Aujourd'hui, l'Algérie se trouve confrontée à la restauration de la cohésion sociale et à celle de l'État. La crise qui a atteint l'État et qui ne lui a pas permis d'anticiper l'évolution des paramètres fondamentaux, doit être imputée, surtout à une pensée économique obsolète. Le caractère d'immédiateté qui marque le monde actuel conduit à une remise en question, non seulement des concepts de développement économique, mais encore de la finalité des institutions politiques et des activités économiques. Il importe de prendre la mesure du problème et les exigences de cette nouvelle étape.
1. Les transformations des relations économiques internationales ne relèvent pas de la volonté de chacun ou d’état-major de grandes entreprises. Elles sont le reflet d'une situation dans laquelle les bouleversements de la science et de la technique impliquent une révision fondamentale de l'approche du développement.
En d'autres termes, il faut rechercher les causes de la détérioration beaucoup moins dans les analyses traditionnelles que dans les transformations qui fondent, dorénavant, la richesse sur le «savoir ».
La solidarité nationale, objet des investissements réalisés, pour être confortée, implique donc un État dont le rôle se fonde sur de nouveaux principes et qui s'appuie sur une nouvelle politique économique.
2. Des bouleversements prévisibles ont été occultés
En effet, le système international condamne, actuellement, toute évolution de l'économie à une optique de recherche d'amélioration des termes de l'échange. 20 % de la population de la planète participe à 82,7 % du PNB mondial. Ces chiffres montrent que le problème des recettes issues des matières premières n'est pas la priorité internationale. La science économique du développement qui servait d'outil jusqu'ici s'avère inadaptée. C'est celle qui ne voit de source de richesse que dans la matière. C'est une optique quantitative qui réduit l'homme et son intelligence à de simples outils au service de la matière.
Les bouleversements technologiques et scientifiques qui commençaient à voir le jour et qui se sont accélérés dans les années soixante-dix, ont contribué à marginaliser ce qui, jusqu'alors, était considéré comme un avantage comparatif.
Cette approche est si archaïque que, non seulement elle n'a pas trouvé de solutions au problème de la réduction des ressources d'exportation, mais, en outre, elle justifie le rééquilibrage du soutien des pays riches. Les pays pauvres le sont à cause de leurs richesses ! et parce qu'ils ont négligé le « savoir ».
2. Le secteur privé embryonnaire semble, lui aussi, atteint de la même maladie. Sa grande découverte c'est le partenariat ; espérant produire des biens qui, de toutes façons, seront produits moins cher par leurs partenaires. Le miracle ne viendra pas, non plus, du transfert des investissements vers le secteur privé tant qu'il fonctionne selon la même logique.
3. Il faut donc se garder des solutions traditionnelles et des slogans fondés sur des alternatives contradictoires. C'est la leçon la plus importante issue de la transformation de l'économie mondiale. La rapidité des changements qu'elle entraîne exige une remise en cause permanente des outils de travail. L'énergie dépensée à obtenir des contrats avantageux pour les matières premières est impuissante à rattraper les bonds de la science.
4. En ignorant ces règles du changement continu, l'on travaille sur un milieu qui n'existe plus. C'est prendre l'image pour la réalité, alors que celle-ci, offre le visage d'un monde disparu depuis longtemps. A quoi sert d'anticiper des revenus si l'on a été incapable d'évaluer les coûts dus au progrès scientifique et technique, qu'il faudra supporter sous forme de maintenance, de produits semi-finis et de services divers liés à l'exploitation des investissements nés de ces revenus ?
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