à présent et qui ferait oublier son silence sur tout ce qui a fait parler et écrire Jean Paul Sartre(prix Nobel lui aussi) pendant cette longue guerre et notamment la torture, les exécutions de masse, les viols, «  les corvées de bois " et le reste alors que son prix Nobel aurait donné un tout autre poids à la protestation de cette autre France qui a soutenu cette longue lutte .....et donnant l'espérance d'une autre humanité. On peut nous opposer cette lettre collective qu'il a signée  pour demander de surseoir à l'exécution du militant algérien Fernand Yveton condamné à mort sans que l'on sache jusqu'à aujourd'hui s'il a mené cette seule action uniquement pour ne pas se dédire de son engagement public contre la peine de mort....(des voix se sont fait entendre)  face à la levée d'une équivoque indique bien que cette dernière remplissait une fonction.

 Ajoutez à ce fait que cet intérêt croisé.... pour Camus est daté et il devient difficile d'exclure du champ de la réflexion la possibilité d'effets autres que la pure connaissance d'un homme né en Algérie, Prix Nobel de littérature, tenu un moment pour avoir porté une pensée philosophique avant que cette hypothèse ne se délite à l'épreuve du temps. Sur ces deux dernières années l'agitation médiatique autour de cet homme s'est élevé en rythme  et en surface.


Pourtant pas un seul universitaire, pas un seul spécialiste, n'oubliera à propos de Camus ses positions sur la colonisation pour ne pas dire ses positions coloniales. Il ne s'agit pas seulement de sa fameuse phrase «qu"entre la justice et sa mère » il choisirait sa mère extraite d'une déclaration où il dénonçait à sa façon les bombes du FLN. Personne ne sait si propre mère aurait accepté l'injustice mais tout le monde sait qu'il s'est placé volontairement dans une filiation d'occupation que sa recherche des origines qui clôturera son écriture ne suffit pas à légitimer.


De ses articles sur la Kabylie ne transparaît même pas une émotion face à une misère qu'il aurait pu observer à Belcourt même, le quartier de son enfance, s'il avait franchi les quelques mètres qui le séparait des bidonvilles d'El Aaquiba ou de la Cité Mahieddinne

Cette frénésie médiatique a connu son point culminant avec le colloque international  tenu à Tipaza avec toutes les connotations que cumule cet endroit symbole du colonialisme romain, symbole de la réussite d'un roi berbère latinisé, symbole d'une antériorité latine de l'occupation revendiquée par les politiques et les idéologues de la colonisation française mais aussi lieu par lequel s'ouvre L'étranger, et qui portera pour lui et toujours ce stigmate qu'il a dénié un nom, un simple nom, à cette ombre, l'«arabe » dont le meurtre donne le prétexte au roman.

Pourtant, aussitôt clos, le colloque de Tipaza est suivi d'un séminaire fermé à l'université de Bouzaréah. L'agitation tourne au forcing.

Comment expliquer que des journaux ... lui consacrent tant de pages, que des éditeurs lui consacrent tant d'efforts sans que l'on mesure avec les instruments actuels d'observation quel succès commercial en gros ou en détail ces livres ont rencontré, Auteur dont ...les universitaires sérieux,... ont relevé et souligné l'irréductible indifférence à la situation coloniale. POurtant d'autres poètes ou romanciers, à la même époque et sur la même terre, comme Emmanuel Roblès ou Jean Sénac ont pour le premier dénoncé notre condition ou rejoint le combat libérateur pour le second passant les rives qui nous séparaient ? suite demain

1 voir Ahmed Taleb el ibrahimi "lettres de prison"
Par zf - Publié dans : Algérie - Ecrire un commentaire
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