L'Islam, en Algérie, a été en même temps « l'être et le faire », donnant ainsi à l'homme une conscience de son milieu et, simultanément, la faculté d'y marquer son empreinte. Que celle-ci s'efface, ou qu'il ne sache pas l'interpréter au point de vouloir retrouver l'islam c'est, encore, affaire de mémoire. Car, culturellement, l'homme algérien, comme tout ce qu'il fait, est entièrement déterminé par l'Islam.
De récents événements dans le monde, nous montrent que la mémoire finit toujours par affleurer dès que la cohésion et le sol perdent leur caractère évident. C'est pour cela que l'ensemble des mouvements nationalistes, cités ci‑dessus, ont voulu renouer les fils épars de la mémoire d'un peuple attaché à l'Islam et à son sol, les deux seuls référents qui lui restaient.
C'est un fait historique constaté que l'Islam est une religion dont l'expansion fut exceptionnelle. La rapidité avec laquelle l'Islam s'est répandu,[1] tient, semble‑t‑il, à la clarté de ses dogmes, à la facilité de ses préceptes et à l'équité de ses lois.[2] Il est dit : « Voici un livre dont les versets ont été développés clairement »[3]
L'histoire du Maghreb va être indissolublement liée à celle de l'Islam. Les mouvements, résultant des équilibres remis en cause entre pasteurs et sédentaires, trouveront dans la foi un moteur puissant et une finalité plus humaine. À la simple conquête du pouvoir d'une tribu sur d'autres va succéder une dynamique visant la réforme des mœurs et l'instauration d'institutions à vocation universelle. La Cité corrompue par le pouvoir doit se rénover au nom de l'unicité de Dieu.
Dans ces conditions, la succession des royaumes et des empires entre le Vème siècle et 1830 a progressivement, forgé une identité nationale, qui s'est exprimée par l'assise territoriale de ces mêmes constructions politiques, la cohésion culturelle et sociale, le sentiment d'appartenance à une communauté plus vaste, rendue plus sensible par la connexion des réseaux commerciaux.
C'est là un fait que l'on ne peut imputer qu'à l'Islam qui, en moins de trente ans, a unifié les tribus d'Arabie, et qui en l'espace d'un siècle, s'est étendu de la Chine à l'Océan Atlantique. La conquête de l'Espagne dura, quant à elle, trois ans de 711 à 714 et la présence musulmane dans ce pays sept cents ans.
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