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A la lumière de ces analyses, l’on comprend que les échecs des stratégies de l’Etat se soient transformés  en échec de l’Etat en général  déformant ainsi le débat sur la nature et les formes de l’Etat.

La crise de l’Etat réside moins dans l’érosion de ses pouvoirs que dans son incapacité à résister et à anticiper les évolutions futures ayant un impact sur la cohésion sociale et nationale et sur la place de la nation dans "un système monde".

Devant ces processus de grande envergure, des tentatives de sortie de crise ont été faites depuis 1989.

Les changements attendus par la société sont exprimés par des révisions constitutionnelles consacrant le multipartisme ; les libertés politiques et publiques dont celles du commerce et de l’industrie.  La conduite des réformes dont les séquences furent inversées en initiant d’abord l’ouverture des marchés et le désengagement de l’Etat dans la sphère sociale, a aggravé la fracture sociale au cours de cette dernière décennie.

L’Etat, qui ne s’est pas réformé dans ses missions centrales et territoriales, s’est trouvé en situation de mauvaise gouvernance.

La crise de l’Etat ne se réduit pas au seul problème de ressources, mais fait apparaître l’inadéquation entre des ressources relativement importantes et le peu d’efficacité et d’efficience des institutions.

En second lieu la crise de l’Etat est liée à l’échec des stratégies à dominante économique et financière qui, dans un cas ont privilégié les finalités sociales et dans l’autre, ont donné la préséance au rétablissement des grands équilibres au détriment du développement humain en appauvrissant la population.

En troisième lieu, l’emprise d’un  libéralisme triomphant  ainsi que les difficultés de trésorerie tendent à ramener l’Etat à ses seules fonctions régaliennes et à laisser au marché la régulation de l’économie et de la sphère sociale.

En quatrième lieu, l’Etat s’est désinvesti de son rôle de composante essentielle du milieu de propagation. En particulier, il a perdu de vue ses responsabilité dans l’amélioration de l’efficacité du système économique et de la relance de la croissance.

L’ensemble de ces facteurs ont débouché sur la crise de l’intérêt général, identique quasiment à celle touchant la plupart des pays dans le monde. Ce qui importe c'est la réponse apportée.

En effet, ces facteurs ont entraîné  de nouveaux rapports  au sein de la société entre l’Etat et les citoyens, l’Etat et la gestion de l’économie, l’Etat et la politique sociale.

L’image de l'Etat a profondément été altérée. L’usager disparaît au profit du service, que ce soit dans la conception des politiques, dans leur mise en œuvre par les organismes qui gèrent les services, ou dans l’esprit de ceux qui bénéficient des prestations dispensées.

 

Les personnels, confrontés eux même à la paupérisation , perdent de vue le lien entre leur activité et le sens de la mission de service public, ses valeurs et ses obligations.

 

Les effets de la crise de l’Etat peuvent se regrouper autour de cinq axes principaux :

·        Le décalage entre la société civile et ses formes de représentation politique (démocratie représentative et démocratie participative) ;

·        L’appauvrissement culturel et la crise du système éducatif, l’anémie de la production intellectuelle et artistique et le retard numérique ;

·        Le retard économique et social, faute de transformation des structures économiques et  d’une promotion de la cohésion sociale ;

·        L’inefficacité du droit et de la justice ;

·        L’inefficience de l’administration.

 

Sauvé in extremis d’un «effondrement programmé », l’Etat républicain a résisté et a payé un lourd tribut en vies humaines et a traversé des épreuves visant l’unité nationale, la cohésion sociale, le caractère républicain de l’Etat, la dynamique de croissance et de développement humain et enfin son crédit.

 

La crise nationale et le sauvetage de l’Etat ont mis en évidence des institutions républicaines dont le rôle fut déterminant dans le fonctionnement de services essentiels. De même cette crise a favorisé l’émergence de plus en plus active d’une société civile.

L’enjeu est d’assurer le passage d’une société post indépendance à une société socialement plus différenciée où les choix sociaux deviennent plus complexes.

La réforme de l'Etat est un élément de la politique de renouveau  national.

Tag(s) : #Algérie

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