Communauté : Economie et développement
Mardi 4 décembre 2007

La mondialisation a un double effet contradictoire : elle bouleverse les équilibres intérieurs et extérieurs accroissant la richesse mondiale, en accentuant les écarts et les inégalités. La mondialisation et l’économie de marché sont-elles condamnées à s’opposer éternellement à la politique sociale ou sont –elles en voie de trouver une solution au conflit qui a toujours caractérisé l’économique et le social ?

 

« La politique sociale » qui semble se généraliser est elle aussi soumise aux critères de rentabilité de compétitivité et de flexibilité. De telles exigences impliquent l’adoption du critère de sélectivité à savoir : sont éligibles à la politique sociale les personnes qui ne peuvent être réadaptées ou employables. Le reste de la population doit pouvoir bénéficier d’une protection minimale qui ne remette en cause ni la compétitivité des entreprises, ni la  flexibilité du travail et des salaires. Toute amélioration sociale ne peut être que volontaire et individuelle. Les consommations collectives sont soumises aux règles de l’économie marchande. L’intervention sociale de l’Etat doit veiller à développer des actions en vue principalement de permettre l’employabilité. La mise en œuvre de ce type de politique, résulte soit de la réduction des dépenses sociales, soit de la privatisation des prestations ou enfin des deux à la fois.

 

En un mot, la politique sociale, dans ce contexte, doit viser à la solidarité nationale avec les personnes fragilisées par l’économie de marché. La protection sociale des classes moyennes et son amélioration relèvent de financement mixte ou privé. Ce n’est pas « l’individu médian » qui détermine les choix de politique sociale, mais « l’individu le plus pauvre » posant ainsi le problème du seuil au delà duquel la solidarité et la protection sociale serait inefficace et contraire à la rentabilité et à la compétitivité.

 

L’autre politique serait celle qui, tout en développant des actions permettant la lutte contre la pauvreté, poursuit de façon plus efficace celles d’insertion et de protection universelle imposées par l’exigence de compétitivité et de cohésion sociale. Cette politique est aussi celle qui rend possible la flexibilité en aménageant les conditions sociales nécessaires à son exercice par les individus.

 

 

La hantise de la compétitivité  fait admettre tout ce qui remet en cause, en définitive, le développement humain. Que l’on recherche plus d’efficacité dans les politiques sociales est indispensable et urgent, mais que les politiques sociales s’alignent sur un modèle dominant implique des conséquences et des conditions dont la moindre n’est pas la croissance.

En uniformisant les politiques sociales, l’économie de marché fait de la croissance le résultat d’actions individuelles, et par voie de conséquence, tend à réduire leur pouvoir collectif d’interagir sur les décisions à l’intérieur ou à l’extérieur de chaque société. Le droit à la spécificité dans la solidarité sociale est ébranlé par l’économie de marché et l’uniformisation.

 

C’est devenu un lieu commun, au nom de l’efficacité et de la compétitivité, de remettre en cause ce droit. En vérité les arguments qu’on oppose à ceux qui revendiquent timidement les exigences de spécificité et de finalité sociale sont fondés sur des lieux communs.

 

Par zahir Fares - Publié dans : économie et politique - Ecrire un commentaire
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