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Communauté : Economie
Lundi 17 septembre 2007 1 17 /09 /2007 13:16

Tout au long de la dernière décennie, une « politique implicite de l’emploi » s’est structurée progressivement autour des axes suivants :

 

-        Une nouvelle législation du travail consacrant la gestion concurrentielle de la main d’œuvre, la flexibilité et la mobilité du travail,

-        Des subventions à la création d’activités,

-        Des programmes d’emplois temporaires, y compris dans des formes en marge du salariat,

-        Une volonté affichée de développer un segment formation – reconversion,

-        Des dispositifs d’assurance chômage, de retraite anticipée et de départ volontaire indemnisé.

 

Confrontés à certains indicateurs significatifs et déterminants de la réalité du marché du travail, les programmes et dispositifs développés jusque là laissent apparaître leurs limites et semblent même insuffisants à fournir des réponses adéquates au problème posé.


Le poids du salariat, qui constitue la base principale de production de richesses, est en forte et constante régression (58,70% en 1990 et 47% en 2000), dans le même temps qu’aussi bien les mesures prises que le discours qui les accompagne, semblent privilégier le développement de l’auto emploi et d’activités en marge du salariat.

 

Les mesures alternatives au licenciement, préconisées par le droit du travail, ont été globalement ignorées par les entreprises où la recherche de la flexibilité a été réduite le plus souvent à la compression des effectifs, dans un contexte marqué par de lourdes incertitudes sur leur propre devenir.

 

Les mesures de l’assurance chômage et de la retraite anticipée, n’ont pas pour autant résolu les problèmes de restructuration des entreprises publiques. Ces dernières, malgré l’importance des effectifs externalisés, reconduisent encore leurs déficits et déséquilibres structurels. Le faible niveau de la structure des emplois existants rend en outre aléatoire toute anticipation sérieuse sur la mobilité des qualifications entre entreprises et entre secteurs.

 

A ces difficultés, il faut ajouter les autres rigidités du système de l’emploi, où prédominent les multiples contraintes à la mobilité liées au logement, au transport, ou encore les retards que comptabilise la mise sur pied d’une administration de l’emploi moderne et performante, lorsque l’on sait les difficultés structurelles que connaît le service public de l’emploi.

 

 

Face à une telle situation, l’interrogation est grande quant à l’efficacité des moyens importants destinés à  promouvoir des emplois de proximité et d’attente, quand les prestations et services de masse attendent des programmes à leur mesure.
De même que se pose le problème de la pertinence du discours tourné quasi exclusivement vers l’encouragement de la micro entreprise, alors que déjà les entreprises de moins de dix (10) salariés constituent la majorité des entreprises privées existantes.

 

C'est dire la nécessité d’une évaluation objective des résultats de 10 années de mises en œuvre de mesures et dispositifs en faveur de l’emploi. Cette évaluation est d'autant plus nécessaire que ce type de mesures est caractérisé par un cycle de vie réduit.

 

En l’absence d’autre alternative sur le court terme (IDE et investissements privés significatifs), une réflexion davantage orientée   sur les possibilités de restaurer l’offre d’emploi, que seul un réengagement des pouvoirs publics semble pouvoir impulser aujourd’hui est nécessaire, C’est d’ailleurs cette option qui est implicitement sous-jacente au programme de soutien à la relance de la croissance adopté par le Gouvernement en 2001 et celui de soutien à la croissance adopté en 2006.

 

La conséquence est qu’il revient aux pouvoirs publics d’agir de manière plus activement pour favoriser l’émergence d’un véritable marché du travail et de tous les instruments qui permettent sa régulation.

 

En outre au moment où l’Algérie a signé l’Accord d’Association avec l’Union Européenne et s’apprête à intégrer l’OMC, il est important de s’interroger sur le degré d’adaptation des normes et mécanismes mis en place dans les domaines de l’emploi et des relations de travail à la nouvelle conjoncture économique, comme il convient d’examiner leur faculté d’adaptation aux contraintes générées par le nouveau contexte économique et social caractérisé notamment par une mobilité internationale accrue du capital .

 

Il s’agit de façon impérative de connaître les facteurs d’évolution déterminants de notre économie et d’en anticiper les effets sur l’emploi si l’on veut agir sur le chômage et non le subir.

Par zahir Fares - Publié dans : économie et politique - Ecrire un commentaire
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