Communauté : Economie et développement
Samedi 24 novembre 2007
_Premierniveau d'analyse

Le tableau des transformations dans un monde soumis à ce que certains appellent une « féodalisation » rénovée et que l’on tente de contrer par des espaces régionaux illusoires en raison d’une mondialisation sous contrôle, relativise les approches d’auto-flagellation des réformes administratives et économiques nationales.

A certains moments et dans des conditions historiques particulières l’Etat peut apparaître comme une force autonome au dessus des classes sociales et capable d’arbitrer les conflits.  Dans ces moments l’Etat s’efforce de maintenir « un compromis social » égal ou bien joue alternativement une classe contre une autre.

Par ailleurs l’Etat est amené à assurer des fonctions économiques de plus en plus importantes qui modifie les rapports sociaux. Depuis la seconde guerre mondiale ces fonctions ont revêtu différentes formes

ü      L’Etat intervient pour réglementer l’économie,

ü      Il peut aider ou aide à l’accumulation des capitaux et à l’orientation des investissements,

ü      Par ses dépenses il devient le premier marché national

ü      Sous la forme d’impôts et d’utilisation de ressources collectives il concentre la part la plus importante du revenu national et modifie sa répartition

ü      Il participe à la création d’espaces économiques supra nationaux.

ü      Il développe un secteur d’état nationalisé

 

En bref, l’Etat par ses interventions porte atteinte au droit de propriété et à l’allocation des ressources selon les règles du marché. L’ensemble de ces facteurs ont modifié pendant trois décennies la nature de l’Etat qui s’est transmuté en Etat providence. Ce mouvement avait un caractère ambivalent dans la mesure où il encourageait la concentration privée des capitaux et en même temps développait la propriété d’Etat par les nationalisations.

La crise économique mondiale des années 70 a entraîné la remise en cause des formes de l’Etat, tout au moins, pour celles qui contredisaient sa nature originelle. Cette remise en cause s’est effectuée de façons différentes selon le degré de développement économique et social mais elle a consisté partout en un basculement social au profit des formes d’accumulation privée.

L’étude de l’Etat en Algérie doit examiner l’évolution de sa nature et de ses formes compte tenu de ces problématiques en particulier en raison de la transition vers une nouvelle formation économique et social

Ainsi que le note M. le professeur Benachenhou à propos de l’ajustement structurel « L’ajustement est un vaste processus de redistribution de la propriété, de la décision économique, des bénéfices d’accès aux services publics, de lutte contre l’inflation et de gestion à court et à moyen terme du chômage. Le réduire à des mesures juridiques et techniques, c’est le couper du corps social, qui est appelé, littéralement, à le digérer. »

Ce mouvement qui entraîne des modifications dans la nature de l’Etat est accompagné d’un phénomène technologique qui agit à la fois sur la nature et les formes de l’Etat.

Les fonctions essentielles de l’Etat ont subi et continueront à subir des poussées « géologiques » d’émiettement dont les causes ne sont pas uniquement d’ordre budgétaire, bureaucratique ou d’excès de centralisation.

Il y a dorénavant une sociologie politique du modèle de l’Etat du XXI siècle déterminée par la révolution des techniques de communication organisées en réseaux  grâce à  l’informatique.

Les effets sur les Etats se sont traduits de façon systématique et uniforme et n’épargne pas l’Algérie, ce qui relativise les analyses de la dilution exclusivement interne de l’ Etat.

La mondialisation et les nouvelles techniques de communication et d’information jouent à la fois dans le sens de l’émiettement de l’Etat, et de sa recomposition. Pour les pays en développement, la recomposition est problématique ; en revanche, pour les états des pays riches, grâce à la maîtrise des nouvelles technologies, la recomposition du rôle de l’Etat, dans un contexte de mondialisation où la notion d’espace national s’estompe,  s’est effectuée en fonction de marchés à conserver ou à conquérir.

La gestion de l’espace national au XXIème siècle et le rôle de l’Etat feront donc appel à un complexe de facteurs nouveaux que sont les marchés financiers, les multinationales, l’OMC, les ONG et les nouveaux outils de communication. Le virtuel est un nouvel espace  et  transmute les outils traditionnels de commandement, de contrôle, de communication et d’intelligence des espaces nationaux : émiettement des Etats et travail émietté en sont la conséquence.

Le tableau de ces transformations dans un monde soumis à ce que certains appellent une « féodalisation » rénovée et que l’on tente de contrer par des espaces régionaux illusoires en raison d’une mondialisation sous contrôle, relativise les approches d’auto-flagellation des réformes administratives et économiques nationales.

Mais ces mêmes transformations universelles une fois débarrassées de leur caractère pseudo scientifique et replacées dans leur contexte idéologique de  nouvelle féodalisation du monde, tracent les axes de l’effort à accomplir pour faire naître le sens de l’Etat. Faire naître et non consolider, car à quoi peut servir de consolider l’émiettement si ce n’est à l’émergence de bastions ou de réduits se prétendant être chacun, à lui  seul, la raison d’Etat.

De même qu’il devient problématique d’avoir une fonction publique non partisane lorsque les finalités politiques culturelles sociales et économiques de l’Etat n’ont pas été clairement exprimées. La raison d’Etat et le réalisme deviennent alors l’alibi de la domination d’une idéologie. Le politiquement correct succédant alors au parti unique.

Faire naître le sens de l’Etat et engager des réformes concerne les hommes et les femmes qui le servent mais aussi les citoyens. Les réformes de l’Etat impliquent préalablement une juste appréciation des effets des nouvelles techniques de communication et d’information. Ces effets se traduisent partout par des comportements d’émiettement.

La nature de l’Etat étant elle-même déterminée par les rapports sociaux au sein de la société et de ceux ci avec l’extérieur, peut donner lieu à des interprétations variables de cette même nature.

Le deuxième niveau d’analyse est celui des formes prises par l’état pour consolider sa nature essentielle.

 

Le troisième niveau étant celui des missions et des structures. C’est donc à ces trois niveaux d’analyses que l’on peut apprécier le concept d’agents de l’Etat. Ce sont eux qui déterminent tant leur place, leu rôle, que l’évolution de leur statut et  leur importance numérique. Ces  quatre principaux facteurs créent à leur tour les problèmes de rapport de l’état avec ses agents et ceux de leur gestion. Les agents de l’Etat sont la manifestation réelle d’un Etat au prés des citoyens.

Par Fares - Publié dans : reflexions - Ecrire un commentaire
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