Dans ces conditions et dans une optique coût/avantages, que signifie la maîtrise de flux migratoires pour le pays de départ. ? La mondialisation et les facteurs sur lesquels elle repose sont ils aptes à renverser la tendance à l’émigration clandestine ? La coopération internationale doit-elle se concentrer exclusivement sur cet aspect du sous développement ?
Telle qu’elle se présente actuellement pour notre continent, la globalisation ne semble pas apporter les réponses attendues en termes de croissance et de développement et donc d’emplois pour la main d’œuvre nationale, malgré le rétablissement des grands équilibres macro économiques et le rééquilibrage des fonctions de l’Etat. C’est encore un facteur d’encouragement aux flux migratoires clandestins. Les faits le confirment.
Le développement du commerce internationale s’effectue entre pays à structures identiques. 1% des importations des pays de l’OCDE proviennent des pays à bas salaires.
L’investissement direct étranger, que la libéralisation devait favoriser, est le fait à 96 % des pays industrialisés qui investissent à 75% dans des pays similaires les 25% restant vont dans les pays d’Asie et du Pacifique.
La plupart de ces investissements sont des rachats d’entreprises, sans création d’emplois nouveaux, voire même accompagnés de nouvelles compressions d’effectifs, et visent dans 80% des cas, la consolidation ou l’élargissement d’un marché.
La nouvelle évolution des marchés financiers, les volumes concernés par les transactions financières, font que les gains obtenus pour les placements spéculatifs sont supérieurs au taux de profit offert par chaque production nationale.
L’internationalisation des réseaux de production met, dans la plupart des cas, en conflit les intérêts des entreprises transnationales, et ceux des nations, particulièrement en matière d’emploi.
La logique de ces réseaux est de jouer sans cesse sur les écarts de productivité, de qualification et de salaires entraînant des fermetures d’unités et d’activités. En outre, pour eux, le facteur coûts salariaux n’est pas déterminant. Il ne joue que s’il existe en outre un environnement éducatif qui valorise le capital humain.
En d’autres termes la valorisation de nos ressources humaines et le contrôle des flux migratoires est une affaire qui concerne autant l’Etat et la communauté national que la coopération internationale.
Les formes actuelles de contrôle de ces flux se traduisent par des coûts pour le pays d’origine sans avantages que le « dumping social » auquel nos Etats sont conduits s’ils veulent aider à la création d’emplois.
L’histoire économique des pays aujourd’hui développés comme l’Italie ou l’Espagne montre que seule la croissance et le développement interne freinent et renversent les flux migratoires. Une preuve de la relativité des lois face au mouvement des forces productives et de la nécessité d’une régulation internationale de la mondialisation..
Il y a dans un tel sujet matière à réflexion et à débats et surtout à une coopération mutuellement avantageuse entre les pays en développement et les pays riches. Cela suppose que les flux de main d’œuvre dite clandestine compte tenu de leur permanence soient traités dans leur véritable dimension à savoir une demande réelle d'économies à la recherche permanente de salaires faibles dans des conditions d’emplois et de couvertures sociales nulles que l’émigration régulière ou de deuxième génération refuse.
La logique d’exploitation du travail contrecarrée par les restrictions à l’entrée a trouvé dans ce commerce clandestin de main d’œuvre un créneau tout aussi important que la contrebande de produits de consommation.
L'espoir est de voir les pays africains échanger sur ce thème leur conclusions et refonder la coopération avec les pays riches pour éliminer cette forme moderne d’esclavage qu’est devenue l’émigration dite clandestine dont les avantages sont d’un côté et les risques pouvant aller jusqu’à la mort, de l’autre côté.
Les pays riches ont fait des efforts substantiels pour l’intégration des communautés immigrés pour ne pas ignorer ce nouveau phénomène que la mondialisation dilate, en encourageant les différentes formes de commerces illicites, et en développant ainsi les conditions de défi aux droits humains et à la solidarité.
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