Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog

« Immigration clandestine » juridiquement mais pas économiquement: Officiellement, il n'y a pas d'accords en matière d'émigration. Pour résumer, le probléme de l'immigration est celui de leur intégration au pays d'accueil. Les immigrés sont des personnes qui se trouvent dans un statut juridique bien précis. Carte de séjour, un travail, et des impôts ainsi que des cotisations sociales. Il ya en outre leurs familles qui se trouvent à leur côté légalement(regroupement familial) enfin il y a les travailleurs âgés à la retraite.

En Europe, des efforts ont été déployés pour lier les flux migratoires au développement du pays d’origine sous forme d’appui au retour. Et enfin les problèmes posés par l’intégration des immigrés de la deuxième génération ont donné lieu à des politiques plus actives.

En un mot, la tendance lourde est que les travailleurs immigrés et leurs familles se sont vus reconnaître, après plus de 100 ans, la quasi plénitude de leurs droits sociaux. Mais la flexibilité et la précarité de l’emploi sont encore plus fortes pour eux..pendant ce temps leurs impots et leurs cotisations étaient encaissés et ne donnaient pas lieu à une contrepartie en prestations par suite de manque de connaissance de leurs droits sociaux.

Question

Que suggère le constat sur les flux migratoires vers les pays développés au cours du XXéme siècle ? Clandestins juridiquement, ces hommes et de plus en plus ces femmes, le sont-ils économiquement ? le traitement humain se trouve confronté aux exigences économiques D'où le cri d'alarme des autorités religieuses.

Les flux migratoires sont à la base de la Société humaine. Elle prend néanmoins dans les pays en développement une dimension particulière car, contrairement à celles qui ont eu lieu au sein des pays développés ces migrations sont amplifiées par des facteurs extérieurs incontrôlables aux Etats eux-mêmes.

Ainsi, au phénomène d’urbanisation accéléré se sont ajoutées celles des migrations internationales imposées par la mondialisation dans ses deux formes historiques, la colonisation et la globalisation des échanges. L’économie mondiale dominée par les sociétés avancées et post industrielles et les bouleversements dans les formes capitalistiques d’accumulation, de concentration et de centralisation sont autant de facteurs aggravants et créant une situation apparemment non désirée. Dans les pays en développement l’urbanisation, donc les mouvements internes, touche prés 70% de la population.

C’est dire que les migrations transnationales ne relèvent pas uniquement de mesures de contrôle de la circulation des personnes et donc d’accords juridiques. Elles appellent une vision globale intégrant particulièrement un passé historique toujours présent et un mode de développement de la mondialisation des échanges et des transformations des marchés du travail dans les économies dominantes.

Autant de facteurs extérieurs forts qui font naître, déterminent et entretiennent les flux migratoires. Ce qui fait problème c’est qu’à l’instar des échanges commerciaux sur les marchés des produits et des capitaux, le marché du travail international fait l’objet de spéculation sur la variation tant des flux que de la valeur de la force de travail.

En premier lieu, l’impératif de régulation des flux migratoires est avant tout la reconnaissance d’un fait économique structurel, considéré pendant longtemps comme conjoncturel et transitoire. C’est ce qui permet une exploitation de la main d’œuvre immigrée sur le plan salarial et social discriminatoire. A la base des flux il y a la recherche d’une main d’œuvre bon marché et susceptible de pallier le déficit en ouvrier des pays industrialisés confrontés à un exode rural insuffisant. La colonisation a permis d’y pourvoir amplement.

Les relations d’interdépendance et de domination et d’écart de développement entre les économies en sont donc la cause principale. Les flux migratoires ont existé de tout temps et se sont accrus et accélérés plus particulièrement avec le développement des sociétés industrielles capitalistiques.

Ils se sont dilatés et modifiés avec la colonisation puis avec la reconstruction d’après guerre et ils suivent enfin les mutations du marché du travail conséquentes à la révolution scientifique et technique engagée depuis 1970.

En second lieu, et si ces faits étant admis, le contrôle des flux par des Etats souverains doit par conséquent être mené en termes de coûts/avantages réciproques et non pas uniquement en termes de police des frontières ou d’intégration ou d’aide au retour. Les flux migratoires relèvent de l’analyse économique et sociale, tant il est vrai qu’ils constituent un facteur de production dont la reproduction simple et élargie est menacée autant par les conditions de son exploitation que par le sous développement des pays d’origine.

La recherche de main d’œuvre à bon marché est une constante de l’accumulation et une de ses conditions nécessaires. Les sociétés post industrielles n’ont pas supprimé les flux migratoires et la population immigrée pour la majorité des pays de l’OCDE est stable ou en légère croissance. Ces économies semblent fonctionner avec un volant incompressible de main d’œuvre étrangère à l’intérieur de leurs frontières et à l’extérieur par délocalisation. La cause essentielle étant le différentiel de salaire que permettent les flux de main d’œuvre étrangère et le maintien d’un volume d’emploi ouvrier.

En troisième lieu, ce qui parait changer tient à la composition de ces flux migratoires et non à leur volume.

Ils se sont déplacés géographiquement et qualitativement pour une partie. Les immigrations anciennes et celles de la deuxième génération sont en voie d’intégration. L’importance des migrations clandestines montre la persistance de la demande de main d’œuvre banale à des conditions d’exploitation illégales mais avantageuses pour les employeurs. Le fait nouveau est le caractère clandestin.

Si l’on se réfère aux pays de l’OCDE on constate que l’appel à la main d’œuvre étrangère est une constante et que chaque pays a son bassin de main d’œuvre composé de trois groupes principaux. Le premier représenté par les migrations internes à l’OCDE ; le second est celui de migrations dites traditionnelles liées à la colonisation, le troisième comprend deux groupes distincts celui des pays de l’ex bloc socialiste et le second, celui des pays asiatiques.

Les politiques migratoires adoptées par tous les pays de l’OCDE depuis 1974 expriment les transformations structurelles de ces économies, la dérégulation et le libre échange des capitaux et des biens, la flexibilité et la dérégulation du marché du travail mais une régulation des flux de migrations transnationales. Ce dernier volet est centré principalement sur trois grands types d’actions.

Le contrôle des flux, y compris celui des demandeurs d’asile ; l’intégration et enfin, la coopération bilatérale et régionale pour le contrôle des flux.

Ces mesures ont un double aspect, elles sont à la fois conjoncturelles et structurelles. En effet, si elles sont imposées par la situation des marchés nationaux de l’emploi dans chacun des pays de l’OCDE, elles prennent en compte des tendances lourdes liées aux besoins d’économies de libre échange, hyper capitalistiques contrôlant à l’échelle mondiale les facteurs de production.

Dans ces conditions, à la main d’œuvre étrangère occupant des postes de travail faiblement qualifiés, s’ajoute l’immigration de personnes hautement qualifiées,titulaires de diplômes dont l’entrée est encouragée par des dispositions législatives prises dans ce sens et sans exception dans tous les pays développés. L’offre de travail peu qualifiée existant toujours, les nouveaux demandeurs d’emplois sont réduits au « statut » de clandestins.

L’équilibre entre les offres et la demande devenant un marché juteux pour les passeurs et créant un véritable commerce de personnes humaines.

L’immigration clandestine pose un double problème celui de ses causes, celui de ses conséquences. Si les causes de départ du pays d’origine sont connues et sont exclusivement mises en avant, celles qui tiennent au pays d’accueil le sont rarement. Juridiquement ces mouvements sont clandestins et comme tels doivent être contrôlés et combattus. Il demeure que l’offre qui les fait naître est économique est bien réelle et qu’elle trouve dans le caractère clandestin une source d’exploitation que ne lui permet plus l’immigration régulière ou intégrée. Les mouvements de solidarité qui se sont manifestés avec les sans papiers dans divers pays d’Europe ont mis en évidence cette ambiguïté de la « clandestinité » juridique.

Les économies développées procèdent régulièrement à des régularisations de main d’œuvre clandestine ; au cours de ces vingt dernières années l’Italie, la France, l’Espagne, le Portugal et les Etats Unis, selon l’OCDE, ont procédé à la régularisation du statut de 3.572.900 personnes, dont 2.684.900 seulement pour les USA. Les conditions minimales de régularisation sont liées à une durée minimale de travail sur le territoire, justifiant, a posteriori, l’utilisation clandestine de la main d’œuvre, en dehors des règles du marché.

Les contrôles des flux ont certes, heureusement, ralenti ce type d’immigration, mais sa persistance appelle les mêmes remarques que celles qui étaient faites quant à la situation sociale et économique et aux conditions de vie de l’émigration régulière avant l’adoption des politiques d’intégration.

La main d’œuvre émigrée est globalement en marge de ces sociétés, mais elle connaît à présent une fracture qui crée un volant de réserve pesant sur l’emploi et les salaires des immigrés réguliers.

Partager cet article

Repost 0
Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :