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Lundi 23 juillet 2007 1 23 /07 /2007 11:54

Le rappel de ces simples chiffres montre que :

 

a) les pays menacés de banqueroute et dont le poids démographique est important ont finalement trouvé des mesures susceptibles de limiter le ratio dette/exportations de façon raisonnable. En d’autres termes leurs créanciers n’avaient aucun intérêt à leur faillite.

 

b) Les solutions adoptées ont consisté essentiellement à faire bénéficier ces pays d’une véritable pause sociale et d’une détente internationale qui leur a permis de reconstituer une part de leurs ressources extérieures par l’investissement privé étranger, et le tourisme, notamment.

 

c) L’endettement est global et les pays en développement le subissent beaucoup plus qu’ils ne le provoquent. La dette n’est pas seulement une conséquence des erreurs de gestion de ces pays, elle est aussi l’une des caractéristiques fondamentales du système économique international.

 

En effet, le monde développé fonde de plus en plus sa richesse sur la sphère financière. Les profits les plus élevés se font actuellement dans : le circuit informel qui représente, selon certaines estimations, 1000 milliards de dollars, y compris le marché de la drogue ; les transactions de change (900 milliards de dollars par jour) ; les crédits internationaux dont le montant est passé de 4% du PIB des pays de l’OCDE à 44% de 1980 à 1991. Dans la plupart des cas, ces crédits ont obtenu la garantie directe ou indirecte des Etats poussant ainsi à une exportation boulimique à destination du tiers-monde et en particulier vers les pays pétroliers.

 

d) Les programmes proposés par le FMI et la Banque mondiale ont pour but principal d’éviter que des « fuites » viennent perturber ce système fondé sur ses relations avec les pays en développement. Le traitement de la dette est une affaire spéculative et non une question de développement. Le total des transferts nets de ressources des pays en développement vers le reste du monde a augmenté en 1989, passant à 42,9 milliards de dollars contre 37,6 milliards de dollars en 1988. de 1984 à 1989 les pays en développement ont effectué un transfert net de ressources de 168 milliards de dollars. De 1991 à 1993, l’Algérie a remboursé près de 28 milliards de dollars, soit un transfert net de ressources de 9 milliards de dollars.

 

Comme il n’est plus possible de pousser l’endettement, les institutions concernées mobilisent, pour l’instant, l’activité de ces pays dans le service de la dette, sans aucune garantie, pour eux, de croissance économique. Ces pays se voient imposer des programmes d’ajustement structurels comportant les mesures suivantes : réduction du déficit des finances publiques, ouverture de l’économie à la concurrence internationale, privatisations ; une politique de taux d’intérêts élevés – les taux d’intérêts moyens calculés pour la décennie sont deux fois supérieurs à ceux des années 60 et près de 6 fois supérieurs à ceux des années 70 – et un système de taux de change flottant. Pendant ce temps, des fluctuations violentes sur les marchés des matières premières, ont entraîné non seulement l’impossibilité de toute croissance mais aussi celle de poursuivre le remboursement même de la dette.

 

e) Aucun pays qui a suivi les programmes tracés par le FMI et la Banque mondiale ne peut dire qu’il en a tiré un profit sur le strict plan de la relance de la croissance.

Les politiques d’ajustement et de restructuration économique ont donné la priorité au service de la dette dans les pays en développement. Ainsi, pour l’année 80/81, 19 de ces pays à revenu intermédiaire ont eu un déficit de 4 milliards de dollars. Pour la période 82/98 ces pays ont dégagé un excédent annuel de 26 milliards de dollars en moyenne.

 

Pour les pays d’Amérique latine de 184 à 1989, toujours selon les mêmes études, il a été « enregistré des transferts nets négatifs de 155 milliards de dollars soit 15% de la valeur des exportations de la région ».

 

Face à cette situation l’Algérie a des atouts que le FMI et l’Europe ont reconnu, les conduisant à lui accorder une aide financière importante depuis 1994.

 

Le système économique international actuel tire sa dynamique de la spéculation financière et non de la production matérielle. Cela ne veut pas dire que le monde moderne produit moins ! Bien au contraire, il produit davantage mais mieux techniquement, donc à moindre coût. Les surplus de capitaux qui se dégagent s’investissent d’une part dans la science et les techniques de communication et, d’autre part, dans la spéculation financière.

 

Dans ces conditions, le système est directement tributaire des moindres contrariétés qui viendraient à le perturber. C’est-à-dire de toute velléité de remise en cause.

 

C’est ainsi que personne ne veut entendre parler d’annulation de dette, ou pire, de déclaration unilatérale d’insolvabilité.

 

Le Mexique, en annonçant son intention de suspendre ses remboursements, a provoqué un mouvement de panique dans les banques nord-américaines. L’Egypte en fit de même.

 

Dans les deux cas on a proposé une annulation de la dette restante. Cela veut dire qu’une déclaration de suspension de paiement est littéralement une reconnaissance de souveraineté qui oblige les partenaires à négocier dans de mauvaises conditions pour eux.

 

Les banquiers sont alors menacés. Mieux vaut un rééchelonnement, qui donne lieu, d’ailleurs, à de nouvelles spéculations financières, que le moratoire unilatéral.

 

Une telle déclaration est équivalente à celle d’une « nationalisation » de la dette. Elle offre pourtant aux créanciers qui, par le jeu des amortissements de dette et des taux d’intérêts plus élevés que ceux en vigueur lors de l’endettement initial, ont largement été dédommagés, de négocier la reconversion de leurs créances dans l’économie nationale par le partenariat.

 

En Algérie, de 1979 à 1984, pour un encours total de 20 milliards de dollars, le service annuel de la dette, pour cette période, a été de 23 milliards de dollars. De 1984 à 1994 ce montant s’est élevé a près de 50 milliards de dollars. Soit, au total, pour un encours de 26 milliards en 1992, 73 milliards ont été remboursés ! Très précisément trois fois cette dette. Les recettes qui servent à rembourser la dette sont tombées de 14,1 milliards de dollars en 1981 à moins de 8 milliards en 1992. Elles ont diminué d’une fois et demie. Les recettes d’exportation sont, à 75%, reprises par ses créanciers. Aucune entreprise commerciale ou industrielle ne serait capable de produire un tel miracle financier pour un créancier !

 Cette situation est intolérable économiquement et socialement pour ne pas proposer aux créanciers une pause.

De plus, le renversement de tendance des prix des hydrocarbures risque de se produire plutôt que prévu en raison de la reprise économique aux Etats-Unis et de la ferme volonté des pays Européens de mettre un terme au chômage de leur population. C’est là un atout dont l’Algérie pourrait se servir. La relative détente accordée par l’accord stand by avec le FMI et le Club de Paris devait être accompagné d’une relance de l’économie. Mais le grand défaut de ce type d’accord est d’être une aide hors projet, c’est-à-dire une aide à la balance des paiements. Les tensions sont telles, que celle-ci ne peut être utilisée que dans l’importation de produits de consommation rendant problématique une relance économique qui cherche ses structures d’appui. La privatisation et le secteur privé en attendent, pourtant, beaucoup.

 

 

Par Fares - Publié dans : économie et politique - Ecrire un commentaire
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