L’enjeu, à présent est d’assurer le passage à une société socialement plus différenciée où les choix sociaux deviennent plus complexes. Aussi les enseignements à tirer des épreuves qui se sont succédées depuis 1989 sont ceux qui concernent un besoin d’une forme d’expression que les mécanismes actuels ne prennent pas suffisamment en compte.
L’expression citoyenne de la volonté générale ne saurait se limiter aux seuls partis politiques. L’exercice de la citoyenneté ne se limite pas à la démocratie représentative. Il est aussi dans une multitude d ‘associations, de regroupements d’affinités, de régions, d’actions culturelles dont le but n’est pas la prise d’un pouvoir mais la contribution aux solutions des problèmes qui ont fait naître ces regroupements. En l’absence d’un tel « tissu » la revendication sociale participative a été capturée dans les filets des logiques partisanes clientélistes. Le monopole d’expression donné aux partis politique nourrit les causes d’instabilité et d’exaspération des conflits. La gestion communale en fut l’illustration malheureuse. Demain on rasera gratis !
Ces « maladies infantiles » de la démocratie montrent que paradoxalement, il s’agit moins d’un rétablissement de la confiance envers l’Etat en tant qu’expression du Tout mais dans la crédibilité et la transparence des rapports que le citoyen veut établir avec l’administration.
Les agents de l’Etat à quelque niveau de responsabilité qu’ils soient doivent apprendre à écouter le Citoyen s’ils veulent apprendre à servir l’Etat.
Dans cette optique la contribution aux enseignements essentiels de cette approche sont :
1. L’Etat Algérien existe et assure ses missions de souveraineté et de développement humain. La crise de confiance du citoyen est dans la manière dont l’exécution de ces missions sont ressenties. En un mot, le citoyen attend non pas un autre Etat mais que ses représentants qui en sont l’incarnation soient mis en mesure d’agir autrement.
2. La question des rapports du citoyen à l’Etat n’est pas épuisée par le débat sur les structures, les missions ni celui de leur étendue. La critique citoyenne porte non sur l’Etat en tant qu’entité mais sur la qualité des interventions de ses services, leur accessibilité égale pour tous, leur simplification et le sentiment d’injustice et d’opacité et d’accaparement.
3. Les citoyens attendent des mesures concrètes et pratiques qui rendent le service public plus proche qui éliminent tout soupçon de corruption ou de passe droit : en un mot que l’Etat réhabilite le service public quelque soit son mode d’exercice. Ce sentiment est encore plus fort devant la privatisation de services publics comme ceux de notaires, huissiers, etc
4. Les fonctions essentielles d’un Etat-nation ont été et sont assurées malgré les tensions et les épreuves Mais, les capacités de résistance de l’Etat à ces tensions se sont faites au détriment d’une plus grande écoute des différents agents(fonctionnaires ou élus) qui le servent , aux attentes des citoyens en matière de qualité du service public et de justice dans le traitement de leurs requêtes. L’administration est chargée d’exécuter et non d’imposer sa propre logique. Le citoyen s’attache aux fins le fonctionnaire ne voit que les moyens.
Ce diagnostic exige :
- Une rupture avec des habitudes érigées par l’usage en lois. C’est la condition nécessaire à l’adéquation des réponses de l’Etat aux défis nouveaux ainsi que celle des moyens existants avec leur affectation. Car le système administratif actuel est en retard sur les conditions actuels qu’il est censé satisfaire comme il n’est pas mis en mesure de les anticiper.
- De repenser les missions et les structures de l’Etat et du travail dans un contexte politique économique et social où les besoins de la société sont plus complexe à saisir et à satisfaire autrement que par un désengagement, ou par un moins d'état.
- Une nouvelle relation entre l’Administration et le citoyen non exclusivement au niveau de la réaffirmation des droits mais surtout à celui plus concret d’un service public effectif accessible à tous et dans les mêmes conditions quelque soit le niveau social .
- La modernisation, et la moralisation des services publics sont les conditions nécessaires au rétablissement de la confiance du citoyen non avec son Etat mais dans ses relations quotidienne ou ponctuelle avec les services publics.
- De restaurer le sens du service public dans son sens premier. Cela concerne les hommes et les femmes qui le servent. Cette restauration commence par l’humanisation des édifices publics et des lieux de travail et d’accueil des citoyens. Elle est aussi dans le traitement des requêtes des citoyens tant au niveau individuel que collectif.
- Une administration plus proche et plus efficace impliquent que les agents de l’Etat à quelque niveau de responsabilité qu’ils soient apprennent à écouter s’ils veulent apprendre à servir l’Etat.
- Une attention aux formes nouvelles d’atteinte aux droits de l’homme que peut faire naître le pouvoir que confère l’argent . L’atteinte insidieuse au droits des hommes c’est le mépris au quotidien qui s’exprime dans le comportement de la société à l’égard des femmes, et de l’exploitation des enfants. C’est aussi dans les rapports entre les citoyens et tout groupe détenteur d’une « autorité » sociale ou culturelle. Les maux essentiels sont la corruption au fil des jours et sa banalisation quel que soit le niveau de décision, depuis la délivrance d’un papier jusqu’à la passation de contrats.
- Un service public assaini et modernisé implique une nouvelle politique des agents de l’Etat et la transformation radicale des rapports entre les hiérarchies et leur personnel
| Janvier 2010 | ||||||||||
| L | M | M | J | V | S | D | ||||
| 1 | 2 | 3 | ||||||||
| 4 | 5 | 6 | 7 | 8 | 9 | 10 | ||||
| 11 | 12 | 13 | 14 | 15 | 16 | 17 | ||||
| 18 | 19 | 20 | 21 | 22 | 23 | 24 | ||||
| 25 | 26 | 27 | 28 | 29 | 30 | 31 | ||||
|
||||||||||
Commentaires