Depuis les années quatre vingt, le développement des forces productives craque dans un habit de plus en plus étroit.
Les forces productives
régressent dans une économie ou l’industrie n’investit plus depuis vingt ans. Le savoir et la technologie qu’elle représentait se sont évaporés, les travailleurs ont perdu leur qualification par
le chômage de longue durée et les jeunes n’ont pas d’emplois pour mettre en pratique leur qualification.
Les fonctionnaires sont devenus pour l’Etat un emblème commémoratif.
Pour le politique l’Etat n’est pas un espoir collectif mais un remords bureaucratique, plus une mission historique mais un problème social, parmi d’autres(chômage, dette publique)
Le constat est apparemment clair et contradictoire un pays jeune et un Etat tétanisée par la crise et qui recherche des formes d’organisation qui sauvegarde à la fois la souveraineté et la cohésion sociale dans une économie mondiale elle-même en transition.
Je voudrais vous communiquer quelques réflexions que j’ai tirées d’une étude intitulée l’Utopistique ou les choix politiques du XXIéme siècle, d’un chercheur associé à l’université de Yale aux USA et qui s’est intéressé à ce qu’on appelait au siècle passé le tiers monde.
Quels sont donc les facteurs essentiels de ces transformations et qui étaient déjà en œuvre lors de la mise en place de l’Etat-nation. Ces facteurs sont à la foi économique et politique.
La réalisation physique et la mise en production de ces monopoles ont
commencé au moment ou débutait la récession mondiale qui dure depuis 25 ans. Cette crise structurelle de l’économie mondiale s’est caractérisé par la délocalisation et le développement de
l’endettement.
Les coûts de production le poids de la dette et la chute des prix des hydrocarbures ont remis en cause les schémas de développement fondé sur les monopoles publics.
L’Algérie en tant que pays de la périphérie du système mondial capitaliste a subi le contre coup de la phase descendante du cycle économique caractérisé à travers le monde par le chômage les restructurations et la régression des monopoles publics.
Mais la phase descendante ne signifie pas que la reprise s’effectuera nécessairement par une accumulation privée de capitaux.
3. La reprise d’un nouveau cycle est fondé sur de nouveaux monopoles favorisés par la grande spéculation de capitaux à l’échelle planétaire. la mondialisation
est un fait établi et connu ce qui est inconnu c’est la direction que peut prendre le cycle nouveau, compte tenu de trois tendances lourdes qui se manifestent déjà et qui freinent
l’investissement et l’accumulation que suppose la libéralisation et la mondialisation.
-- La première tient au fait que l’accumulation dépend du niveau des salaires. Or, les délocalisations ne sont plus avantageuses. Le capitalisme est victime de son propre succès et par la concurrence tend à uniformiser les salaires et les conditions de travail de la main d’œuvre. Même si des différences notables existent et existeront encore la pression sociale exercera ses effets sur les profits. il en résulte une volatilité des investissements étrangers.
--- La seconde tendance est celle qui tient au coût externe des investissements en particulier ceux liés à la pollution. Il n’existe pas plusieurs alternatives. Ces coûts doivent être supportés par l’entreprise ou par la collectivité. Si c'est la collectivité cela implique des ressources fiscales. Si c’est l’entreprise cela diminue son taux de profit.
-- La troisième
contrainte est celle de la fiscalité. Celle ci doit être telle qu’elle favorise l’accumulation. Quel que soit l’effort pour diminuer la pression fiscale en faveur de l’investissement privé et de
l’accumulation le processus de démocratisation conduit à une pression de plus en plus forte en faveur des services sociaux d’éducation de santé et protection contre les risques économiques et
sociaux . Plus l’accumulation se développe plus l’exigence de protection sociale s’accroît sauf à accepter l’exploitation outrageante de la main d’œuvre nationale.
Ces trois tendances lourdes qui sont une conséquence logique de ce que l’on appelle la baisse tendancielle du taux de profit que la mondialisation est supposée relever, interpelle l’Etat dans sa nature et ses formes. Nous savons que le libéralisme et les ajustements structurels ont « délégitimer » l’Etat providence ou socialiste. Face à ces trois tendances lourdes, l’Etat se prive d’un moyen efficace de constitution de monopole source de profit, comme il se prive d’une politique sociale qui lui assure la paix sociale et non la répression sociale. Enfin, ces trois facteurs tendent à faire douter des capacités d’accumulation futures en dehors d’un capitalisme monopoliste d’état.
Les conclusions d’une telle analyse sont déroutantes. Il n’y a pas qu’une seule alternative. Toutes les possibilités d’évolutions sont ouvertes. Nul ne peut dire vers quoi s’achemine l’économe monde au cours de cette nouvelle phase du cycle de kondratief. Nous sommes une économie en transition dans un monde qui ne sait pas où il va et c’est cette transition qui commande nos transitions internes. ! !
C’est à la lumière de ces analyses nèo libérales que l’on conclue, par un raccourci foudroyant, que les échecs de l’Etat ont conduit à l’échec de l’Etat en général déformant ainsi le débat sur la nature et les formes de l’Etat. La crise de l’Etat réside moins dans l’érosion de ses pouvoirs- problème technique- que dans son incapacité à résister et à anticiper les évolutions futures ayant un impact sur la cohésion sociale et nationale et sur la place de la nation dans un système monde.
Si les tendances lourdes se confirment les choix à effectuer reviennent alors à décider entre deux options principales :
La première part du postulat que l’état a fait ses preuves d’incompétence à transformer la société et à assurer l’ordre social. En définitive cela conduit à l’acceptation d’un ordre économique international dans lequel les riches des pays riches s’enrichissent avec les riches des pays pauvres dans un monde ou la démocratie selon un modèle imposée, est, au vrai, l’alibi pour la consolidation de ces inégalités ; un monde réservé à ceux qui ont eu la chance d’y être né. Un monde dans lequel les pauvres et les chômeurs ne sont que des personnes qui refusent les salaires du marché Un monde dans lequel l’Etat est le défenseur des inégalités dites du mérite et des compétences
Un monde dans lequel l’intervention de l’Etat doit basculer vers la constitution de quasi-monopoles seules sources de profit susceptible d’attirer l’investissement étranger.
Liberté, marché, modernité sont le devises essentielles de cette mouvance
La seconde option est celle qui part du postulat que les échecs de l’état
ne condamnent pas l’Etat en tant que tel. Que ces échecs sont internes, mais que les causes externes ont été trop souvent minimisées sous prétexte de ne pas cautionner les régimes en place. La
chute de ces régimes la démocratisation l’effacement si ce n’est dans certains pays la quasi-disparition de toute souveraineté n'ont pas rendu la mondialisation plus égalitaire. Dans ces
conditions la nature et les formes de l’Etat doivent s’inscrire dans la juste appréciation des possibilités d’accumulation capitaliste sur les 25 ans à venir ainsi que d’une juste évaluation du
développement humain qui peut en résulter. L’ETAT est au centre de ces deux facteurs.
Avec la première alternative l’Etat devient le conservateur d’un ordre social extérieur. Avec la seconde il peut se donner les moyens d’être un partenaire non négligeable d’une économie monde
moins inégalitaire qui ne lâche pas la proie pour l’ombre.
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