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Ces réflexions s'adressent à ceux qui sont convaincus que la démocratie est une condition nécessaire à la participation citoyenne à la vie politique de leur pays et au progrès; De tous les systèmes politiques elle est le moins mauvais, disait Churchill. Cependant, cette exigence ne saurait faire oublier que les chemins vers la démocratie sont longs, divers et tortueux. Que de pièges et obstacles s'y cachent, comme des mines anti personnelles, principalement, en raison d'un rapport de domination cause du sous développement, avec son cortège de mauvaise gestion, de pauvreté absolue ou relative. Le système est fermé. Les efforts internes, pour peu qu'ils existent, se heurtent à des rigidités tant internes qu'externes. Car, hélas,, un ensemble de facteurs, dont la corruption d'une partie des exécutants/dirigeants n'est pas le moindre. : Ainsi, toutes les conditions de mauvaise gouvernance sont réunies que les effets d'une économie mondialisée fondée de plus en plus sur la spéculation financière, viennent amplifier. :Les peuples de tous nos pays, malgré les réformes engagées avec, souvent l'aval des institutions financières internationales, voient, depuis leur indépendance, reculer les chances d'avènement d'un ordre économique mondial plus équitable (1) est devenu improbable. Les plans d'austérité deviennent, en revanche la règle, pour la majorité pendant qu'une minorité jouit(en toute impunité,?) des fruits de ses prébendes.

Alors, les peuples, tel Sisyphe sont ils condamnés à remonter éternellement leur rocher ?

De même, cette contribution entend s'associer au débat ouvert par " le printemps arabe " et aux évolutions en cours, dans un certain nombre de pays, depuis les mois de janvier 2011. " Le printemps arabe ", parlons en ! Non, sous la forme de fleurs comme l'ont fait les médias, ou de menaces contre l'occident et ses alliés. Ce " printemps " semblait conforter le poids et le rôle dans la vie politique des classes moyennes urbaines. Mais ce phénomène parait faire long feu car, à une situation pré-révolutionnaire, succéda, rapidement, une confusion des idées au point que le débat se focalise sur une autre alternative : changer les hommes ou changer le régime. Cette dernière alternative se subdivisant elle-même soit en réformes menées par les hommes déjà impliqués dans l'ancien pouvoir, pérennisant ainsi le régime en place ; soit l'élection d'une constituante pour une nouvelle république. En privilégiant " le choc des photos " les acteurs n'ont pas analysé suffisamment la base sociale de ces mouvements et ont occulté la finalité politique, et par mimétisme politique, tout s'est passé comme si les pays arabes, balançant entre démocratie occidentale et dictature, ignorant leur passé culturel et leur histoire devaient nécessairement choisir le seul premier terme du choix. Le poids des mots, devenu celui des slogans, s'est imposé et à joué en faveur des islamistes qui ont vu leurs hommes accéder au plus haut rang de l'état en Tunisie, en Libye en Egypte au Yémen. Le résultat, pourtant prévisible, est lié à la projection des critères politiques occidentaux sur les événements et sur les électeurs dans ces pays et par là même ont fait de la laïcité un concept contraire aux partis islamistes. Le résultat pour l'instant est un mixte que certains ont nommé " Démocrature "

Mais peut-on soutenir que la laïcité est un critère fondamental de démocratie. Qu'en est-il par exemple des Etats unis ? sont-ils à ranger dans la catégorie de " démocrature " faute de n'avoir pas adopté la laïcité ?

Il y a bien des manifestations religieuses qu'un laïc "bouffeur de curé" n'accepterait pas. En particulier la prière dans les écoles américaines. L'apparition du Président aux messes du dimanche. Savez vous que la journée chômée du dimanche a pour origine le choix par l'église d'une journée autre que le samedi jour réservé au shabbat juif. C'est la même logique qui a emmené les musulmans à choisir le vendredi. Peut-on dire que l'Amérique est laïque, alors qu'elle privilégie, dans les faits et par les textes, une religion par rapport à une autre.

Dans le cas " étatsuniens " que dire de la devise inscrite sur le dollar "IN GOD WE TRUST" signe ostentatoire religieux et qui ignore les agnostiques les athées et ceux qui ne pratiquent pas une des religions monothéiste

La laïcité est un produit dérivé de la Révolution française de 1789. L'église, soutien de l'ancien régime qu'elle contribuera à rendre de droit divin, a été combattue par les révolutionnaires en raison de son emprise sur le peuple, de ses propriétés de ses richesses accumulées et de son attitude ambigüe pour ne pas dire franchement hostile. Les révolutionnaires ont cru bon de remplacer cette religion par celle de l'Etre suprême; glissement significatif, car ils se rendaient à l'évidence, qu'il fallait non seulement une religion mais aussi un corps organisé : une église, pour ancrer les nouveaux principes révolutionnaires. Ils ont été l'un des premiers pays ayant utilisé la TERREUR, et offrant, en victimes expiatoires, les têtes d'hommes et de femmes au nom de l'application rétroactive des lois, en contradiction avec une déclaration des droits de l'homme qui se voulaient universel. Ainsi périrent Louis XVI, les aristocrates et les girondins vérifiant, pour certains des terroristes que la terreur ne peut être utilisée comme moyen de gouverner, au risque de se voir appliquer la même peine ; Danton Robespierre et Saint Juste en firent l'atroce expérience. Beaucoup plus tard Georges Brassens chantera qu'il valait mieux " mourir pour ses idées…mais de mort lente ! "

L'on aborda, à nouveau, la laïcité, en France, après la guerre de 1870. Jules Ferry arrière grand parent de l'actuel philosophe s'aperçu que la laïcité devait servir la république et former des jeunes à la citoyenneté avec les yeux fixés sur la ligne bleue horizon (des Vosges). L'école devint l'outil de recrutement et les instituteurs le corps des officiers. Il n'y a qu'à se pencher sur les manuels scolaires d'Ernest Lavisse et la littérature de cette époque entièrement tournée vers la même ligne. La loi de 1905 est venue couronnée ce mouvement. L'état avait créé en face de chaque église une école communale et il fallait en assurer le financement, donc retirer ce qu'il devait donner au culte ;

Dilemme : Comment faire admettre après l'affaire Dreyfus qu'il ne subventionnât pas les synagogues ?

Ainsi et pour faire court, la laïcité est un phénomène politique propre à la France républicaine et peut difficilement être retenue comme le critère principal de la démocratie.

Dans le cas du " printemps arabe, la défaillance, la corruption et l'absence de vision d'ensemble politique caractérisent tous ceux qui ont " géré " les pays créant à terme, le désarroi.(2)

Quant aux opposants, ils ont eu beaucoup à faire dans l'action quotidienne pour en définir les finalités. Une question se pose alors. Quelle est la couleur politique qui chemine dans ces mouvements ? Car la responsabilité au sommet ne saurait masquer la responsabilité de la base. Elles se nourrissent mutuellement. La grande masse de cette classe est constituée essentiellement de petits et moyens salariés, c'est-à-dire la plus grande partie du monde du travail (du chômage et plus encore de l'emploi informel) appartenant sociologiquement aux classes populaires et aux différentes fractions de la classe moyenne.

Ces dernières, au stade actuel de développement du capitalisme, sont massivement, même pour les moins avantagées d'entre elles, profondément acquises, matériellement et mentalement, au mode de vie petit-bourgeois, qui est à la fois une imitation caricaturale du style de vie bourgeois et une création culturelle relativement spécifique.

Dans quel état social ces dictatures laissent-elles les pays ? Du fait même de l'importance prise par les classes moyennes, les classes populaires sont à peu près complètement mises hors jeu, éclipsées symboliquement et politiquement, réduites à leur seule dimension sociale de " damnés de la terre ", quand elles ne sont pas réduites à des " poches de pauvreté " oubliées dans leurs collines. Par l'espèce d'hégémonie idéologique que la bourgeoisie a exercé sur le plan des mœurs, relayée par la colonisation culturelle des médias, les classes moyennes ont, à leur tour, adopté l'idéal consumériste qui leur a été distillé pendant des années et qui est aujourd'hui l'unique modèle de consommation et d'existence que le système capitaliste soit capable d'offrir au genre humain. Ainsi, à l'aliénation économique succède une aliénation idéologique à laquelle certains croient pouvoir remédier par des bricolages "identitaires" tout aussi aliénants en définitive.

Le monde occidental, surpris par l'effondrement du Bloc de l'Est et de l'URSS a inventé une théorie, celle de la fin de l'Histoire que Fukuyama a illustrée (3), et qu'il, il n'y aurait plus de place, dans la vie économique et dans l'idéologie, pour le socialisme(4). Après la " coexistence pacifique " énoncée en France par les professeurs F. Perroux ou R Aron (5) , voici que l'on développe une théorie qui part d'une idée reçue : après avoir coexisté ou cohabité ; le capitalisme aurait surpassé le socialisme.

Ce que je crois c'est que l'URSS n'a jamais été socialiste ; mais qu'elle a appliqué une forme de " socialisme national " imposé par les guerres " chaudes ou froides " qui n'a tenu compte de l'homme qu'en tant que facteur de production, et paradoxalement l'aliénant dans la marchandise perdant de vue la finalité du socialisme ; Noyée dans une planification quantitative, qui a fini par considérer les normes de poids comme l'indicateur de développement et de croissance. Cette approche de la vie économique a conduit à l'extermination et au sacrifice de prés de 25 millions de citoyens dans des camps de travail ou des goulags. Une telle déviation a entrainé une attention quasi nulle à l'individu et à ses droits face à " l'intérêt collectif " et l'émergence simultanée d'une nomenklatura qui s'accaparera la plus value de cet intérêt collectif.

L'URSS s'est effondrée en raison de la contradiction entre le poids de ses productions et de sa conception des droits de l'homme et des libertés publiques et privées. Le socialisme a été déformé en privilégiant la dictature du prolétariat au profit d'un homme qui a consacré toute l'énergie d'un peuple à bâtir une industrie lourde dont le succès fut dans la victoire de 1945 contre le nazisme. La construction du socialisme dans un seul pays, ainsi dévié, vérifie la thèse d'un vieux texte (6) de Marx sur l'étape nécessaire du capitalisme pour passer à celle du socialisme. La Révolution soviétique n'avait pas respecté le processus de maturation ou encore à une adhésion à Hegel plutôt qu'à Marx ; l'esprit de la révolution sans avoir les bases économiques de cette révolution.

Quant à l'Occident, plongé dans sa course effrénée avec ses désirs, qui, par définition, créent des insatisfactions, offrant le spectacle d'une société matérialiste entière plongée dans une immense névrose collective, avec une masse de gens stressés, déboussolés, tâtonnant et heurtant de " droite et de gauche ", cherchant désespérément une issue. Une masse de travailleurs plongés dans un état grave de déréliction et qui encouragée par les partis et les gouvernements, à se tourner (Autriche, Hollande, Angleterre..) vers les extrêmes et à la rigueur vers un parti se disant socialiste, voire socialiste-national (7) dont les responsables ont corrompu le sens, par une pratique de ralliement à l'économie de marché et non au capitalisme.

Il est exclu que la masse des travailleurs, réduit à la précarité par un nouveau " droit " du travail fondé sur la flexibilité et les licenciements, s'intéresse à un tel " socialisme ", appelé à gérer une économie sur la base de fondamentaux libéraux.

Dans ces pays, l'essentiel de la force sociale qui aurait intérêt à un changement de système, n'est même plus en mesure de comprendre exactement en quoi cela consisterait, et que ceux qui pourraient jeter quelque clarté dans cette pénombre, ou ce sfumato artistique, soit ont trahi leur mission, soit sont privés des moyens de se faire entendre. Les consultations se font entre tenants d'un même système tous sont d'accord pour que l'austérité pèse sur les classes moyennes. L'argument étant on a besoin des riches, sans préciser que c'est jusqu'ici…pour avoir plus de pauvres

Pourtant le concept a conservé une substance bien suffisante pour éclairer et diriger une démarche pour l'instauration d'un nouveau mode de production. En fait, le schéma de montage existe bel et bien, d'une approche anti capitaliste

L'Amérique latine, par exemple, a fait, à sa façon, la démonstration que le socialisme est encore opératoire. Mais, la lutte politique a réussi à instaurer un rapport de forces en faveur des classes populaires au détriment non seulement de la grande bourgeoisie capitaliste terrienne et compradore, mais aussi des fractions de la classe moyenne qu'elle a satellisée. (Cette petite-bourgeoisie est toujours pleine de scrupules démocratiques quand il s'agit d'aider le petit peuple à se libérer en d'autre termes quelle est la finalité sociale de la DEMOCRATIE (8). Elle se montre infiniment plus tolérante envers les puissants alliés aux sociétés multinationales.

Les pièces du puzzle existent, mais la classe moyenne, dans sa grande majorité, feint de ne pas savoir l'assembler, probablement parce qu'elle n'est pas tellement pressée d'abandonner son morceau de fromage. Alors, adieux au dictatures et bonjour aux démocraties ?

PS. Le sort d'El Gueddafi qui a fait tirer à balles réelles sur son peuple, à l'instar d'autres dictateurs, a été scellé dés le premier jour de l'intervention de l'O.T.A.N. En diplomatie, seul l'intérêt national compte. Où se trouve l'intérêt national dans une affaire comme celle ci qui se déroula à nos frontières ? Est-ce que Gueddafi avait pris la peine de consulter les pays arabes et en premier lieu l'Algérie (dont les frontières sont communes sur prés de 1200 kms) avant de se lancer dans cette désastreuse aventure? Après tout, cela faisait quarante deux ans que ce régime surf et survit aux crises (UTA, Lokerbie, Infirmières bulgares pour les crises officielles..) qu'il a lui même créées ! Triste fin, que celle qu'ont choisie certains dirigeants arabes qui n'ont même pas eu la reconnaissance du ventre à l'égard de leur peuple (Saddam Hussein, Ben Ali, Moubarek, Bachar el Assad, Gueddafi, pour l'instant). Dés qu'ils ont senti leur pouvoir menacé, tous ont fait usage de tirs à balles réelles sur leur peuple, scellant ainsi la rupture en confirmant leur peu d'ouverture au dialogue. Où sont passés les promesses d'une vie meilleure vous qui vous êtes parés de titre d'opérette, qui en " guide d'une révolution "' qui en " zaim " et qui en " Rais " de la nation; consacrant un dédoublement schizophrène de votre personnalité. Coup de tonnerre ! Voilà qu'en moins de dix jours, bravant la répression, les peuples se soulèvent. Les dirigeants arabes tombent… des nues, en découvrant que leur peuple levant, toute ambiguïté, revendique et manifeste, en un mot, s'exprime en termes clairs. Il leur a conseillé de " dégager " !

Mais ce conseil est aussi valable pour tous ceux qui ont tenté de récupérer ces mouvements En effet, on a vu un philosophe Bernard Henri Levy qui prétend être à la fois chef d'état major, Clausevitz, au petit pied, pour " offrir " la démocratie dans les soutes des porte avions et des navires de guerre. Où est le temps où des philosophes tels JP Sartre, Francis Jeanson, Bertrand Russel, voulaient juger le colonialisme pour crimes contre l'humanité.

Autres temps autres mœurs…La démocratie ainsi importée par les armes n'est que le voile, ou le hidjab, qui plus est transparent, enveloppant la domination économique sur les richesses de la Libye.

Voila en quelques mots comment on peut interpréter " le silence " de l'Algérie partagée devant l'intervention de l'O.T.A.N, les morts et les blessés en un combat douteux, et le sort d'El Gueddafi qui croyait que le "tigre impérialiste était en papier", alors que ses dents sont faites de bombes et de missiles et d'une panoplie de tanks lui qui croyait qu'une visite d'état était à même de lui assurer la pérennité de son système vieux de 40 ans.

La sagesse est celle qui sait distinguer le destin d'une nation de ceux qui prétendent l'incarner. Assez ! de prétendants au titre de père de la patrie qui se transforment en propriétaire de la nation. " La propriété n'est-elle pas fondée sur le vol " ? Pour un philosophe (encore un) Proud'hon, la réponse à cette question était affirmative ! Nous considérons, pour notre part, que la propriété privée est au centre de la science économique et des politiques économiques qu'elle inspire et dont la caractéristique essentielle est dans le rapport général de la production à la distribution à l'échange et à la consommation

 

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ALGERIE ENTRE CAPITALISME ET SOCIALISME (ll)

  • Nourrir la conscience de classe par Nasser Mansouri-Guilani, économiste Compte rendu d'un colloque sur les classes sociales en france in L'humanité " du 17/04/2015
  • La réponse se trouve dans les propos d’un financier américain : il y a une lutte des classes dans le monde et, pour l’instant, c’est ma classe qui l’emporte ! Cette formulation exprime une identité de classe à travers la lutte des classes. Sans cette identité, le mot devient pervers, par exemple lorsqu’on parle de la classe politique qui gouverne le pays de façon indifférenciée. Une telle formule favorise le simplisme et l’extrême droite.

Le concept de classe est un repère pour la compréhension de la société et la transformation sociale. Dans un système capitaliste, les rapports sociaux sont définis selon les intérêts conflictuels de deux entités bien distinctes : le capital et le travail. Il s’agit de l’exploitation du travail par le capital. L’identité de chaque classe est déterminée selon sa place dans les rapports d’exploitation et de domination ; elle s’exprime par un ensemble de positionnements politiques, idéologiques, voire culturels. Le concept de classe exprime une réalité mouvante car le système évolue en permanence, ce qui rend plus difficiles la compréhension et l’explication de l’exploitation et des rapports conflictuels entre les individus ou les groupes d’individus qui représentent le travail et le capital. Jadis, le patron représentait le capital et l’ouvrier le travail. À présent, le monde du travail englobe un ensemble plus vaste : un salariat plus qualifié mais précarisé et une armée de réserve de privés d’emploi. Le patron, à qui on a affaire quotidiennement, est souvent salarié, représentant et agissant pour le compte des propriétaires ou actionnaires. Les actionnaires sont souvent anonymes et transnationaux. Parfois, ce sont des fonds de pension ou autres fonds qui agissent pour le compte des salariés. Enfin, le salarié peut être aussi actionnaire et porter en son sein la contradiction entre le travail et le capital.

Malgré ces complexités, la réalité demeure : dans le système capitaliste, les intérêts du capital et du travail sont conflictuels. Si, en tant que salariés, les gens veulent avoir de meilleures conditions, plus de salaire, plus de formation…, ces revendications entrent en conflit avec la logique de rentabilité qui motive la production capitaliste. Dans le contexte de la mondialisation et du développement des marchés financiers, partout dans le monde la part des travailleurs dans les richesses qu’ils produisent diminue. Plus que jamais, nous assistons à une communauté d’intérêts des travailleurs.

Contrairement aux apparences, les travailleurs français résidant dans les régions sinistrées ont plus d’intérêts communs avec les travailleurs des autres pays qu’avec leurs compatriotes français propriétaires des sites fermés ou des entreprises délocalisées. Comprendre et expliquer cette réalité est difficile mais indispensable pour la transformation sociale. On retrouve là la question de la construction d’une conscience de classe pour connaître ses intérêts et devenir acteur de la transformation sociale. De ce point de vue, les détenteurs de capitaux et leurs protecteurs sont en avance. Un ensemble de facteurs contribue à l’affaiblissement de la conscience de classe des travailleurs : pratiques patronales et pression idéologique des libéraux et des médias ; abandon de l’idée de progrès social par une partie de la gauche ; peur d’assumer l’identité de classe des travailleurs par crainte d’être taxé d’archaïsme…

Profitant des dégâts du libéralisme, le FN mobilise le vote populaire au service des intérêts du capital. Assumer, haut et fort, l’identité de classe des travailleurs – au lieu d’employer des formules vagues comme les classes moyennes – est, pour les progressistes, le meilleur moyen de lutter contre la montée du FN.

UN OBJET SOCIOLOGIQUE RETROUVÉ

« La fin des classes sociales semblerait une évidence pour de nombreux auteurs contemporains, au point que cette question a disparu de la production des sciences sociales (…). Objectivement visibles mais subjectivement désarticulées, les classes sociales sont porteuses d’un avenir plus ouvert qu’on ne le conçoit généralement. » Louis Chauvel (OFCE).

***

Il ressort, de ce que nous venons d'examiner, qu'il nous faut prendre la mesure d'une part du contexte international, dans ses caractéristiques politiques, économiques et sociales, qui constitue une donnée de base conditionnant les évolutions des pays concernés notamment en expliquant les tenants et aboutissants de la pensée unique, en démystifiant certaines de ses idées reçues et d'autre part de déterminer les principales tendances qui se dégagent. Ne pas s'en tenir aux apparences mais s'efforcer de représenter ce qui est derrière les choses

Je me dois d'informer le lecteur que ce travail est le fruit de réflexions sur prés d'une vie militante dans le mouvement étudiant d'Algérie, puis dans le secteur d'Etat et dans la haute administration algérienne et, en tant que consultant auprès d'institutions internationales et enfin comme ancien membre du CONSEIL NATIONAL ECONOMIQUE ET SOCIAL D'ALGERIE. Cet engagement m'a conduit à considérer la répartition des revenus comme le seul et vrai problème de l'économie et qui lui donne sa véritable finalité, celle d'être au service de l'Homme, de tous les hommes et de tout l'Homme. Tout au long de cet essai nous tenterons de répondre aux questions qui gravitent autour de la crise et de son impact sur les solutions mises en œuvre. Nous tirerons le fil quotidien de nos réflexions qui nous entraine bien loin des idées reçues et de la " pensée unique ". Sinon à quoi servirait un système économique qui ne peut nourrir les hommes de les loger de les soigner de les éduquer de leur permettre l'emploi de leur capacité et de les développer par la culture ?

PARTIE I

LE CONTEXTE ECONOMIQUE ET LA CRISE APPELLENT UNE NOUVELLE APPROCHE A LA FOIS ECONOMIQUE, SOCIALE ET POLITIQUE.

«L'intention et l'objet du système actuel est l'accumulation d'argent, sans égard pour l'efficacité ni le bien-être de la société. Gaspillage des ressources, destruction de la planète, création de chômage et de consommateurs malheureux» Déclaration des Indignés lors de l'occupation de la Puerta del sol à Madrid

Tout exercice de prévision doit éviter ce que l'on peut appeler " la prospective à reculons " qui ne fait que prévoir… le passé !

- Il faut, pour cela, éviter de privilégier dans l'année étudiée la cause des faits qui se sont produits plus tard, faussant ainsi l'appréciation de la situation économique et sociale que les acteurs sociaux avaient au moment où ils l'ont vécu. Le danger d'une telle approche est grand et conduit très souvent à des visions prospectives artificielles et injustes des faits.

- Le second écueil est celui qui consiste à faire une photographie froide de la réalité telle qu'elle était au cours de l'année étudiée et se contente alors d'une énumération d'indicateurs statistiques sans commentaires.

- Le troisième est celui qui recherche, dans les faits économiques et sociaux, la confirmation ou la réfutation de certaines visions idéologiques.

Une approche objective s'appuie sur l'analyse de l'évolution de l'économie dans ses structures et dans le système qu'elle a adopté. Car, le défi à relever aujourd'hui, est celui de la complexité de notre économie. Il n'est d'ensemble économique et social que multidimensionnel. Le droit et les institutions, la technologie et la démographie, le type et la structure des entreprises, la distribution des revenus et patrimoines, l'Etat et le mode d'organisation du pouvoir politique, la culture et l'éducation, sont autant de questions sous jacentes à un développement humain et jouent toutes un rôle dans le fonctionnement et dans l'évolution d'une économie.

La complexité ne signifie ni l'inintelligibilité ni la recherche d'une cause unique. L'on admet que l'économie, consiste à discerner les éléments d'une situation ainsi que les rapports qui les relient.

Toute économie ne peut être isolée de son environnement et du milieu de propagation de ses actions. Répondre au " défi de la complexité ", en forgeant des outils adéquats de compréhension et d'intelligibilité est à l'opposé de toute fatalité de situation.

Aucun ordre humain n'est ni " nécessaire " ni fatale. Il est le résultat temporaire d'un rapport de force au sein d'une société Il résulte des institutions, des règles, des comportements, d'acteurs sociaux actifs, d'une structure aménagée par eux et à leur profit. Aussi, aucun fait économique (grandeur, variable ou rapport) n'est indépendant de son milieu.

«Il n'est, donc, pas interdit de comprendre même s'il est difficile de prédire».

Au siècle de l'informatique et des avancées de la science des systèmes cybernétiques, la science économique jusqu'ici prométhéenne, semble régresser et bégaye lorsqu'elle se présente comme une loi de la physique universelle. Les faits économiques et sociaux observés par l'économiste sont construits par lui et sont susceptibles de saisies et d'explications diverses. L'idée d 'une " vérité " sans faille en économie est " un sous produit absurde d'un positivisme dépassé " [i].

La modernisation de notre économie est l'enjeu de l'avenir . Elle doit trouver un enrichissement dans l'analyse qui écarte tout " formatage " de notre société, dans une vision ou seraient diluées, tant l'unité et l'intégrité du peuple que son espace historique.

En effet, la modernisation n'est pas seulement une conséquence de la rationalisation des techniques de production et de l'organisation du travail et de sa transformation, mais encore, un processus qui transforme l'ensemble de la structure sociale. Finalement, au cours d'un tel processus, les sources de certitude de la société et de sa vie sont elles-mêmes transformées. Il n'y a plus de repères apparemment stables ; c'est l'anomie sociale encouragée par des attitudes de comportements de doute négatif et de scepticisme. Si le passage à la société industrielle a provoqué de véritables chocs au XIXème siècle en Europe, les risques de la modernisation sont encore plus dangereux car non maîtrisés sur le plan national. L'accumulation capitalistique est liée dialectiquement aux risques sociaux collectifs. En effet on constate dans ces phases d'accumulation capitalistique que celle-ci peut être la cause de risques sociaux et la conséquence de ces mêmes risques.

Au vrai, " la mise à niveau "de nos entreprises implique-t-elle celle de la société. Mais si la première est technique et financière, la seconde est souvent invisible ou conçue comme indépendante ou imprédictible. Elle implique, de plus en plus, des risques graves pour l'humanité et, ceux-ci, ne sont pas techniques, uniquement, mais systématiques et systémiques.

Ces risques conduisent à poser le problème de notre modernisation industrielle dans le cadre de l'IDE et du choix des investissements privés et publics. Ces dangers sont produits par le développement de la société industrielle. Ils sont nouveaux puisqu'ils sont sociaux, ont des effets sur toutes les couches sociales. La société post industrielle capitalistique exploite les dangers de tous ordres qu'elle déclenche, elle transforme le champ du dialogue social dans chaque pays et entre les nations, car il ne s'agit pas des seuls effets de l'action sur la nature mais des effets sociaux économiques et politiques de ces effets secondaires eux-mêmes.

Les conflits sociaux de répartition des richesses sont, progressivement, accompagnés par les effets induits des risques et dangers de la société post industrielle capitalistique. La mondialisation des capitaux crée de nouveaux risques dans la mesure où ils ne sont plus personnels et liés au courage et au goût du risque de la bourgeoisie, mais ils ont pour conséquence la destruction de la vie et des civilisations.

Relèvent, ainsi, des nouveaux risques de la société d'abondance : la faim de populations représentant plus de la moitié des habitants de la Terre, la suralimentation d'une minorité d'humains, l'endettement ; le dumping social et fiscal, le travail informel, le chômage ; les inégalités de tous ordres, l'individualisme, la vie affective, les structures de pouvoirs et d'influence, le politique et les formes de domination et de participation etc.

Le développement n'est ni la croissance ni le progrès auxquels le néo-libéralisme tend et voit dans l'accroissement quantitatif de la demande, l'innovation et l'investissement le moteur du développement. Livré à lui-même un tel développement est rarement sinon jamais harmonieux. Dans ces conditions, comment maintenir les équilibres et comment gérer les " cycles " ?

En second lieu, l'analyse fonctionnelle se poursuit au niveau du partage des fruits de la croissance. La répartition ne peut être examinée indépendamment de la production. Et des modes de répartition du produit réel disponible entre profits et salaires. Le dialogue social, les rapports entre les classes sociales sont, entre autres, les manifestations de ces deux éléments fondamentaux. La polarisation des formes des revenus qui en résulte et la disparition ou l'appauvrissement des classes moyennes.

Un troisième groupe central de préoccupations est celui lié aux besoins fondamentaux tels qu'ils se présentent dans l'économie actuelle d'un pays. L'idéal libéral d'accroître indéfiniment les revenus individuels et les patrimoines, est-il à même d'assurer le développement économique. La règle d'objectivité conduit à reconnaître que l'épanouissement humain dans ses dimensions matérielles culturelles et spirituelles, est déterminant dans le développement de la société. C'est d'ailleurs la structure même de notre société qui nous y contraint.

A moins de changements profonds dans le monde, il n'est pas de jour sans qu'un pays ne fasse l'objet d'études sur son développement et sur les indicateurs humains et ne soit " classé " selon " les risques pays ", sa " bonne gouvernance " etc.

Face aux problèmes de survie des nations, l'Algérie a pu maintenir l'essentiel de son socle social nonobstant l'emprise du néo-libéralisme, en s'accordant un droit prudent d'inventaire.

Le rythme des réformes est lent, au goût de certains qui, à l'occasion de scandales financiers (affaire Khalifa notamment ou malversations autour de grands projets d'infrastructures) qu'une presse privée dénonce, aspirent à plus de détermination dans la lutte contre les fléaux sociaux, tels ceux imputables à une minorité sociale prédatrice vivant de la corruption.

A suivre...

Note :

(1) Cette opposition entre la vision à long terme de "l'élite" éclairée et les pulsions à courte vue du peuple ou de ses représentants est typique de la pensée réactionnaire de tous les temps et de tous les pays ; mais elle prend aujourd'hui une forme nouvelle, avec la noblesse d'Etat, qui puise la conviction de sa légitimité dans le titre scolaire et dans l'autorité de la science, économique notamment : pour ces nouveaux gouvernants de droit divin, non seulement la raison et la modernité, mais aussi le mouvement, le changement, sont du côté des gouvernants, ministres, patrons ou "experts"; la déraison et l'archaïsme, l'inertie et le conservatisme du côté du peuple, des syndicats, des intellectuels critiques. Pierre Bourdieu Léonard Roche 19/10/2007 10:10 [attac_campus_paris] Bourdieu 1995

(2) "on a régressé en allant de régression en régression, concernant l'accès aux soins, aux médicaments, au travail,. On peut quantifier ces régressions en termes de morts par exemple. Mais celle de l'intelligence passent inaperçues, parce qu'on ne peut les quantifier. Aujourd'hui, personne ne parle de l'après Bouteflika. Dans les années soixante, il n'y avait pas d'utopie, on voulait une Algérie normale et on était dans l'action réaliste. Aujourd'hui les analyses ne tiennent pas…on a crû que le régime était celui du parti unique. Mais ce n'est pas exact, il ne s'agit même pas de dictature, mais plutôt d'un pouvoir personnel érigé en programme de gouvernement. " Cherif Belkacem in l'UGEMA Clément Moore Henry pages 222.234

(3) Idée développée au XIXéme siècle Par Stuart Mill sous le concept " d'Etat stationnaire " Reprise par Fukuyama sous la forme que l'on sait

(4) Dans le même ordre de fantasme l'on classera la littérature de l'affrontement entre les culture dont le seul but était de créer un ennemi de l'occident après le péril rouge supposé vaincu. Au lieu de préconiser le dialogue des civilisations Huttington est le porte parole du conflit

(5) R Aron au nom de la société industrielle et son caractère semblable concluait à la coexistence entre les systèmes

(6) Manifeste du parti communiste

(7) D'où la compétition entre les partis politiques qui développent les thèmes et les idées de l'extrême droite, sous le fallacieux prétexte que celle-ci poserait de bonnes questions mais leur apportait de mauvaises solutions .

(8). Au feu du combat, toutes les barrières intérieures doivent fondre, l'impuissante bourgeoisie d'affairistes et de compradores, le prolétariat urbain, toujours privilégié, le lumpenproletariat des bidonvilles, tous doivent s'aligner sur les positions des masses rurales, véritable réservoir de l'armée nationale et révolutionnaire ; dans ces contrées dont le colonialisme a délibérément stoppé le développement, la paysannerie, quand elle se révolte, apparaît très vite comme la classe radicale : elle connaît l'oppression nue, elle en souffre beaucoup plus que les travailleurs des villes et, pour l'empêcher de mourir de faim, il ne faut rien de moins qu'un éclatement de toutes les structures. Qu'elle triomphe, la Révolution nationale sera socialiste ; qu'on arrête son élan, que la bourgeoisie colonisée prenne le pouvoir, le nouvel État, en dépit d'une souveraineté formelle, reste aux mains des impérialistes. C'est ce qu'illustre assez bien l'exemple du Katanga. Ainsi l'unité du tiers monde n'est pas faite : c'est une entreprise en cours qui passe par l'union, en chaque pays, après comme avant l'indépendance, de tous les colonisés sous le commandement de la classe paysanne. Voilà ce que Fanon explique à ses frères d'Afrique, d'Asie, d'Amérique latine : nous réaliserons tous ensemble et partout le socialisme révolutionnaire ou nous serons battus un à un par nos anciens tyrans. Il ne dissimule rien ; ni les faiblesses, ni les discordes, ni les mystifications. Ici le mouvement prend un mauvais départ ; là, après de foudroyants succès, il est en perte de vitesse ; ailleurs il s'est arrêté : si l'on veut qu'il reprenne, il faut que les paysans jettent leur bourgeoisie à la mer. Le lecteur est sévèrement mis en garde contre les aliénations les plus dangereuses : le leader, le culte de la personne, la culture occidentale et, tout aussi bien, le retour du lointain passé de la culture africaine : la vraie culture c'est la Révolution ; cela veut dire qu'elle se forge à chaud. Fanon parle à voix haute ; nous, les Européens, nous pouvons l'entendre : la preuve en est que vous tenez ce livre entre vos mains ; ne craint-il pas que les puissances coloniales tirent profit de sa sincérité ? JP SARTRE ibidem

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