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Dimanche 19 février 2006 7 19 /02 /2006 10:49

On entend souvent parler de transition, parfois de modernité et enfin de tradition.  Ces trois mots sont liés à beaucoup d’autres mais celui qui leur est commun celui qui leur donne une finalité et que l’on oublie c’est celui de développement. Ou en est-on dans les analyses du développement qu'elles soient économiques ou sociologiques

 

 1ére constatation :  plus de cinq milliards d’être humains sur la planète vivent depuis le XIX éme siècle une situation de transition du sous développement vers le développement. Pour leur permettre de repérer le chemin à parcourir on a élaboré une critériologie du sous développement en fonction de schéma qui leur sont étrangers.

 2éme constatation : Le sous développement est un état de la société .

 3 éme constatation : Repérer statistiquement le sous-développement n’est pas expliquer ses mécanismes et ses processus puisque les pays s’appauvrissent. 

Une autre approche s’est érigée en science. C’est celle qui considère que la société traditionnelle est la figure inversée de la société moderne. L’homme soumis à la tradition et à la conformité ne peut être novateur et l’« esprit d’entreprise » ne peut apparaître. Si la société est inversée il faut donc « un changement social ».Celui-ci ne pouvant venir que de l’extérieur. Faire « bouger » la société en mettant en œuvre des processus liés à l’extérieur et rattraper les sociétés industrielles. Tous croient avec Rostow qu’il y a des étapes de la croissance économique. Le mode d’emploi de l’outil était simple. Les trois premiers étapes historiques sont :  tradition       transition         décollage (take off ) ; ensuite, le système devenu autodynamique évolue vers les phases de « maturité » et de « grande consommation ». Rien ne s’oppose à cette marche vers le progrès, car le monde est régi par les loi de la concurrence parfaite et il n’existe pas de phénomène de domination puisque la décolonisation a eu lieu. Le procès de développement est un phénomène répétitif et applicable partout. Mais ce qui est sous-jacent au décollage c’est le modèle de société des pays développés. Et il n’y a pas d’autres alternatives.  De tout cela il résulte une modernisation désarticulée inégale socialement et créant des fractures dans les sociétés et parfois des ruptures.. Il ne peut être mené en dehors des limites fixés par les structures dominantes mondialement de la société occidentales.

Si cette hypothèse est juste; elle signifierait que quelle que soit la voie de développement choisie ou imposée elle débouche sur une impasse, il nous faut sérieusement nous interroger sur la séquence nouvelle de la transition :   sous-développement   économie  de marché    modernité.

 Probléme: Comment donc poursuivre de façon harmonieuse un développement qui allie tradition et modernité et que la modernité n’accentue ni les ruptures ni ne consolide les fractures ? La phase des années 70 correspond à la troisième génération d’industrialisation dans le monde. Les deux premières étant celle du capitalisme et du socialisme soviétique. Ce qui peut signifier pour notre sujet : Chacun  peut traduire  la civilisation industrielle dans le langage de sa tradition et que l’important n’est pas dans les seuls indicateurs de croissance mais dans la diffusion  de la modernité par appropriation et non de façon subie.

 On peut comprendre alors que l’enjeu est dans l’exacerbation des contradictions entre modernité et tradition et que la transition à l’économie de marché dans un contexte de récession et de restructuration sans finalités sociales est porteuse de régression sociale et civile.

 5. En d’autres termes il nous faut reconnaître que le processus de transformation de notre société commencé avec la lutte d’indépendance, poursuivie avec les politiques de développement s’est ralenti puis arrêté en deux décennies. Le problème n’est pas seulement économique ou financier mais social. Car ce qui avait été engagé avec toutes les dérives que l’on sait était bien un processus de transition vers la modernité.Les facteurs de transformations ont été réunis dans l’accession aux techniques complexes, l’industrialisation, et corrélativement le progrès des cités et de la culture urbaine et enfin  la modernisation des espaces ruraux ; Le deuxième facteur  de transformations profondes fut l’organisation de la vie politique marquée par un combat pour une indépendance dans l’unité essentiel d’un peuple et l’intégrité territoriale imposant  au moins durant un temps, une suprématie du politique.

 Les particularismes, propices au maintien des traditions, ont du s’effacer devant les exigences de la construction nationale, et celle-ci assure le renforcement de la bureaucratie en même temps qu’elle provoque la formation d’une classe de gestionnaires. Ainsi saisit-on comment les forces du refus sont atteintes dans leurs assises, et dans leur action, à la suite de l’affaiblissement des gardiens du traditionalisme. Enfin, le troisième agent des changements doit être reconnu sous un aspect multiple : dans les conditions nouvelles de l’éducation, les formes nouvelles du savoir, la diffusion des mass media et la démocratie. En raison de leur convergence, ces dernières provoquent une véritable révolution par l’information. Ces facteurs de transformations évoluent paradoxalement entre deux limites : l’une appelée valeurs fondamentales qui fondent le lien social et lui donnent son sens l’autre est appelée tradition. La modernité, dans ces conditions, devient un facteur de luttes politiques directes ou indirectes dans la mesure où d’une part elle peut être une forme d’accession aux nouveaux centres de pouvoir mais aussi de le remettre en cause de l’intérieur.

 

La notion de traditionalisme dans les conditions politco sociales a été volontairement rendue ambiguë.  En vérité elle se veut comme continuité que la lutte de libération a interrompue, alors que la modernité est rupture. C’est un traditionalisme de légitimation  et par voie de conséquence de contestation de toute autre légitimité. Il n'opère pas nécessairement en contestation de rupture. Ces effets sur le processus de modernité et d’industrialisation sont d’autant plus efficace qu’il trouve des arguments dans les erreurs de l’industrialisation et des relais dans les contradictions entre les centres de décisions. .

 C’est ce qu’un sociologue qualifie de pseudo-traditionalisme  ; en ce cas, la tradition devient l’instrument de stratégies de sens contraires : elle permet de donner une signification immédiate aux réalités nouvelles ou d’exprimer une revendication en marquant une dissidence à l’égard des responsables modernistes qu’il faut convaincre ou écarter.

 L’économie de marché va-t-elle être une reprise du processus de transformation ? Sera-t-elle l’occasion d’un nouveau traditionalisme. Au-delà des problèmes de conjoncture, de dette, de développement humain se pose celui du contenu de la modernité véhiculée par l’économie de marché.

 La vitesse acquise par la civilisation post industrielle, les règles économiques qu’elle à imposées à la planète entière font que la modernité indispensable ne peut se faire que dans la dépendance ; c’est à dire que seront combattues par les règles de l’efficacité de la compétitivité et de la spécialisation et du libre échange toutes les tentatives d’appropriation des techniques et de développement d’infrastructures susceptibles d’enrichir la tradition et de créer non des dépendances mais des interdépendances.

 Seule l’importance du marché explique l’exception économique de quelques pays d’Asie et de certaines régions de Chine. La partie est inégale car, les moyens de la modernité ont un double aspect. Ils sont non reproductibles car le progrès technique les remplace rapidement et ils sont donc  importés, dans une large mesure, sous forme de capitaux, de biens d’équipement, de techniques, de modes de consommation, de modèles institutionnels. La différence qui sépare donc l’économie centralisée de l’économie de marché réside ainsi, principalement, non dans une autre forme d’acquisition des moyens de la modernité mais dans leur utilisation sociale. Les règles de l’économie de marché  du commerce internationale les contraintes de la globalisation ne semblent jouer ni en faveur de l’interdépendance,  par suite de la réduction des interventions sociales, ni en faveur de la diffusion de la modernité par la périphérie mais par transpiration contrôlée par le centre. Un formidable processus mondial de domination résultant en principe des lois du marché mais en vérité contrôlé par d’énormes puissances propriétaires exclusives du progrès scientifiques et technique est en cours. La capacité de changement, la possibilité d’échapper à la répétition, et en conséquence le «progrès », est une propriété de la seule civilisation occidentale et de certains pays au sein de cette civilisation. A la fin de ce siècle elle a éliminé l’alternative soviétique d’innovation grâce à la stérilité de sa nomenclatura.

 Elle obtient par la concurrence imparfaite d’un marché, par les troubles civils, par le manque de vision nationale claire des enjeux, le blocage  des forces internes qui pourraient opérer pleinement dans le cadre d’un environnement moins soumis aux dépendances extérieures ; Ce processus consacre l’idéologie de la supériorité après celle la suprématie et relègue au musée de l’histoire les infrastructures et les hommes. A la modernité acquise se substitue l’idéologie de la modernité subie.

 

 

 

 

Par z.fares - Publié dans : économie et politique - Ecrire un commentaire
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