Commentaires

Concours

Présentation du blog

Communauté : BLOGS, en parler ...
Lundi 23 juillet 2007 1 23 07 2007 11:45

- Dette, rééchelonnement et suspension du service de la dette ?

 

La dette de l’Algérie s’inscrit dans un contexte international très large. Il était devenu urgent de suspendre le service de la dette pendant une période, tant que les prix du pétrole et des matières premières n’auront pas retrouvé un niveau raisonnable et tant que les taux d’intérêts applicables ne cesseront pas d’augmenter. Continuer à assurer, imperturbablement, le service de la dette sans contrepartie de développement devient, dans un contexte de crise sociale, insupportable.

 

D’une telle position, ayant conduit d’ailleurs à un accord avec le FMI en mars 1994, l’on attend que s’investissent dans le pays, pour cette seule même année, 5 milliards de dollars, mais que s’applique, en même temps, un programme d’ajustement structurel mieux modulé avec les exigences de la situation interne. Le traitement de ce problème est loin d’être économique et financier. Il est d’abord politique et le sera encore plus si la relance économique tarde trop.

 

Contrairement aux appréciations portées, l’Algérie a des atouts importants. De la juste appréciation des motivations politiques qui conduisent un créancier à accepter d’ouvrir un crédit, dépendent les solutions que l’on peut apporter. Si ces questions n’étaient pas politiques, il serait peu probable que les Etats réunis dans des Clubs dits de Paris et de Londres y apportent leur garantie directe ou indirecte. L’essentiel n’est pas dans la dette, dans le cas algérien, il est dans la relance de la croissance.

 

Le contexte international :

 

La situation de l’Algérie s’inscrit dans un contexte global. La dette des pays en développement est passée de 62 milliards de dollars en 1970 à 1703 milliards de dollars en 1992. Pendant cette même période la dette des pays du Maghreb est passée de 4,4 milliards de dollars à 70 milliards. La dette tunisienne est de 7 milliards de dollars en 1992 ; celle du Maroc de 21 milliards.[1] Si l’on regarde de plus près l’évolution de cette dette, l’on constate qu’elle a pratiquement triplé entre 1980 et 1992. Tous les pays en développement sont, donc, endettés. Ce qui pose problème n’est pas la dette en elle-même, mais la situation de quasi-insolvabilité dans laquelle ils se trouvent. C’est-à-dire que ces pays n’arrivent pas à générer des ressources suffisantes pour assurer leur service de la dette, alors qu’ils se sont endettés sur la base de perspectives de recettes d’exportation. La cause en est simple : ces pays se sont endettés sur la base de prévisions de recettes d’exportation, provenant de produits de base, sur des marchés dont ils ne maîtrisent pas les évolutions.

 

Plus spécifiquement, pour l’Algérie, l’évolution de la dette tout en étant conforme à cette tendance, présente néanmoins des caractéristiques particulières. En effet, le montant de l’encours total de la dette est passé de 26,7 milliards en 1992 [2]. L’on constate même une décélération de l’endettement en 1981/82/83, années où le montant des engagements est passé de 26 à 18 milliards de dollars.

 

Preuve de la capacité de remboursement lorsque les recettes évoluent selon les prévisions.

 

Mais, après s’être désendettée, l’Algérie a contracté de nouvelles dettes à partir de 1984, pour retrouver, en 1992, le même niveau d’endettement qu’en 1979. En effet, de 1980 à 1984, le niveau de la dette mobilisée a diminué de 3,6 milliards de dollars. C’est-à-dire que, pendant cette période, l’Algérie a remboursé plus qu’elle ne recevait.

 

En même temps qu’une dette s’effaçait, une nouvelle dette contractée auprès des banques commerciales (75% de la dette totale) lui succédait. Cette nouvelle dette devait, en outre, être remboursée, à 75,8%, dans les 5 ans à partir de 1986.

 

Le ratio service de la dette/exportation est passé de 3,4% en 1970 à 25,7 en 1980 puis à 36% en 1984 pour atteindre 65% en 1992 et 80% en 1994 et ce en liaison directe avec la détérioration du niveau des recettes d’exportation.

 

Pendant la même période les pays suivants, ayant une situation économique comparable à l’Algérie, ont connu une évolution quasi identique de leur dette, à savoir : Accroissement  intolérable du service de la dette.

 

Sur le continent africain

 

Egypte

 

1970

1980

1992

Dette exter.

Dette/export

Population

1,72

36,9%

54,8 millions

140,6 milliards de dollars

20,8%

 

 

 

16,7%

Sources : L’Etat du Monde 1994. La Découverte.

L’amélioration du ratio est dû aux « dividendes » perçus, par l’Egypte, à la suite de la guerre du Golfe, à savoir : annulation de la dette extérieure restante ; record de touristes (3 millions de visiteurs) ; remplacement de la main-d’œuvre Jordanienne, palestinienne, et soudanaise dans les pays du Golfe, permettant un rapatriement de salaires de 5 milliards de dollars en 1992, supérieur aux recettes du canal de Suez et du tourisme (respectivement de 3 milliards de dollars).

 

Nigeria

 

1970

1980

1992

Dette/ext.

Dette/export

Population

5,97

44,3%

88,2 millions

57,4

49,5%

 

106 mdsde dollars

30,9%

+ou-100 millions

Sources idem

L’amélioration de la situation (réserves monétaires de 18 milliards de dollars) est due essentiellement à un accroissement des investissements étrangers (8 milliards de dollars) liés à la privatisation, en particulier des banques. Mais le programme est terminé. Il n’y a plus rien à privatiser. Cela veut-il dire que les privatisations d’entreprises d’état constituent la seule opportunité d’investissement ?

 

[1] Chiffres estraits du rapport annuel de la Banque Mondiale 1993.

[2] Voir rapport de la Banque Mondiale et World dept table.

Par zahir fares - Publié dans : économie et politique - Ecrire un commentaire
Retour à l'accueil

Calendrier

Décembre 2009
L M M J V S D
  1 2 3 4 5 6
7 8 9 10 11 12 13
14 15 16 17 18 19 20
21 22 23 24 25 26 27
28 29 30 31      
<< < > >>

Recherche

Recommander

Créer un blog sur over-blog.com - Contact - C.G.U. - Rémunération en droits d'auteur - Signaler un abus - Articles les plus commentés