communauté : Economie et développement
Mercredi 27 février 2008

Selon les théories de l’économie libérale de marché, si la rentabilité s’est détériorée entraînant une récession, c’est en raison des rigidités sur les marchés du travail, des biens et services  et des capitaux. Toujours, et partout, selon cette théorie, les deux causes essentielles de rigidité et d’obstacle à une meilleure compétitivité sont l’Etat et le travail.

 

De 1945 à 1980, une nouvelle théorie était venue donner à l’Etat le rôle de correction des déséquilibres que le marché n’arrivait plus à maîtriser. Si l’on voulait relancer la croissance, dans un contexte de sous emploi, il fallait relancer la demande globale qui est à même d’améliorer la rentabilité de l’offre de produits et des investissements. Il revient alors à l’Etat par le déficit de son budget de stimuler la demande. Les programmes gouvernementaux, les transferts sociaux, les budgets économiques de l’Etat, la protection sociale, de hauts salaires sont autant d’éléments d’encouragement de la demande et ont fondé l’Etat providence. Mais, au fur et à mesure que les économies approchaient du plein emploi se sont posés deux problèmes, celui de la baisse des taux de profits en raison de l’accumulation de capitaux de plus en plus important pour améliorer faiblement la productivité du travail par rapport à son coût d’une part, et celui de l’inflation et de ses conséquences sur la balance des paiements, d’autre part.

 

Ces deux facteurs ont abouti à la fin des années soixante, c’est à dire au moment même où l’Algérie  entamait ses programmes de développement, à une crise caractérisée par un sous emploi et un chômage dans l’inflation ; la stagflation. Le  système ne répondait plus à ses logiques initiales. La première réponse fut celle de l’investissement par l’endettement. 

 

 Au vrai, ce qui se passait était l’essoufflement d’un modèle de croissance tiré par de formidables gains de productivité dans l’agriculture et l’industrie et stimulés par le déficit budgétaire de l’Etat et l’inflation. Le plein emploi, impliquait un volume de plus en plus important de capitaux et devenait un handicap économique et social et un frein à la restructuration. Aussi, la politique sociale devait servir dorénavant deux objectifs : faciliter les reconversions de ceux qui sont « employables », et accorder un minimum social à ceux qui ne le peuvent pas. Pour le reste, leur protection sociale dépend de systèmes d’assurances volontaires gérée selon les principes de rentabilité. La compétitivité sur le marché mondial et la liberté de circulation des capitaux et des investissements impliquent une protection sociale convergente. En un mot une « normalisation » vers le bas des politiques sociales.

 

L’informatique et les nouvelles technologies de communication, les biotechnologies sont devenues des moyens d’accroître la productivité dans les deux secteurs traditionnels mais sont, en même temps un nouveau secteur d’accumulation. Les calculs de rentabilité peuvent se faire en temps réels à travers le monde devenu un seul marché. Pour ce faire, il était nécessaire de garantir l’écoulement de produits mondiaux d’une production mondiale. Le retour à l’économie de marché libérée de rigidités est la condition nécessaire à la mondialisation.

 

Chaque crise économique cassant une théorie, celle de 1973 a vu réapparaître la théorie libérale qui triomphe avec les années 80, la faillite des pays en développement et l’uniformisation des politiques par l’appel au FMI. La chute du mur de Berlin consacre non seulement la fin de l’Etat communiste mai aussi celui de l’Etat providence dans les pays occidentaux.

 

 Le néo libéralisme estime que, l’intervention de l’Etat, celles des syndicats et les rentes de différents groupes économiques et sociaux faussent les règles de détermination des prix et des salaires et retardent les adaptations nécessaires à l’équilibre du marché et d’une économie qui doit répondre juste à temps à la demande du marché mondiale.

 

La réglementation du travail, notamment en matière de licenciement, le salaire minimum, les conventions collectives, l’élargissement de la protection sociale, ont alourdi les coûts salariaux et les charges sociales de l’entreprise tout en fixant un salaire au-dessus de son niveau d’équilibre. Le chômage s’est développé et ne joue plus alors son rôle de pression sur le niveau des salaires en raison des systèmes d’assurance chômage qui encouragent «le chômeur à le rester. »

Sachant que le produit national se compose des profits, de la masse des salaires, et des prélèvements publics, restaurer les marges de profit ne peut venir que de l’allégement du coût du travail et de ses charges ([1]).

 

Les règles de l’économie de marché ouverte à la concurrence internationale impliquent de revoir les interventions de l’Etat en harmonie, dans un premier temps, avec des pays  de niveau économique comparable, par convergence, puis, dans un deuxième temps par alignement sur un modèle unique


[1]  Le produit national se compose des profits, de la masse des salaires, et des prélèvements publics, soit y = p+ w+ t . Le profit p est égal à Y- (w+t)  soit p= y- (w+t). Si  le produit est déterminé par une fonction de production dans laquelle les gains marginaux de productivité sont faibles, restaurer les marges de profit ne peut venir que de l’allégement du coût du travail et de ses charges.

 

 

par zahir fares publié dans : Algérie ajouter un commentaire créer un trackback

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