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L’Algérie donne une image paradoxale d’un pays qui s’est donné  en principe les bases institutionnelles d’une économie de marché libéralisée, sans transformation de ses bases d’accumulation lui permettant d’envisager une croissance durable hors hydrocarbures. Ainsi  l’on notera qu’un marché financier intérieur a été créé, le cadre d’encouragement à l’investissement privé a été mis en place et amendé maintes fois, depuis 1993, en vue théoriquement de lever tous les obstacles à l’incitation à investir. L’Etat s’est fortement désengagé de l’économie en renonçant à tout investissement productif structurant et ou de relance économique depuis deux décennies, les régimes monétaires et du commerce extérieur ont été libéralisés. Mais la fiscalité et le système bancaire n’ont pas suivi jusqu’ici ce vaste mouvement.

 

La déréglementation, pour l’instant , a eu deux principaux effets ; les capitaux privés s’orientent vers les secteurs spéculatifs à haut rendement immédiat tel celui de l’importation soit directement soit par reconversion d’activités. Les capitaux étrangers s’orientent vers le secteur des hydrocarbures. Le système de production national étant confronté à un double phénomène celui de l’obsolescence en raison d’une concurrence déloyale ou d’une hyper-compétitivité remettant en cause une production socialement utile.

 

Que faut-il donc pour inciter à investir afin d’assurer une croissance et un développement durable ?

L’investisseur recherche plus que des garanties institutionnelles. Il veut  être à l’abri des pressions et tracasseries de son environnement des fluctuations au quotidien du bénéficiaire de son investissement. Cela nécessite « un climat » d’investissement financier stable et viable car l’investissement suppose un calcul de rentabilité et de rendement qui impliquent une stabilité.

 

Dans tous les  cas la clé est dans des institutions stables et transparentes et un Etat fort, responsable et compétent à même d’en garantir le respect par tous.

En second lieu si l’on souhaite une croissance économique durable qui ne soit pas simplement le contraire d’une économie fondée sur un développement autocentré il y a lieu de créer les conditions économiques pour un investissement orienté vers la demande nationale à des conditions compétitives avec le marché international.

 

Pour ce faire l’ensemble des opérateurs nationaux doivent avoir une appréhension exacte claire et solidaire de la dimension extérieure.

 

Les marges de manœuvres sont étroites d’autant que le système national de production publique a été mis en panne depuis prés de deux décennies de réformes et que le secteur privé de production par suite d’instabilité de l’environnement s’est converti vers des activités plus commerciales.

 

La dimension extérieure s’est aussi l’entrée dans la zone de libre échange avec l’Europe en 2010 et les obligations de l’OMC.  Les effets de ces deux accords tiennent au poids de la compétition européenne sur le maigre tissu industriel national restant, qu’il soit privé ou public.

 

La gestion ou la bonne gouvernance de cette dimension consistera à retirer un bénéfice touchant l’ensemble du pays et non  seulement des  îlots locaux ou sectoriels.

 

Tag(s) : #économie et politique

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