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Communauté : Economie et développement
Jeudi 6 septembre 2007 4 06 09 2007 15:27

 

1.      Toute réforme d’une organisation sociale suppose la formation des hommes qui sont chargés d’en assurer la gestion. Il en est ainsi des réformes touchant les entreprises ainsi que celles concernant les missions et les structures de l'Etat.

 

2.    Mais si l’on ne s’arrête pas à ce lieu commun, il apparaît rapidement que la notion de formation revêt des aspects complexes liés à la finalité sociale, lato sensu, de chaque organisation. Néanmoins le dénominateur commun qui anime les politiques de formation des différentes organisations est celui de la culture propre à chacune d’entre elles. Pour l’entreprise il s’agit de la « culture d’entreprise » en général et de la « culture propre » à l’entreprise concernée. Pour l’Etat c’est la culture du Service public et de l’intérêt général. La Gestion des ressources humaines est l’un des moyens de répondre à cet objectif. La politique de formation et de perfectionnement des hommes en est le vecteur essentiel.

 

3.    L’objectif de qualité du travail devient l’objectif central tant pour l’entreprise que pour l’Etat. Cela fait appel à un ensemble d’action coordonnées de formation, d’organisation des collectifs, de mobilisation des ressources humaines existantes, de conception d’outils et de cadre de travail mieux adaptés. Instaurer la qualité du travail individuel et collectif implique en même temps un contenu d’expertise reconnu au travail de l’Agent et une efficacité du groupe. La culture d’une entreprise implique qu’elle soit perçue comme une entité économique et sociale, un rapport d’intérêt entre les hommes et un lieu de production où l’on vise à satisfaire les clients et le personnel. Les mots clés de cette culture sont intégration du collectif et reconnaissance du travail individuel. L’homme est la source de la productivité et de la créativité. L’accent est mis sur la polyvalence, l’information interne et externe, la sur- formation (10% du temps de travail au Japon) et sur le travail en équipe comme dimension essentielle. De telles conditions nécessitent la recherche d’un consensus social interne et externe autour des objectifs économiques de productivité, de qualité et de développement de l’entreprise

 

4.    Dans le cadre de la réforme des structures et des missions de l’Etat il s’agit d’examiner le processus qui doit conduire à cet objectif à savoir celui d’une culture de l’Etat, ici et maintenant et non pas théoriquement. Une telle exigence a pour conséquence d’élaborer les propositions d’actions en termes de système dont l’Etat est l’animateur principal et que celui-ci soit à même d’imprégner le système de sa propre culture.

 

5.    Un système peut être défini comme un ensemble cohérent d’institutions, de processus et un style de vie fondé sur une vision globale de la vie sociale. Il implique donc des objectifs, des techniques et une organisation. Un système n’est jamais «  pur ». il comporte aussi bien des traces du passé  et des esquisses du futur. Il subit des tensions provenant d’autres systèmes.

 

6.    Si l’on admet cette définition et que l’on replace la formation et le perfectionnement des agents de l’Etat dans une approche systémique de la recherche d’une culture de l’Etat il en résulte une remise en cause d’une approche en termes exclusivement de structures. Comme il en découle une remise en cause des clivages entre les différentes actions entrant dans ce cadre. Enfin, cette approche exige de rechercher les tensions provenant de systèmes plus larges avec lesquels   il coexiste sur le plan national et international.

 

7.    Dans ce qui suit l’on appelle « le système de formation » l’ensemble des actions qui s’inscrivent dans la finalité essentielle de consolidation et d’enrichissement de la culture de l’Etat algérien tel que défini par ses lois fondamentales et reflétés par ses missions et ses structures.

 

8.    Trois grandes préoccupations déterminent  les avancées ou les retards du système de formation

-        L’égalité des chances dans l’acquisition de savoirs et de savoirs faire et des savoirs être

-        Les préoccupations de qualification des emplois auxquels le système est tenu de répondre en urgence et en permanence.

-        Le partenariat avec le systéme national d’éducation public et privé entrainant une refonte des principes d’organisation de ce système.

 

Des réponses apportées en toute urgence à ces préoccupations dépend l’avenir du système de formation. C’est d’elles que dépendent aussi les capacités de l’Etat à s’adapter l’économie de marché et à la mondialisation.

 

9.    Or les réponses ne peuvent être apportées en ignorant les pesanteurs du système éducatif actuel qui se caractérise comme suit.

9.1.          Le relatif échec dans la recherche de l’équilibre entre une école de qualité et qui permet l’égalité des chances d’accès au savoir indépendamment du statut social. Le système éducatif algérien fonctionne quasiment en tronc commun à tous les niveaux avec une sélectivité réduite à son minimum. A cela s’ajoute qu’il est « allergique »  à la notion de pôle d’excellence ? Plus largement l’on se trouve démuni de pôles d’accumulation de connaissances et de production scientifique et techniques.

9.2.         La seconde question est celle de la relation formation emploi qui s’exerce  elle aussi sous tensions complexes, parce que convergentes et divergentes à la fois, de l’offre et de la demande de travail qualifié. La convergence tend à pousser ver le haut la demande globale de formation qui émane des individus et des familles. La divergence tient aux aspirations à l’accès à des emplois bien rémunérés mais impliquant une formation professionnelle. La relation emploi formation change radicalement tant dans la détermination des volumes  à former que celui des filières. Une meilleure connaissance des déterminants de l’offre et de la demande de travail qualifié et un marché du travail transparent sont la clé de réponses à ces nouvelles attentes.

 

10.           La troisième série de questions que l’on retrouve dans toute analyse d’un système éducatif est celle qui a trait à l’organisation du système éducatif. L’institution est organisée selon  des principes qui retardent le moment où elle doit traduire dans les faits un nouveau consensus social sur l’exercice d’un point particulier de ses trois rôles.

 

11. Le système de formation devra donc s’inscrire à l’intérieur de deux volets qui déterminent ses capacités d’adaptation : celui de la démocratisation et celui de l’organisation dans laquelle elle évolue. Généreux dans ses principes il s’est vu très rapidement dans la pratique, sous le poids du nombre et de ses insuffisances de gestion, contraints de suivre avec retard les évolutions et d’accentuer par réaction son isolement et son autonomie relative. Selon le principe d’interactivité cumulative ce décalage négatif a freiné les potentialités de progrès de la société.

Par zahir Fares - Publié dans : Algérie - Ecrire un commentaire
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