Depuis près de cinq ans, avec la chute du mur de Berlin, l'on assiste à un important mouvement de transformation des systèmes politiques dans le monde. L'on semble s'acheminer vers des organisations politiques dont, le moins que l'on puisse dire, est qu'elles se veulent, globalement, inspirées des démocraties occidentales. Et pourtant, celles-ci, sous la pression de la crise économique, et de l'effondrement du poids international des pays communistes, semblent, elles-mêmes, à la recherche de nouveaux modes d'expression des divers intérêts qui les composent. En cette fin de siècle, si les conflits disparaissent, la crise, par contre, est partout. Si les formes différent, l'intensité est la même.
L'Algérie, dans son ensemble, n'échappe pas à cette évolution. L'important est de savoir si tout cela débouchera sur plus de libertés ! Mais il est d'autant plus vrai, ici, que ce cheminement rencontre quelques obstacles, qui, comme il a été dit, sont, parfois, liés au refus du changement et de la modernité de la part des populations et des dirigeants.
L'image mythique des peuples spontanément révolutionnaires et progressistes, a fini par intoxiquer la classe politique en Algérie. Le réveil est brutal. Mais, en vérité, ces obstacles lui sont‑ils spécifiques ? La réponse ne peut être totalement affirmative.
Car, en effet, le mouvement touche l'ensemble de la planète ; avec, bien entendu, des caractéristiques propres à chaque région. Intégrisme ici, guerres tribales ailleurs, marginalisation des jeunes, développement de groupes mafieux … Partout le « cercle de la peur » [i]
Autant de manifestations, violentes ou non, qui sont liée à une véritable redistribution des centres de pouvoir dans le monde et à la disparition des logiques qui les animaient. La lutte est/ouest (tout au moins dans sa forme de confrontation militaire) a fait son temps, laissant apparaître, comme l’océan à marée basse, un relief oublié. La nature et l’histoire des peuples reprennent, simultanément, leurs poids dans le monde actuel. Chacun semble reprendre à son compte la réponse de François 1er à Charles Quint : « Le Soleil luit pour moi comme pour les autres. Je désirerais fort voir le testament d’Adam qui m’exclut du partage ».[ii]
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