En définitive, le nouveau modèle social semble axer vers un monde qui crée paradoxalement plus de richesses, une plus grande concentration de cette richesse et plus de pauvres dans tous les pays. Le chômage est devenu permanent selon ce système parce qu’il est «encouragé » par les dispositifs d’assurances. Le chômage est la conséquence de ces rigidités et de celle résultant du salaire minimum.
Les politiques sociales deviennent sélectives, soumises à condition de ressources, et limitées expressément aux populations fragilisées et dans l’incapacité de s’insérer. Les ressources de l’Etat doivent leur être consacrées.
Mais, il reste à évaluer les possibilités et l’efficacité d’un tel programme dans un pays en développement où la protection sociale était déjà faible. Les transferts de ressources ne font que fragiliser ceux qui en bénéficiaient sans satisfaire, en raison de leur nombre, ceux qui n’en bénéficiaient pas auparavant.
La conclusion principale de cette analyse est :
· Que le nouveau modèle économique résultant de la mondialisation, la globalisation et l’économie de marché est fondé sur le sous emploi en raison de sa formidable productivité.
· Qu’il est parvenu à faire admettre le chômage qui lui est inhérent comme une responsabilité individuelle et donc comme une conséquence d’une décision volontaire de ne pas travailler !
· Que la flexibilité des salaires et du travail est la condition essentielle de la compétitivité d’une économie définitivement ouverte.
· Que l’organisation du travail doit faire place à la différenciation accentuée des compétences et à leur remise en cause permanente pour les emplois qualifiés.
· Que les emplois non qualifiés et temporaires sont nécessaires à la tertiarisation.
· Que l’intervention de l’Etat pour encourager la demande n’est plus nécessaire pour soutenir l’offre.
· Que cette intervention soit, en revanche, reconvertie vers les actions de subventions ou de sauvetage d’institutions financières ou de production mises en faillite par leurs investissements de portefeuille spéculatifs.
Il en résulte, pour le monde du travail, l’hétérogénéité et l’atomisation des collectifs par différenciation des contrats de travail, oppositions d’intérêts individuels et collectifs et enfin affaiblissement du pouvoir de négociation collective par l’émiettement du mouvement syndical otage, par ailleurs, d’un chômage et d’une pauvreté grandissants et dorénavant structurels.
Entériner les nouvelles politiques sociales sans «inventaire », c’est admettre qu’il n’y a qu’un seul modèle d’économie de marché et de mondialisation.
Les révisions des politiques sociales doivent être appréciées en fonction de la pertinence de leurs effets sur la rentabilité et la compétitivité d’une part et du rééquilibrage des dépenses publiques vers l’investissement privé et les opérations de subventions ou de remises à flot d’autre part.
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