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I Chomâge et économie de marché


Les dispositifs comportent des actions d’aide aux chômeurs et des actions préventives.

Dans le premier cas la politique est dite passive ; on attend que la croissance revienne et on s’efforce de gérer les excédents de main d’œuvre en veillant à ce que ces mesures ne découragent pas l’emploi (certains pensent que ces indemnités renforcent le chômage, autrement dit un chômeur l'est, parcequ'il est encouragé par une allocation à le demeurer ! )

 

Dans le second cas la politique est dite active car elle intervient sur les conditions de l’équilibre entre l’offre et la demande en organisant un marché du travail et des services de placement et agit sur le niveau de l’emploi tel qu’il résulte des variables macro économiques

 

Mais il n’y a de politique de l’emploi que si elle est intégrée dans une politique économique globale de croissance et de développement.

 

En économie de marché l’objectif est un niveau de l’emploi qui ne compromet pas les autres équilibres ; donc un emploi compatible avec la stabilité des prix ou, encore, un emploi qui n’accélère pas le taux d’inflation. (NAIRU)


REMARQUES

a) Indubitablement, cette approche réduit l’inflation à une cause unique ; les salaires!

b) En second lieu elle suppose que les salaires sont commandés par le niveau de chômage uniquement

c) En troisième lieu elle suppose l’existence d’un marché unique alors qu’il y a plusieurs marchés compartimentés obéissant à des règles particulières de salaires

 

En vérité, le chômage et l’inflation peuvent parfaitement coexister: C’est la stagflation ou encore un « moteur qui chauffe à l’arrêt. » et cette situation a caractérisé les économies tout au long des décennies 70/80

 

d) Le chômage véritable armée de réserve est nécessaire selon la  « loi » de l’offre et de la demande et la politique gouvernementale consiste à le ramener au niveau le plus bas possible, c'est-à-dire qu’en aucune façon la politique ne doit rechercher le plein emploi qui est  la cause de l’accélération de l’inflation

 

Il n’y a plus d’équilibre de plein emploi ;selon cette théorie néo-classique on doit essentiellement viser l’employabilité ou encore un meilleur emploi par une flexibilité soit en faveur de la  production(formation mobilité CDI licenciement) soit en faveur des travailleurs(durée du travail, conditions de travail, relations professionnelles).

 

Le chômage est non seulement un facteur pesant sur la détermination des salaires mais il a créé la notion d’exclusion puis celle d’employabilité.

L’emploi est-il un impératif social ou une préoccupation parmi d’autres ? Des réponses apportées par la politique économique dépendent à la fois l’organisation du marché du travail et le rôle de la protection sociale


II L'expérience des pays développés.
 

Les pays de l’OCDE ont eu recours selon des caractéristiques variables à des politiques plus ou moins actives en matière de lutte contre le chômage

 

Le cas extrême est suédois. Depuis 1932, les mesures ne sont pas des expédients mais des éléments permanents d’une politique économique qui vise à obtenir un taux d’expansion assez élevé pour absorber la totalité de la main d’œuvre sans stimulant inflationniste ou sans protéger des secteurs à faible productivité.

Le dispositif comporte des facteurs institutionnels cohérents avec la mission d’un service public de l’emploi :

 

C’est un service public de l’emploi tripartite ; exerçant un contrôle sur des agences privées,

Gérant l’orientation et la réadaptation professionnelle

Planifiant des projets exécuter par d’autres services ; gérant le système de réserves pour investissement des sociétés privées,

Délivrant les permis de construire : les prêts et subvention,

Gérant les mesures assurant la mobilité de la main d’œuvre ;

Contrôlant les caisses de chômage ;

Planifiant la main d’œuvre dans le système de défense nationale

 

 Les chiffres ne sont donnés ici qu'à titre indicatif d'efforts consentis. L'Algérie figure ici dans le même esprit.

 

                               Allemagne            Grande-                     France                   Suède                Algérie

                                                                       Bretagne                      

 

- Population  (millions)                            81, 8                      58, 7                      58, 2                           8, 8                    30, 1

- PIB (milliards FF)                                12 300                     7 900                     10 500                      1 050                      300

- PIB / Habitant  (FF)                          150 400                  135 600                  118 000                  120 700                  10 000

- Population active  (millions)                39, 1                      28, 5                      25, 3                           4, 4                       8, 5

- Population en chômage (millions)                        3, 4                        2, 3                        3, 1                           0, 4                       2, 5

- Taux de chômage (%)                             8, 8                         8, 2                      12, 4                           9, 5                          29

- Effectifs œuvrant dans le SPE          36 300                    27 500                    18 900                       8 800                   2 400

- Budget du SPE (millions FF)             12 300                      7 900                      7 300                       4 900                      150

- Nombre d’agences locales SPE             832                      1 030                         750                          500                      286

 

Source Rapport

Note : Les données portent pour les 4 pays européens sur l’année 1997et, pour l’Algérie, sur l’année 1999 qui enregistre une mobilisation maximale des ressources en faveur du dispositif de l’emploi.  Non compris les exonérations de charges sociales

 

Toute comparaison entre un pays en développement et des pays développés est certes peu objective mais il peut être intéressant d’observer par pays les ratios suivants : 

 

 

                                                               RFA       GB          France    Suède     Algérie

 

Population / Agent SPE                    2 250       2 130       3 080         1 000     12 700

Population active / Agent SPE         1 080       1 040       1 340         5 000       3 500

Chômeurs / Agent SPE                          94             84          164              45          960    

 

Budget SPE / PIB (%)                           0,10       0, 10       0, 07          0, 49        0, 05

Budget SPE / Chômeur  (FF)             3 557       3 382       2 336       11 698            60    

 

Population / Agence locale *              983          567          776            176       1 052

Chômeurs / Agence locale                4 100       2 200       4 100         2 000       8 900

Sources id

(*) En milliers

 

La Suède malgré les années glorieuses consacre la part la plus élevé au SPE de tous les pays de l’OCDE soit 0,49% de son PIB

La présentation budgétaire soumise au parlement comprenait

-         Dépenses de l’état consacrées à des mesures de création d’emplois

-         Education des adultes

-         Actions en faveur des handicapés

-         Participation de l’Etat ç l’assurance chômage

-         Administration de l’emploi


La politique suédoise est inspirée par le droit à l’emploi imposé par l’ouverture des échanges entraînant une réallocation permanente des ressources entre branches. Cela exige une mobilité à la fois professionnelle et géographique et la préservation et l’amélioration des compétences professionnelles si l’on veut conquérir ou conserver des marchés. Dans l’intervalle de la restructuration de la compétitivité il faut offrir des solutions d’attentes socialement utiles.


III Leçons
 

1. Cette position admet que l’on peut créer des emplois dans des secteurs non marchands et non soumis à la concurrence.

2. Pour l’OCDE un emploi «sain » ne peut être que la conséquence d’une demande marchande. En offrant des emplois non marchands on soustrait une offre aux entreprises et on créé une pression sur les salaires le chômeurs ne s’embauchera qu’à un niveau de salaire supérieur à son indemnité et pour un temps de travail qui ne réduit pas son temps de loisir

 

3. Les dispositifs doivent donc être conçus de façon non à activer l’emploi non marchand mais à stimuler et contrôler les chômeurs dans leur volonté d’accepter les emplois offerts

 

4. Les politiques actives ainsi conçues comportent en général trois formes

4.1 Régulation du marché du travail  recherche de l’équilibre

4.2. Formation professionnelle ou camouflage du chômage, employabilité ; inégalités face à l’emploi

4.3 Subventions pour encourager le maintien ou la création d’emploi améliorant la rentabilité

 

Tag(s) : #Algérie

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